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Halte à la FRAUDE !

mardi, décembre 6th, 2011

Une fois n’est pas coutume… je vais ajouter ma petite pierre à la Grande Lutte Nationale contre la Fraude… et les fraudeurs !

Ne vous sentez pas visé parce que vous avez insisté auprès de votre médecin pour qu’il vous donne 5 jours d’arrêt-maladie au lieu de 4, qu’il vous est arrivé de prendre un train ou un métro sans ticket, ou que vous avez fait des heures de ménage « au noir »… Des fraudes, je pense que tout adulte en a commis, consciemment ou non, parfois même sans jamais le savoir… Quand on en commet consciemment, on sait généralement que « c’est pas bien »… encore qu’on puisse parfois y trouver des justifications plus ou moins valables…

Le Nouvel Obs du 1/12/2011 a fait un joli dossier sur ce sujet… Pas vraiment sur les petites fraudes que je viens d’évoquer. Non. Plutôt sur les grosses…

Les chiffres donnés sont évidemment des estimations…

– Fraude aux prestations sociales (Assedic, RMI, allocations familiales, Sécurité sociale… : 2 à 3 milliards d’euros.

Pour la Sécu, la direction de lutte contre la fraude a détecté pour 156 millions d’euros en 2010 : 71 de la part des hôpitaux et cliniques (plus souvent « fautes que fraudes », précise l’article ; 34 de la part des professionnels de santé (médecins, infirmiers, ambulanciers, pharmaciens…) ; le reste (je suppose ?) de la part des assurés…
Comme pour l’assurance-chômage, il y a des « tricheurs »… et de vrais escrocs ! Tel ce monsieur (et ses 44 associés !) qui vendait des « kits Assedic » avec fiches, bulletins de salaire et autres émanant de quelques-unes des 164 sociétés fictives qu’il avait créées… Tel le « réseau yougoslave » accusé d’escroquerie aux arrêts maladie entre 2000 et 2005 pour 2 millions d’euros… 2 médecins parmi la centaine de prévenus…

– Fraude aux cotisations sociales : 8,4 à 14,6 milliards d’euros.

Dont une bonne partie de travail au noir…

– Fraude fiscale : 20,5 à 25,6 milliards d’euros.

– Dont le tiers ou la moitié (selon les estimations) sont des fraudes à la TVA… Par exemple : « on crée une « société taxi », qui émet de fausses factures montrant qu’elle a acheté, par exemple, 1 million d’euros de produits (taxes comprises) en France et qui les revend (hors taxes) en Belgique. L’entreprise réclame alors à l’État français 196 000 euros de TVA… somme qu’elle n’a jamais payée ! ».
Gilles Duteil (Directeur du Groupe européen de Recherche sur la Délinquance financière et la Criminalité organisée à Aix-Marseille Université) précise qu’en Belgique, où l’on a pris le problème à bras-le-corps, le préjudice de la fraude à la TVA a baissé de 93%…
Il précise également que ce type de délit « pour un gain identique, (…) nécessite moins de moyens et présente un risque pénal trois fois moindre que pour un trafic de drogue par exemple »…
– Dont 4,6 milliards d’impôts sur les sociétés.
– Dont 4,3 milliards d’impôts sur le revenu.
– Dont 1,9 milliard d’impôts locaux.

– Avoirs français en Suisse non déclarés : 80,4 milliards d’euros…

Alors oui, vraiment, il faut arrêter les fraudes (et les fraudeurs !) ! Et commencer peut-être, puisque le budget est en déficit, par là où il y a le plus d’argent à récupérer… Ce n’est pas logique, ce que je dis là ???

En guise de conclusion… je me permets de recopier celle de François Reynaert dans son billet intitulé « Sarkose toujours » :

« On le répète tout le temps : ce sont les marchés qui font la loi, les politiques ne peuvent plus rien. Alors pourquoi ne pas garder le même ? De toutes façons, trois mois après l’élection, on en sera au même point. C’est là où il faut dès aujourd’hui frapper un gros coup en martelant cet argument simple : trois mois après l’élection, peut-être, mais le soir même ? Évidemment ! C’est là où l’opposition doit asséner l’argument qui peut faire la différence. Avec elle, on ne réglera pas tout, mais on est sûr d’une chose : au moins on n’aura pas à se taper une deuxième fête de la Concorde, et on échappera à Christian Clavier, Johny Hallyday, Didier Barbelivien et Mireille Mathieu en transe. Vu l’état de nos nerfs en ce moment, avouez-le, c’est déjà énorme. »

Sus aux Vandales !

samedi, août 20th, 2011

De retour de mes petites vacances lorraines, j’apprends – via le Nouvel Obs – que Jack Lang vient de sortir un livre : Pourquoi ce vandalisme d’État contre l’École ? Lettre au président de la République.

Je n’ai aucun souvenir de Jack Lang du temps où il était « notre » ministre… ce qui serait plutôt bon signe, vu que j’ai de mauvais souvenirs du passage de Ségolène et du chasseur de mammouths…

Ce qui m’amuse un peu, c’est que j’ai vu avant-hier dans une station d’autoroute Qui a eu cette idée folle un jour de casser l’école ? de Fanny Capel. Sorti en 2004, lui. Je ne l’ai pas lu, et ne lirai sans doute pas davantage le livre de Jack Lang, me contentant des « morceaux choisis » par le Nouvel Obs…

Celui-ci, par exemple, qui m’a fait sourire :

[Vos ministres] ont commencé par dire qu’on avait plus de professeurs que cinq ans auparavant, puis dix ans, puis vingt ans, et qu’il ne fallait pas venir se plaindre. Cet argument a un grand avenir derrière lui, si j’ose dire, car il est fort probable que le nombre actuel d’enseignants reste pour longtemps nettement supérieur à celui du paléolithique.

Quelques chevaux de bataille cités dans l’article : les suppressions de postes (- 160 000 depuis 2002, soit environ 15% de l’ensemble des personnels), la « réforme de la formation » (rappel des « formations privées » qui fleurissent et ont un certain succès auprès des élèves-maîtres), la réforme des programmes en primaire bâclée par Darcos, le livret de compétences :

On réduit ainsi la scolarité à un sinistre petit tas de compétences parcellisées à l’extrême, qui vont de « formuler un propos simple » à « comprendre quelques questions liées au développement durable et agir en conséquence », en passant par des centaines d’autres exigences éclatées et désordonnées où nul ne peut plus reconnaître les fondements du savoir et de la culture. Dire bonjour à la dame et trier ses poubelles, est-ce votre seule ambition pour la jeunesse ?

Sans oublier le nombre croissant d’élèves par classe (« Comment les professeurs de l’école maternelle, dont l’apport est décisif, tout particulièrement pour les enfants des familles défavorisées, peuvent-ils enseigner la langue orale dans une classe de trente ? Combien de minutes reste-t-il à un élève, dans de telles conditions, pour s’exprimer ? »), la suppression de la carte scolaire, qui revient à ghettoïser les enfants de milieux moins favorisés…

Bref, vous croyez au mérite naturel ou hérité, mais vous ne croyez pas aux vertus de l’école.

Ou, en tous cas, pas à celles de l’école publique…

Fête des travailleurs…

dimanche, mai 1st, 2011

Un petit brin de bonheur

« Travailler plus pour gagner plus », disait un jour quelqu’un (ou plusieurs jours, je ne sais plus…).

A tout seigneur, tout honneur : le hit-parade de ceux qui gagnent (donc travaillent…) le plus est composé des patrons du CAC 40 : 2,46 millions d’euros de salaire en moyenne en 2010… 24 % de plus qu’en 2009… Faut bien suivre l’évolution du coût de la vie, pas vrai ? Et sans doute ont-ils encore beaucoup plus travaillé qu’en 2009… Avis aux smicards, qui vont peut-être bénéficier d’une augmentation royale de 2 %…

Et comme il faut bien récompenser les honnêtes travailleurs, leurs employeurs leur versent ensuite un complément de retraite… qui n’a pas grand chose à voir avec nos « retraites complémentaires »… vu que ce complément peut atteindre jusqu’à 50 % de leur dernier salaire… Il faut dire que la « retraite conventionnelle » est maigre : plafonnée à 135 000 €, vous avouerez que c’est peu ! Le gagnant de ces retraités empoche ainsi 3,4 millions d’euros par an… Bon, en voilà quelques-uns qui ne finiront pas à l’hospice…

D’autres qui travaillent beaucoup aussi, ce sont les grands groupes, qu’on récompense en leur faisant payer moins d’impôts sur les sociétés (voire pas du tout…) que les petites et moyennes entreprises. Ces dernières, dont les bénéfices perçus en France représentent 17 % du total, contribuent à 21 % à l’impôt sur les sociétés ; les groupes du CAC 40 (encore eux !) enregistrent plus de 30 % des bénéfices perçus en France… mais leur contribution à l’impôt n’est que de 13 %… Non, non, ne cherchez pas l’erreur : c’est qu’ils travaillent plus, c’est tout !

Vous savez ce qu’il vous reste à faire…

(Source : articles du Nouvel Obs, 28/4 au 4/5/2011)

De l’école…

mercredi, mars 30th, 2011

Encore l’école ! Ben oui… Quelques réflexions au sujet du dossier du Nouvel Obs dont je vous avais parlé… Ce dossier est indiqué comme en collaboration avec France Info.

Une chose qui m’a bien défrisée (j’en ai encore les cheveux presque raides !), c’est le titre de couverture : « Echec scolaire : les solutions »… Pour un peu, j’aurais zappé la lecture du dossier, tant ce titre racoleur m’a énervée ! Si encore on avait écrit, plus modestement, « DES solutions » ! Mais non, « LES solutions », les seules, les vraies, la vérité vraie dans un magazine d’information, pas spécialement axé sur l’enseignement ! Heureusement (!), le dossier lui-même est titré différemment : « L’école autrement »…

Allons-y donc pour « L’école autrement »…

Le « constat » de départ est évidemment fait à partir des données de l’OCDE, entre autres des résultats de l’enquête PISA… « Notre école républicaine écrase les plus faibles », écrit le journaliste… oubliant sans doute que les « plus faibles » viennent de milieux « défavorisés », comme on dit (« pauvres », ça ferait pas bien dans le paysage de notre France républicaine…), et que ces « milieux » sont de plus en plus nombreux… et de plus en plus « défavorisés » !

Je ne sais pas si le journaliste (en fait, elles sont deux…) s’est donné la peine d’aller faire un tour dans quelques classes, mais il fait comme si :

« Le prof est sur son estrade, les élèves invités à recueillir la bonne parole et à se taire, beaucoup de travaux écrits, des notes sur 20 avec des commentaires toujours aussi stériles : « pas assez de travail », « confus », « peut mieux faire »… »

Ben… Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, cette description ne correspond que de loin à la réalité d’aujourd’hui ! Le « cours magistral » se pratique peut-être (et encore !) au lycée, mais rarement avant ! Le silence dans la classe est généralement ressenti comme un échec par le prof : si la classe ne participe pas (questions, réponses, commentaires…), c’est que le prof n’a pas réussi à intéresser les élèves, ou que le niveau de son « cours » n’est pas adapté !

OK pour les notes sur 20… encore que d’autres systèmes existent… Une tentative avait été faite, il y a peut-être 30 ou 40 ans, de noter (comme certains le faisaient déjà) en « A, B, C, D, E » : si le ministère avait pris la peine, pour valider cette réforme, de former les enseignants à ce système de notation, cela aurait peut-être marché… Mais bon, la formation, hein, c’est pas très utile… à chacun de se débrouiller… Si ça ne marche pas, de toutes façons, c’est la faute des profs !

« Beaucoup de travaux écrits » : ben oui, tiens ! On ne peut pas à la fois se plaindre que les élèves ne savent ni lire ni écrire, et en même temps, demander à ce que les travaux soient essentiellement oraux ! Surtout que, vu le nombre d’élèves dans les classes (on y revient toujours !), vouloir évaluer systématiquement un travail à dominante orale, c’est quasiment abandonner l’enseignement proprement dit ! Parlez-en aux profs de langues, qui essaient de faire parler, au maximum, les élèves ! Si, en une heure de cours, ils ont obtenu une minute d’oral de chacun, c’est bien le maximum ! Les élèves ne sont pas des magnétophones : ils hésitent, ils se trompent… Les profs ne sont pas des robots : s’ils veulent évaluer le travail, de quelque façon que ce soit, ils ont besoin d’un minimum de réflexion…

« Cette professeur d’une école primaire à Helsinki [il n’y a pas que les auteurs de polars scandinaves, qui ont le vent en poupe ! C’est le modèle à la mode, la Scandinavie !] fait remplir des cartes muettes de la Finlande à ses élèves. Et que fera-t-elle si certains n’y arrivent pas ? « Je trouverai une autre manière de leur expliquer », s’exclame-t-elle. »

Cela vous semble évident ? A moi aussi… Mais il faut croire que nous n’avons, vous et moi, aucune idée de ce qui se passe dans les écoles françaises :

« Chez nous, lorsqu’un élève ne sait pas, c’est qu’il a mal appris et non qu’on lui a mal enseigné. C’est lui le fautif. Et s’il se trompe, il est sanctionné. »

Ben voyons ! C’est bien connu, aucun enseignant français ne prend la peine de réexpliquer autrement quelque chose à un enfant qui n’a pas compris ! Hé ! On parle de la Fac, là, ou quoi ???

Et, par-dessus le marché, « ballotté par les réformes, mis en cause par les élèves, contraint, coincé, soutenu par son syndicat, [le prof] s’accroche à son statut comme à son dernier repère. Quitte à ralentir les meilleures réformes… »

(Ici, un renvoi à un autre article… qui ne traite absolument pas de réformes, mais d’expériences pédagogiques, individuelles ou collectives… pas vu le rapport avec ces vilains profs qui ralentissent les bonnes réformes !)

Bon, quand même, y a pas que les profs qui ont tout faux, mais les ministres aussi : « assouplissement » de la carte scolaire, semaine de 4 jours, impasse sur le primaire, « formation » des profs… (je cite : « Tous les jeunes professeurs réclamaient une meilleure préparation au métier – de la psychologie, de la gestion de groupe, de l’acquisition de « bonnes pratiques » -, et la réforme ne propose rien de tout cela. »… Quelle « réforme » ? Depuis quand « réforme » est-il synonyme de « suppression » ???)

Suite (peut-être…) au prochain numéro…

En lisant le journal…

samedi, mai 1st, 2010

Oui, je sais, le Nouvel Obs n’est pas un journal, mais un hebdomadaire… Mais c’est un mot un peu long pour un titre…

Dans le Nouvel Obs, il y a une page que je lis toujours avec beaucoup d’intérêt, c’est la chronique de François Reynaert : j’apprécie son humour, sa façon de traiter des sujets parfois difficiles. Quand j’ouvre le journal (!), je ne me précipite pas pour autant cette page : non, je sais qu’elle est là, quelque part dans les 30 premières pages, et je tourne les pages en lisant ce qui m’intéresse… mais avec la gourmandise secrète de qui convoite la cerise sur le gâteau… Et je lui en veux, à François Reynaert, quand il prend des vacances ! Heureusement, il a la gentillesse de nous prévenir de son absence…

Petite citation de la chronique de la semaine :

« Il y a juste un an, au moment du grand délire viral, quand on sortait d’un avion transatlantique on nous obligeait à porter un masque grotesque pour ne pas contaminer les gens. Maintenant, quand on sort du même avion, après douze jours sans douche et sans changer de vêtements, ceux qui nous accueillent regrettent de ne pas en avoir sous la main pour eux-mêmes. »

Quel « joli » raccourci !

Rien à voir, mais, au fil des pages, je relève 2 titres de livres qui intéresseront peut-être quelques-uns d’entre vous :

La désobéissance éthique, d’Elisabeth Weisman, chez Stock. L’auteur, journaliste et essayiste, y traite des agents de service public (enseignants, postiers, agents EDF-GDF, forestiers, psychiatres, et même policiers…) qui « font de la résistance » contre les Saints Principes du Chiffre, lesquels voudraient nous réduire à n’être que des vecteurs d’enrichissement pour les riches… Je résume… Elisabeth Weisman tient pour éthiques ces résistances qui « portent en elles le souci de l’autre ».
Très envie de le lire, celui-ci !

Le niveau baisse-t-il vraiment ?, de Claude Lelièvre, chez Magnard, collection « L’Avenir de nos enfants en question(s) ». L’auteur est un historien de l’éducation. Une citation me rend plus dubitative : « Pour ne pas se voir eux-mêmes remis en question quand leurs élèves échouent, ils [les professeurs] préfèrent dire que ceux-ci sont de plus en plus mauvais… ».

Autres citations :
« Les fautes d’orthographe, l’ignorance des plus simples éléments de la langue française laissent trop voir qu’un grand nombre se présente à ces épreuves du baccalauréat comme à un jeu de hasard… » (Le Clerc, doyen de la Sorbonne,… 1859 !)
« L’enseignement secondaire se primarise. Les élèves des lycées n’ont ni orthographe, ni vocabulaire exact et varié, ni analyse logique… » (Paul Laumonnier, in La Crise de la culture littéraire… 1929…).

Quand on vous dit que le niveau n’arrête pas de baisser ! Même Platon le disait, alors !

Bonnes lectures… et bon premier mai !