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« Un prof, ça fait toujours la même chose »

dimanche, juin 22nd, 2014

C’est le titre du dernier billet de l’instit’humeurs… Qui m’a rappelé quelques souvenirs…

Je l’ai entendue, cette phrase, y compris d’un mien cousin qui argumentait : « La littérature ne change pas »… Comme si, sans parler même de méthodes d’analyse, il n’y avait pas eu quelques nouveautés littéraires en quelques dizaines d’années…

Souvenir : cette prof de Français de lycée qui donnait à photocopier, chaque année, la même liste d’œuvres pour le Bac de Français (à l’époque, pas d’œuvres communes à tous les élèves), un papier si usé que les plis s’en cassaient…

Souvenir : cette prof de Français de collège, qui faisait étudier chaque année à ses 3èmes Les raisins de la colère… Je n’ai rien contre ce roman, mais je me serais beaucoup ennuyée à le reprendre tous les ans…

A mes débuts de prof certifiée, dans le Nord, il était hors de question de demander aux familles d’acheter des livres à étudier en classe. On ne pouvait donc étudier que les livres en série de la bibliothèque… En 6 ans, j’ai bien dû étudier au moins 6 fois Les contes du chat perché, et au moins 4 fois La gloire de mon père… Quelle que soit mon affection (réelle !) pour ces livres… je ne les jamais repris dans les 30 années qui ont suivi !

C’était pour moi un des grands avantages de ma discipline : pouvoir, chaque année, choisir quelles œuvres j’allais étudier avec mes élèves, selon leur niveau et leurs goûts (« testés » via le formulaire que je leur faisais remplir à la rentrée). Il y a des œuvres que j’ai fait étudier 2 ou 3 fois en 30 ans : Intermezzo, La rencontre, Le bal des voleurs, Le dernier jour d’un condamné, diverses éditions de Contes de Maupassant… Et d’autres sans doute, qui ne me reviennent pas en mémoire… Pourquoi ces répétitions ? Parce que telle œuvre me paraissait correspondre aux intérêts des élèves, ou parce que d’autres aspects m’étaient apparus en cours d’étude, et que je voulais les approfondir…

Vocabulaire et rédaction étaient évidemment liés aux thèmes et à l’œuvre du trimestre…

En dehors de ces études d’œuvres, il est sûr que je n’ai pas tout repris à zéro chaque année ! D’autant que, dès 1990, mes cours étaient sur ordinateur, et qu’il était évidemment plus facile de les modifier que lorsque je les tapais à la machine. Je me suis constitué une base de données de textes courts pour démarrer une leçon de grammaire, j’ai ajouté/remplacé des exercices au gré de mes lectures de nouveaux manuels, repris mes progressions selon d’autres logiques… Et bien sûr, telle classe demandait un approfondissement de telle notion, telle autre classe de telle autre notion…

De même, l’étude de l’argumentation en 3ème m’a demandé un très gros travail, mis « au point » au bout de plusieurs années… Et repris différemment pourtant au fil des ans, même si la base restait…

Pour l’orthographe, qui a longtemps été mon gros problème (vu que, justement, je n’avais pas souvenir d’avoir bataillé dans cette discipline…), la « lumière » est venue des stages de gestion mentale (visuels/auditifs) qui ne m’ont certes pas donné un programme ou une méthode, mais qui m’ont permis d’envisager des approches différentes. Malgré tout, à mon grand regret, je ne suis pas parvenue à très bien comprendre ce qui posait problème : telle dictée préparée qui me semblait assez facile se révélait, à la correction, criblée de fautes… L’année suivante, je reprenais ma base de dictées dans un autre ordre, l’enrichissais de nouveaux textes… Et pareillement l’année d’après…

Tout cela, sans compter les différentes réformes et/ou nouvelles approches préconisées en 40 ans d’enseignement ! Par exemple : la disparition du « complément d’attribution » (mais je ne me suis jamais résignée à appeler « complément d’objet second » le « complément d’objet indirect », dont l’appellation me semblait plus claire pour les élèves… Je mentionnais simplement le « nouveau nom » pour les élèves qui l’avaient déjà étudié…), l’introduction des figures de style, de l’étude de l’argumentation ou du récit autobiographique, etc..

« Faire toujours la même chose », dans ce métier, cela me paraît non seulement ennuyeux, mais totalement impossible pour un prof de Français…

Voilà pourquoi votre fille est muette…

dimanche, février 5th, 2012

Suite à l’excellent billet de Lucien sur le « burn out » des enseignants,
Épuisement professionnel des enseignants : enfin une étude !
permettez que je m’interroge un peu sur les raisons de cet épuisement ressenti par beaucoup trop de collègues : qu’est-ce qui fait qu’un enseignant « lambda » va en être atteint ?

Je me garderai bien ici de faire des comparaisons avec tel ou tel autre métier, telle ou telle autre fonction ; je me contenterai de décrire, aussi objectivement que possible, les caractéristiques de ce métier.

« Lambda », donc, débarque dans un établissement fin août ou début septembre. Avec un peu de chance, c’est un établissement « lambda », sans (trop de) problèmes particuliers. Il fait connaissance avec quelques collègues, reçoit quelques conseils ou suggestions, est initié à quelques particularités administratives ou autres. Il reçoit son emploi du temps, la liste de ses classes (oui, je parle plus facilement d’un enseignant en collège… j’en ai davantage l’expérience… mes lecteurs auront l’obligeance d’adapter pour les autres enseignants…).

Une fois qu’il sait à qui il va s’adresser, rentré chez lui, Lambda prépare ses « cours de rentrée » qui sont à la fois prise de contact, annonce du programme et de la démarche pédagogique. Ce n’est pas très facile, avec un public totalement virtuel, c’est aussi un peu angoissant : comment va-t-il être perçu des élèves ? Comment ceux-ci vont-ils le « tester » ? Quelle image veut-il donner ? Les premières prises de contact sont toujours angoissantes, même quand on est dans le même établissement depuis plusieurs années : l’alchimie d’une classe est toujours imprévisible, quelles que soient les précautions prises pour la composer. Même une classe « qui marchait bien » et qu’on a quasiment reconduite l’année suivante, peut se montrer très différente : des évolutions personnelles pendant l’été, des événements qui ont affecté tel ou telle, l’irruption d’un nouveau, la contestation de l’emploi du temps ou de la liste des professeurs…

Face à la classe, Lambda se montre sûr de lui, tente de cerner son public, répond calmement aux questions (je ne parle pas ici d’un débutant sans formation, pour qui la situation est évidemment bien pire !), expose le travail de l’année. Il essaie de retenir quelques noms, quelques réactions, repère quelques têtes « sûres » ou « à suveiller »… Puis passe à une autre classe…

A la fin de la première journée, il essaie de se faire une idée des classes vues, de la manière dont il va aborder son programme avec celle-ci ou celle-là. Il va parfois se renseigner auprès d’un collègue sur tel élève qu’il a remarqué. Et il rentre chez lui…

Les non-enseignants ont tendance à penser qu’un prof a préparé ses cours « une fois pour toutes », ou à peu près. C’est loin d’être le cas pour la grande majorité des profs ! Même si le programme n’a pas changé (et il change quasiment avec chaque nouveau ministre !), l’enseignant adapte son cours à son public : une même notion grammaticale, par exemple, vue dans deux classes de même niveau, ne sera pas forcément étudiée de la même manière. Quand il prépare son cours, l’enseignant a en tête la classe à laquelle il va s’adresser : telle notion sera trop ardue, tel exercice trop difficile (ou trop facile !), un brin d’humour sera bienvenu ici, à proscrire là… Le travail de préparation est précis et contraignant… et ne garantit malheureusement pas le succès ! Avoir passé une ou plusieurs heures à préparer un cours et faire le bilan, une fois le cours terminé, que peu d’élèves semblent avoir bien compris la notion étudiée… est non seulement vexant, mais angoissant : comment faire pour revenir sur cette notion, comment aborder à nouveau le sujet pour une meilleure réussite – et sans que les élèves aient l’impression qu’on leur rabâche la même chose ?…

C’est un métier où les constats d’échec sont fréquents : avec des élèves particuliers, bien sûr (faibles, inattentifs, contestataires…), mais aussi avec la classe, plus globalement. Et un constat d’échec oblige à une remise en question personnelle, ce qui est toujours douloureux. Avoir eu l’impression que les cours « passaient bien »… et s’apercevoir, lors d’un contrôle un peu global, que la majorité des élèves n’a rien compris… remet en cause le travail de plusieurs séances : frustrant ! Si Lambda a la chance de côtoyer un ou plusieurs collègues travaillant un peu dans le même sens, il essaiera d’en discuter avec eux. Ce n’est pas forcément possible : d’abord parce que, dans certaines matières, il est le seul de l’établissement ; ensuite, parce que les collègues de la même matière n’ont pas forcément les mêmes objectifs, les mêmes méthodes, les mêmes façons de percevoir les élèves… Si on lui répond, par exemple, « De toutes façons, ils ne fichent jamais rien ! »… Lambda n’est pas beaucoup plus avancé…

En dehors des strictes questions pédagogiques, se posent aussi des questions relationnelles, avec tel ou tel élève, avec telle ou telle classe… Un conflit avec une classe est une situation extrêmement pénible : si on ne parvient pas à le désamorcer rapidement, l’hostilité va grandir et devenir un état d’esprit… Il m’est arrivé de faire appel à un collègue ou à un principal dans certains cas… Si c’est un élève particulier qui est en conflit, après tentatives personnelles de le résoudre, mieux vaut faire appel à quelqu’un d’extérieur : collègue, parent, principal…

Ces remises en question, que tout enseignant fait de lui-même, ne sont pas les seules… Des collègues, des élèves, des parents d’élèves, des principaux, des inspecteurs… peuvent aussi contester tel ou tel aspect de l’enseignement. Il faut alors répondre, expliquer, se justifier, face à des accusations plus ou moins violentes, plus ou moins acerbes. C’est très difficile, d’autant plus si l’interlocuteur est agressif… Il m’est arrivé une fois de sortir de la salle où je recevais un parent d’élève, tant la discussion tournait à l’agression systématique… Garder son calme quand l’interlocuteur vous accuse d’incompétence est un exercice qui fait vite monter la tension !

Tout cela, c’est l’ordinaire « normal » d’un enseignant… A quoi il faut ajouter les remises en question « politiques » (les enseignants n’apprennent plus rien aux élèves, ne sont pas fichus de faire respecter la discipline, et autres critiques de ce genre émises par des personnalités diverses), reprises évidemment par les média… et donc par le public (les enseignants sont bien payés pour ne pas faire grand chose… Ils travaillent 18 heures par semaine…). A quoi il faut ajouter les réformes, la diminution drastique de la « formation continue », la disparition de la formation initiale, les exigences de plus en plus nombreuses quant aux « tâches annexes » (entre autres, de plus en plus de choses à rentrer dans les ordinateurs !), les menaces pesant sur la profession (accroissement du nombre d’élèves par classe, « assouplissement » de la carte scolaire, regroupement d’établissements, et j’en passe !)…

Il y a des enseignants qui craquent ou sont près de craquer ? Je m’étonne qu’il n’y en ait pas davantage…

Jeter mes cours ???

jeudi, juillet 23rd, 2009

A la petite fête de fin d’année au collège, qui célébrait les départs de collègues, ma collègue-presque-jumelle, prof d’Histoire-Géo, me disait :

« Ça y est ! Ce matin, j’ai jeté tous mes cours ! »

Signe évident, démonstratif, de cette fameuse Retraite…

Je n’ai pas jeté mes cours…

J’ai beaucoup jeté, dans les milliers de feuilles collationnées en dossiers suspendus, pas suspendus… Mais j’ai surtout jeté les fiches des revues pédagogiques, les articles et revues sur tel ou tel thème… Car, en plus des dossiers « Grammaire », « Orthographe », « Rédaction » et autres, j’avais des dizaines de dossiers thématiques : les animaux, la médecine, l’île, l’esclavage, la justice…

Mais je n’ai pas jeté :

– mes cours et contrôles : cela m’aurait pris trop de temps pour trier, ne serait-ce que les « doubles », à retirer de leurs pochettes plastique pour mettre aux papiers ;

– les quelques travaux d’élèves contenus dans les dossiers : en principe, les travaux d’élèves sont archivés (j’ai quelques cartons d’archives étiquetés « Archives CES »…), mais certaines études d’œuvres m’ont paru intéressantes à garder avec mon propre travail (mais oui, Sophie : j’ai encore les études des personnages d’Intermezzo faites par les 5èmes en 82-83 !).

Pas de « table rase », donc !

D’abord, parce que je suis une horrible conservatrice, je l’ai déjà dit !

Ensuite, parce que jeter ces 40 années de travail aurait signifié pour moi que je les rejetais, que je les niais, alors qu’elles me semblent constituer une composante importante de ma personne.

Et que je n’ai pas posé le point final… Je pense retravailler mon site « francais-clg », en faire un autre plus développé, et, qui sait ? un projet de manuel ? des comptes-rendus d’expériences particulières ?

Retraitée, certes… mais prof quand même !

Préparations…

dimanche, juin 21st, 2009

Hier, avant de partir en chasse sur Internet, je voulais vous parler du travail de la journée.

Je ne travaille pas le samedi. Enfin : pas au collège ! Pour les non-initiés : la plus grande partie du travail de prof se fait en général à la maison…

En fait, je repensais à ce cousin qui m’avait dit il y a quelques années :

« Oui, enfin, tu n’as plus de cours à préparer, maintenant. La littérature, ça ne change pas ! »

Je ne lui ai pas répondu que, depuis ses années de collège (les années 40), et même depuis les miennes (les années 60)… la littérature avait pourtant un peu « changé » : quelques auteurs en plus, par-ci par là, quelques nouvelles façons d’analyser les textes… J’ai quand même dû lui dire qu’en collège, la « littérature » était moins au programme que la lecture, la grammaire, l’orthographe et la rédaction…

Je pensais à lui, donc, au terme d’une journée entièrement passée (ou presque) à préparer la semaine de révision des 3èmes, qui commence demain… Qu’en aurait-il dit ? Peut-être aurait-il pensé qu’un début d’Alzheimer m’obligeait à tout reprendre à zéro ? Ou que, vraiment, je ne savais pas comment occuper mon temps ?

Ce doit être la 4ème ou la 5ème année que nous faisons cette « semaine de révisions » pendant laquelle les 3èmes n’ont que Français, Maths et Histoire-Géo : 8 heures (en principe) de chaque dans la semaine… Ça se passe généralement bien (d’autant que les moins motivés ont tendance à prendre des vacances anticipées…), mais il faut « assurer » : 2 heures consécutives en général… tout en sachant que ces 2 heures ont été précédées ou seront suivies de 2 autres heures dans une autre matière… Donc prévoir des activités assez variées pour « faire un break » de temps à autre. Sinon, les marmites explosent !

Mes 3èmes sont 17 à avoir demandé de réviser les fonctions, 13 les natures des mots, groupes et propositions, 9 les modes et les temps, 5 les rapports logiques… (non, on n’additionne pas tout ! Ils ont demandé plusieurs thèmes chacun !)

En fait, très peu de demandes sur le programme de 3ème : ce qui leur manque… ce sont les années précédentes ! Et donc, imaginer comment « faire passer » ces notions (dont certaines sont vues depuis la 6ème, sans parler du primaire !) en une semaine… c’est un vrai casse-tête !

Vous me direz que j’aurais pu m’y prendre plus tôt. Certes. En fait, les heures passées sur les ordinateurs devaient servir à une « remise à niveau » en fonction des lacunes de chacun. Et je leur avais demandé de se faire des fiches de révision, pendant les vacances de printemps, sur natures et fonctions, justement…

Mais… c’était sans compter sur leur incapacité à se prendre en charge… Sur les ordinateurs, ils ont souvent préféré les jeux d’orthographe, et ont délaissé la grammaire… Quant aux « fiches de révision »… la plupart étaient des impressions tout droit sorties de sites Internet… que les élèves ne s’étaient évidemment pas donné la peine de lire ! Ils avaient « fait » leur travail : ils avaient une fiche de révision…

Je prévois donc pas mal de galères pour cette semaine… ce qui donne du piment à la chose, évidemment ! Quel intérêt de reprendre telles quelles les fiches de l’année dernière, ou d’une année précédente ?

Il y a un défi : je vais essayer de le relever !

De la douleur du tri…

samedi, mai 2nd, 2009

Évidemment, un prof en retraite n’a pas besoin de tout le matériel d’un prof en activité. Si, en plus, le prof en question doit déménager… le tri s’impose !

Mais…

Avez-vous idée du matériel accumulé par une prof de Français en 40 ans ?

Je ne parle même pas des manuels scolaires (que j’ai commencé à transporter généreusement au collège…). Non, les cours, bribes de cours, feuilles photocopiées (et même passées à la machine à alcool… Si, si, il m’en reste !), préparations, projets de contrôles, exercices, articles de presse, revues pédagogiques…

Il y a très longtemps, j’ai acheté pour ce matériel 2 gros classeurs de 2 tiroirs. Vous savez, ces classeurs de bureau, en métal solide, pour dossiers suspendus. Ils ne suffisent plus depuis pas mal d’années, bien que, tous les 2 ou 3 ans, j’y « fasse le ménage » et me débarrasse de documents trop anciens, ou dont je pense qu’ils ont peu de chance de me servir un jour. Disons, en gros, qu’il aurait fallu que j’achète 2 autres gros classeurs de 2 tiroirs pour tout contenir…

Pas de problème, dites-vous, il n’y a qu’à tout jeter !

Ben… non. Non, vraiment !

D’abord, j’ai l’intention d’enfin réaliser mon « fichier d’orthographe », commencé il y a bien longtemps, mais demandant un trop gros investissement pour le faire en travaillant. Il sera sous forme de site web, ce qui correspond bien mieux à mon projet de départ.

Puis je voudrais continuer mon site de Français, le compléter, l’améliorer, tout ça, tout ça…

Enfin… mettre 40 ans d’une vie aux vieux papiers… ce n’est pas si facile ! Surtout si on est, comme moi, archiviste dans l’âme ! Ouvrant les dossiers, je retrouve telle étude, que peut-être je complèterai un jour, qui sait ? Tel thème travaillé longuement… trop longuement pour le jeter sans état d’âme… Les thèmes du double, de l’esclavage, de la peine de mort, des animaux, de la science-fiction, du roman policier… m’ont demandé des dizaines d’heures de travail… que je pourrais éviter à des collègues en en faisant des dossiers sur Internet…

Me voilà donc plongée dans mes dossiers, essayant honnêtement de me poser la question de savoir si tel ou tel document peut m’être encore utile… et submergée par tous ces cours venus du passé, ces feuilles sur lesquelles, parfois, apparaissent des noms d’élèves devenus adultes depuis bien longtemps…

Et, du premier tiroir, ne sont partis qu’un peu plus de 2 sacs…

Peut-être ferai-je mieux avec le 2ème tiroir ?

Rentrée…

dimanche, avril 26th, 2009

Après les dernières vacances, la dernière rentrée, comme de juste !

Je vous avouerai que je ne ressens pas du tout l’enthousiasme habituel… Plutôt démotivée, la future retraitée !

Je ne m’inquiète pas trop : une fois « dans le bain », je retrouverai ma forme ! C’est comme au bord de la piscine ou de la mer : on craint un peu le froid, on hésite, on sursaute même aux éclaboussures… Et puis, une fois dedans, on s’y trouve tellement bien qu’on se donne des « encore 5 minutes » avant de ressortir…

Tout de même : si ce n’est la première année, c’est une des très rares années où je n’aurai préparé aucune nouvelle lecture… Il est vrai que la préparation pour les ateliers généalogie m’a pris pas mal de temps… Cela me sera peut-être compté par le Grand Pédagogue ?

Et ma préparation de trimestre a été plutôt rapide, pour ne pas dire bâclée… Un petit coup de Diablogues pour les uns (las ! l’édition Folio Junior n’existe plus ! Quant à Tardieu… pas d’édition bon marché… Tant pis ! On travaillera avec les livres du collège, une fois n’est pas coutume !), un petit coup de Zadig pour les autres (qui n’ont pas été fichus de cesser leurs bavardages pour me dire ce qu’ils souhaitaient, lors du bilan de fin de trimestre)…

C’est un problème pour les profs de Français, les livres qui ne sont plus réédités ! Le nombre de livres que j’ai en 2 ou 3 exemplaires, pour avoir à chaque fois la même édition que les élèves ! J’ai eu une collègue qui faisait toujours étudier à ses classes les mêmes livres… Si elle a continué ainsi, à l’heure qu’il est, elle doit avoir au moins 15 éditions différentes du Salaire de la peur !

J’adore les Diablogues de Dubillard… Et la sélection du recueil Folio Junior est intéressante. On en a vu un ou deux extraits avec une de mes classes de 6ème l’an dernier… mais tant pis ! Ils voulaient faire du théâtre (parce qu’ils participent, eux, au bilan de fin de trimestre !), ils vont en faire ! Et si on en a le temps (mon planning lecture est un peu flou…), on verra en prime Un mot pour un autre, de Tardieu… Ça les changera des fabliaux du Moyen-Age…

Ah ! le théâtre ! Le grand plaisir des élèves, à très peu d’exceptions près ! Et, je l’avoue, mon plaisir à moi aussi ! Si, d’emblée, certains occupent la scène, la plupart progressent doucement, d’une fois sur l’autre, prennent de l’assurance, donnent de la voix, ôtent leurs mains de leurs poches, arrêtent de triturer le bas de leurs manches, oublient de regarder le public (sauf si c’est prévu) pour répondre en regardant leur(s) partenaire(s), leur visage devient mobile, reflète des émotions qu’ils ne ressentent pas… Ils jouent, quoi !

A mon avis (que je partage…), c’est le meilleur entraînement à l’oral… et le plus ludique !

Une fois frappés les trois coups, tout devient possible…

De tout et de rien…

jeudi, avril 23rd, 2009

Coup de fil de ma soeur, qui a gardé pour moi un emballage de « smoothy », pensant que les mentions figurant sur l’emballage pourraient être un sujet d’étude de texte. (Elle est bien, ma sœur ! Elle pense plus que moi à mon travail ! Je me laisse un peu aller, depuis quelque temps…) Par exemple : « A siroter avant le… », « Agiter avant d’ouvrir, pas après »…

Comment ça, vous ne connaissez pas les smoothies ? Eh bien… moi non plus, jusqu’à aujourd’hui… Il s’agit d’un compromis entre purée et jus de fruit. Celui dont ma sœur me parle est de la marque « Innocent », avec pour slogan « des fruits tout nus » et pour logo une tête auréolée.

J’ai oublié de lui demander si c’était bon, et ne pourrai donc pas vous renseigner sur ce point de détail. Ce qui est sûr, c’est que le « marketteur » (anglais ? français ? selon les pages du site, on est sur une page .fr ou .uk…) a le sens de l’humour…

Allez donc y faire un tour… Si ça ne vous donne pas envie de boire leurs jus de fruits, ça aura le mérite de vous distraire un moment !

Bonne visite !

Préparations (suite)

samedi, janvier 3rd, 2009

Depuis plusieurs années, j’inclus dans ma préparation du 2ème trimestre en 3ème la « Semaine de la Presse ». Organisée par le CLEMI (Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’Information ), elle permet à un établissement scolaire (de la maternelle au lycée) de recevoir un exemplaire de plusieurs journaux, un « accompagnement pédagogique » développant plusieurs actions possibles et, depuis un an ou deux, un CD comportant – entre autres – des photos de presse.

Cette semaine aura lieu en 2009 du 22 au 28 mars, et je compte bien y faire participer mes élèves.

Je ne suis pas une fan des activités dirigées ou imposées, mais je trouve intéressante la démarche du CLEMI, qui fournit nombre de fiches pour étudier l’un ou l’autre aspect des médias (sans oublier Internet, évidemment !).

Pendant la semaine de la Presse, mes élèves se répartissent en groupes (de 4 élèves maximum) et reçoivent une « feuille de route » qui leur indique le travail à me rendre à la fin de la semaine. A eux d’organiser comme ils le veulent les heures de Français de la semaine.

Qu’est-ce que je leur demande ?

Cela varie selon les années. Quelques exemples :

  • analyser la Une d’un quotidien
  • rechercher dans des quotidiens (je leur demande d’en apporter chacun un, de la semaine en cours ou de la semaine précédente) un exemple d’éditorial, de brève, de reportage, d’interview… et de trouver les caractéristiques de chaque article (personnes utilisées, temps des verbes, ponctuation, etc.)
  • étudier  un article, ses titres et sous-titres, illustrations…
  • écrire 2 articles d’un genre différent à partir d’une même dépêche ; depuis que nous avons accès à Internet, ce travail est beaucoup plus intéressant, car les élèves peuvent aller directement sur les sites d’agence, et choisir une dépêche qui les intéresse
  • comparer 2 articles sur un même sujet dans 2 quotidiens différents
  • étudier et commenter une photo de presse.
  • Je leur fournis, bien sûr, quelques renseignements sur le glossaire de la presse (fourni par le CLEMI), la composition d’un article, les divers types de titres.

    Cette semaine est généralement bien appréciée : le travail par groupes et l’autonomie de l’emploi du temps laissent aux élèves une liberté… qu’ils emploient plus ou moins bien… La plupart des groupes rendent leur travail à la fin de la semaine ou au début de la semaine suivante… mais quelques groupes ont passé un peu trop de temps à discuter (entre autres des résultats sportifs – L’Equipe étant un quotidien incontournable !)… et n’ont pu accomplir que la moitié, voire moins, des travaux demandés.

    On peut faire beaucoup d’autres choses, mais qui demandent souvent beaucoup plus de temps. Et en 3ème, le temps est terriblement compté…

    Au cas où des collègues enseignant les langues étrangères seraient intéressés, je signale que des journaux étrangers peuvent aussi être envoyés (voir la page « Accompagnement pédagogique » sur le site du CLEMI).

    Non, je ne fais pas de propagande : je relate simplement un travail que je trouve enrichissant pour les élèves, et qui les initie à une lecture « critique » des médias. Mais, bien sûr, on n’est pas obligé d’attendre la « Semaine de la Presse » pour cela ! D’ailleurs, il y a bien longtemps que j’utilise, d’une manière ou d’une autre, les médias dans mes cours…

    Et les préparations ?

    lundi, décembre 29th, 2008

    Bon, c’est pas tout ça, mais va falloir quand même que je m’attaque à la préparation du trimestre…

    J’aime bien les préparations… surtout une fois que j’ai trouvé ce que j’allais faire !

    Le planning grammaire-orthographe étant fait en début d’année scolaire, me restent lecture et expression (orale, écrite, vocabulaire…). Il faut donc, tout d’abord, trouver un LIVRE.

    La semaine précédant les vacances, j’ai fait mon habituel « bilan du trimestre » avec mes classes, et quelques idées ont fusé parmi mes élèves : aventures, policier, fantastique, horreur, théâtre, bande dessinée… J’ai noté tout cela, avec le nombre approximatif d’élèves désirant tel ou tel thème/genre. Reste à choisir un livre… qui ait des chances d’être lu par la majorité des élèves… ce n’est pas si facile !

    Je me suis construit, au fil des années, une base de données qui répertorie par niveau les thèmes/textes étudiés. Car il arrive aussi qu’au lieu de donner un livre, je donne un thème autour duquel seront faites les lectures. C’est passionnant, le travail sur un thème (en tous cas, ça me passionne !), mais c’est très très long à préparer ! Les 3 thèmes que j’ai le mieux préparés : le Double, l’Esclavage, la Peine de mort… que j’ai tous réutilisés au moins une fois… histoire de « rentabiliser » un énorme travail de recherches et de préparations ! Cependant, le thème du Double s’appuyait sur Docteur Jekyll et Mister Hyde, et celui de la Peine de mort sur Le dernier jour d’un condamné (je ne suis pas une fan de Victor Hugo, mais je trouve ce roman extraordinaire de modernité, et servant merveilleusement bien le propos de l’écrivain).

    J’avoue très humblement que je ne me sens pas capable, cette année, de me lancer dans un gros travail… Je commence à avoir déjà « un pied dehors »… Il est assez vraisemblable que je me tourne vers des livres ou des thèmes que j’ai déjà étudiés… Facilité, paresse… Ben oui !

    D’autant que… j’ai un autre projet en cours : créer un site de cours et exercices… En fait, depuis plusieurs années, j’ai réalisé 4 « mini-sites » en local, essentiellement pour que mes 3èmes trouvent matière à révisions. Pour pouvoir les mettre en ligne, il faut que je reprenne les exercices… très fortement inspirés par des tas de manuels, au fil des ans ! Pas question de me faire accuser de pillage par un éditeur ! Et ça aussi, c’est un très gros boulot…

    Allez, je retourne à mon projet de site… Il faudrait tout de même qu’il y ait quelques petites choses de prêtes pour la semaine prochaine…