Posts Tagged ‘Programmes’

Science sans conscience…

mardi, août 23rd, 2011

Si les élèves de 1ère L et ES, alertés par les débats de toutes sortes, se jettent à la rentrée sur leur manuel de Sciences de la vie et de la terre, ils risquent fort, à mon humble avis, d’être déçus…

Pourtant, la polémique fait rage, paraît-il…

L’homosexualité enseignée à l’école : une pilule qui passe mal

L’introduction, dans les manuels scolaires de la rentrée, d’un chapitre sur l’orientation sexuelle heurte plusieurs associations familiales.

Pour l’éditeur Bordas, «les textes évitent tout esprit polémique (notamment l’influence des religions) et ne font qu’aborder de façon non choquante des questions de société largement médiatisées par ailleurs». Nulle part en effet il est écrit que les élèves doivent multiplier les expériences sexuelles. Mais Familles de France redoute que ces quelques lignes n’entraînent «plus de grossesses précoces et de cas d’infections sexuellement transmissibles».

Les paragraphes sur cette question dans le manuel Bordas.

Si vous avez la curiosité, comme moi, de lire la page incriminée (une page sur plus de 200…), vous contesterez peut-être le titre de Libération : peut-on dire que l’homosexualité soit « enseignée » ici ? On en parle, certes… et alors ?

J’aimerais bien que « Familles de France » m’explique comment parler de l’homosexualité risque d’entraîner « plus de grossesses précoces »… Voir leur lettre au président de la République :

Voulez vous être responsables de plus de grossesses précoces et de cas d’infections sexuellement transmissibles ?

Les « protestataires » s’abritent derrière le fait que ces quelques paragraphes (dans cette édition ou dans une autre) s’appuieraient sur une théorie du « gender », laquelle serait philosophique et non scientifique. J’ignorais jusqu’à ce jour cette théorie qui dit, d’après ce que j’ai lu, que l’identité sexuelle résulte non seulement du sexe génétique, mais aussi de l’environnement socio-culturel. Suis-je totalement stupide ? Je ne vois rien de révolutionnaire là-dedans… Sauf erreur de ma part, l’homosexualité des Grecs anciens était en partie due au fait qu’ils passaient de nombreuses années dans l’armée… Je me trompe ?

Je me souviens aussi avoir lu que le sexe génétique (XX ou XY) n’était pas toujours en accord avec le sexe physiologique (organes) ou hormonal… Anomalies, peut-être, mais bien scientifiques, celles-là…

Voici ce que dit le site Genethique sur cette théorie du genre :

La théorie du gender au lycée : un enseignement idéologique

la théorie du gender a d’abord été l’outil idéologique et subversif d’un féminisme militant : au nom de la non-discrimination entre l’homme et la femme, elle rejette le fondement biologique des sexes comme donné naturellement identifiant pour la personne et affirme que la différence entre l’homme et la femme relève exclusivement d’une construction sociale. Les genres masculins et féminins consistent en des « rôles » socio-culturels arbitraires qu’il est donc possible de déconstruire. En conséquence, aucun dynamisme naturel ne pousse l’homme et la femme l’un vers l’autre : cette inclination ne relève elle aussi que de conditionnements sociaux. Dans cette perspective, c’est l’orientation sexuelle (homosexuelle, hétérosexuelle, bisexuelle, transsexuelle) qui doit primer sur le sexe biologique, génétiquement déterminé par les chromosomes sexuels XX ou XY.

(C’est moi qui souligne : je n’irai sans doute pas lire les textes « officiels » de cette théorie, mais cela m’étonnerait qu’elle nie les différences biologiques !)

Le milieu éducatif et les parents d’élèves ont fermement dénoncé l’intrusion abusive de cette idéologie dans le programme de biologie. Regroupés au sein du collectif « L’école déboussolée », les enseignants du public ont envoyé au ministre de l’Education nationale Luc Chatel une pétition réunissant 33 000 signatures : celui-ci a refusé tout dialogue. Les Associations familiales catholiques (AFC) et l’enseignement catholique ont également protesté.

Je ne sais si L’école déboussolée est un regroupement d’enseignants : je n’ai rien vu dans ce site qui l’indique. Si le site comptabilise effectivement plus de 36 000 signatures à sa pétition, il n’affiche que 6 messages d’enseignants entre le 17 et le 27 juin, et aucun autre depuis…

Pour le philosophe Thibaud Collin, auteur d’essais sur ces questions, « la prime à l’indifférenciation sexuelle promeut en fait l’homosexualité. Ces théories sont une tête de pont pour un changement radical de société ». La dissociation de la sexualité et la procréation est alors consommée : la révolution culturelle voulue par le gender promeut les « droits » à la contraception, à l’avortement et à la procréation artificielle.

Oh ! Les vilains ! Vous vous rendez compte ? La CON-TRA-CEP-TION ! L’A-VOR-TE-MENT ! La PRO-CRE-A-TION AR-TI-FI-CIELLE ! Comment osent-ils !!!

Voir un peu plus bas la position de Christian Vanneste sur la « promotion de l’homosexualité »…

Conclusion
En Espagne, le gouvernement Zapatero a déjà rendu obligatoire les cours sur le gender, entraînant le retrait de dizaine de milliers de familles des écoles appliquant les programmes d’Etat.

Je ne ferai pas de recherches sur le bien fondé de cette conclusion… Si vous avez des lumières à ce sujet, merci de me laisser un commentaire !

Que demande L’école déboussolée dans sa pétition ?

Signez la pétition !

En conséquence, je vous prie donc, Monsieur le Ministre, de bien vouloir :

– Préciser la portée de la circulaire du 30 septembre 2010 et les programmes que vos services ont voulu définir.
– Interdire l’usage des manuels incriminés.
– Garantir que le thème du « gender » ne sera pas à la session 2012 des épreuves anticipées du bac ni aux sessions suivantes.
– Transférer au pire l’étude du « gender » dans le domaine du débat critique de l’éducation civique ou de la philosophie.

36254! signataires depuis le 15/06
RELAYONS
CONTINUONS OBSTINÉMENT !

Je ne connaissais pas Lextimes, mais voici quelques extraits de leur article :

FÉMININ/MASCULIN
Les nouveaux manuels de sciences s’ouvrent à la diversité

« Nous ne pouvons accepter que l’école devienne un lieu de propagande, où l’adolescent serait l’otage de préoccupations de groupes minoritaires en mal d’imposer une vision de la ‘normalité’ que le peuple français ne partage pas », écrit le 31 mai 2011 la présidente du parti chrétien-démocrate Christine Boutin au ministre de l’éducation nationale Luc Chatel

[…]

C’est donc bien un « détournement de l’enseignement au profit du lobby gay », tranche Christian Vanneste pour qui cette « théorie du genre sexuel » ne doit apparaître ni explicitement ni implicitement dans les manuels.

[…]

Un projet de lettre, cosigné par une cinquantaine de députés, circulerait en ce moment et devrait être remis prochainement à Luc Chatel pour dénoncer cette théorie et en exiger le retrait des manuels.

Le « lobby gay »… relayé par les Juifs et les Francs-maçons ?

J’ai lu une autre page… qui m’a laissée perplexe : je pense que, sous la violence des propos, il faut lire l’ironie… Mais celle-ci n’est pas, à mon avis, suffisamment perceptible pour que je puisse citer des extraits… A vous de vous faire une opinion, si vous le désirez :

Courrier des lecteurs
La voix de la sagesse

Bon. Revenons au sujet évoqué dans ces manuels si décriés : faut-il, ou non, aborder les questions de l’homosexualité, de la bisexualité, de la transsexualité ?

Je réponds oui, sans hésitation ! Il m’est souvent arrivé d’aborder le sujet de l’homosexualité avec des élèves, en classe complète, avec un groupe d’élèves ou un élève seul, généralement après qu’un élève avait prononcé l’insulte suprême de « pédé »… Il me semblait de mon rôle d’éclaircir avec eux ce que recouvrait cette insulte, le jugement qu’elle portait. De même qu’un jour j’ai interpellé dans un couloir un élève inconnu qui en appelait un autre « Négro ! ». Il ne s’agit pas de promouvoir tel ou tel « lobby » (!), mais de rendre les élèves conscients d’une diversité et de l’accepter.

Maintenant, que des enseignants se sentent gênés face à ces questions… c’est très dommageable ! Cela prouve une fois de plus que leur formation (quand il y en avait une…) ne les préparait pas suffisamment au dialogue avec les élèves. Et il est beaucoup de questions sur lesquelles le dialogue est primordial, et non pas le « cours », que ce soit sur les « races », l’esclavage, la colonisation, la peine de mort ou autres… Pour pouvoir « enseigner » quelque chose qui a trait à la vie des uns et des autres, il faut s’assurer qu’on est bien sur la même longueur d’ondes, et donc donner la parole aux élèves. Et répondre à leurs questions. Qu’en fin de discussion ils n’aient toujours pas compris, par exemple, que « Négro » était une insulte, n’est pas dramatique : il y a fort à parier que des fragments de cette discussion leur reviendront en mémoire la prochaine fois qu’ils lanceront cette épithète, ou même qu’ils la penseront. Nous n’avons pas à convertir qui que ce soit, mais simplement à expliciter les choses, et donner des arguments en réponse aux leurs.

Les pétitionnaires et autres protestataires exigeant la science « pure » feraient bien de retourner lire Rabelais :

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »

Pé-da-go-gie ! (bis)

lundi, février 9th, 2009

Bien sûr, notre ministre ne pense pas qu’à l’argent… il songe très fort à notre pédagogie, et nous fournit les outils nécessaires.

Ainsi, voici ce qu’on trouve dans ce même discours pour le primaire :

Des ressources pour faire la classe

Des ressources pour faire la classe seront mises en ligne à destination des enseignants et des équipes d’école. Certaines comme “L’enseignement de la Shoah à l’école élémentaire” et “L’histoire des arts” sont disponibles depuis la rentrée.

Au moins, les priorités pédagogiques sont clairement montrées.

Tiens, par curiosité, voici les nouveaux programmes du collège :

Arts plastiques

Le programme d’arts plastiques, comme celui d’éducation musicale, s’articule en deux parties : « la pratique artistique » et « la culture, le champ artistique et l’histoire des arts ».

Éducation musicale

Présenté de manière globale pour l’ensemble du collège et non par niveaux, ce programme s’articule en deux champs de compétences : « percevoir la musique, construire une culture » et « produire de la musique ». Le premier champ a pour objet la contribution de l’éducation musicale à l’enseignement d’histoire des arts, le second s’appuie essentiellement sur la pratique vocale.

Français

Les principes de ce programme sont : un cadre chronologique en relation avec les périodes étudiées en histoire, l’étude des principaux genres littéraires, la progressivité dans l’étude de la langue, l’insistance sur l’écriture comme activité fédératrice des cours de français et la mémorisation des connaissances linguistiques et culturelles.
Les grands champs de connaissances et de compétences sont déclinés à chaque niveau : étude de la langue (grammaire, orthographe, lexique), lecture (textes littéraires, image), expression écrite, expression orale, histoire des arts.

Histoire-géographie-éducation civique

* Histoire : le programme présente un parcours de l’Antiquité jusqu’à nos jours comme dans les programmes précédents. Des choix ont été opérés qui rompent toutefois avec ces derniers tant par les thématiques que par les périodisations attachées à chaque niveau (à l’exception de la classe de 3ème consacrée comme aujourd’hui à la période postérieure à 1914).
L’histoire des arts représente un tiers du programme d’histoire.

Histoire des arts
Les objectifs de l’enseignement de l’histoire des arts :
* offrir à tous les élèves, de tous âges, des situations de rencontres, sensibles et réfléchies, avec des œuvres relevant de différents domaines artistiques, de différentes époques et civilisations ;
* les amener à se construire une culture personnelle à valeur universelle fondée sur des œuvres de référence ;
* leur permettre d’accéder progressivement au rang d’ « amateurs éclairés », maniant de façon pertinente un premier vocabulaire sensible et technique ;
* les aider à franchir spontanément les portes d’un musée, d’une galerie, d’une salle de concert, d’un cinéma d’art et d’essais, d’un théâtre, d’un opéra, et de tout autre lieu de conservation, de création et de diffusion du patrimoine artistique ;
* leur donner des éléments d’information sur les métiers liés aux domaines des arts et de la culture.

Définition

L’enseignement de l’histoire des arts prend appui sur trois piliers :
* Les périodes historiques définies par les programmes d’histoire à chacun des niveaux du cursus scolaire.
* Six grands domaines artistiques : les arts de l’espace, les arts du langage, les arts du quotidien, les arts du son, les arts du spectacle vivant, les arts du visuel
* La  » liste de référence  » ou les  » listes de thématiques  » :
– Dans le premier degré, les professeurs choisissent les œuvres à étudier à partir de la liste de référence du programme de l’école primaire.
– Dans le second degré, collège et lycée, la liste de référence est remplacée par les listes de thématiques.
Les contenus sont définis dans les volets « histoire des arts » des programmes, l’organisation de l’enseignement est fixée par un arrêté spécifique.

http://www.education.gouv.fr/cid23517/point-d-etape-et-programme-d-action-pour-2009.html

(Entre parenthèse, les « piliers » sont un des mots-clés que l’on retrouve un peu partout depuis l’invention du « socle commun ». Dans une forêt de piliers, qu’on se trouve ! Une vraie cathédrale ! Il est vrai que les sympathies religieuses de certains ne sont plus un secret pour personne…)

Pardon ? Vous trouvez qu’il y a quelques « répétitions », dans ces programmes, des « redondances » ? C’est sans doute que j’ai méchamment souligné quelques mots… Autrement, vous ne vous en seriez sûrement pas aperçus… Si ? Ah bon !

Donc : la matière principale du collège devient l’histoire des arts. Bientôt éliminatoire au Brevet, je suppose… Si on lit bien, cette « nouvelle matière » représente la moitié des enseignements artistiques, le cinquième de l’enseignement du Français, le tiers de l’enseignement de l’Histoire. Qu’est-ce qu’ils vont être cultivés, les collégiens de demain ! Il est vrai que les objectifs sont ambitieux :

* les amener à se construire une culture personnelle à valeur universelle fondée sur des œuvres de référence ;
* leur permettre d’accéder progressivement au rang d’ « amateurs éclairés », maniant de façon pertinente un premier vocabulaire sensible et technique ;
* les aider à franchir spontanément les portes d’un musée, d’une galerie, d’une salle de concert, d’un cinéma d’art et d’essais, d’un théâtre, d’un opéra, et de tout autre lieu de conservation, de création et de diffusion du patrimoine artistique

Pauvres parents des futurs collégiens ! Non seulement ils devront écouter – sans toujours comprendre ! – les dissertations des « amateurs éclairés » qu’ils ont engendrés, mais ils devront en plus leur payer des entrées dans des tas de lieux… où les places sont chères ! Prévoit-on d’augmenter la « prime de rentrée », pour que les parents puissent offrir à leurs petits les billets à 20 € ou plus ?

Demander à ce que l’histoire des arts représente un tiers du programme d’Histoire ne vous paraît pas un peu… excessif ? Comme si c’était plus important que la vie des gens qui ont fait cette Histoire ! Et je ne parle évidemment pas ici des rois et hommes politiques (du moins, pas seulement !), mais des grands mouvements paysans, ouvriers et philosophiques qui ont traversé notre pays (et l’Europe, et les autres continents) au fil des âges… Déjà que les professeurs avaient à peine le temps d’évoquer la Révolution française, et qu’ils zappaient le plus souvent les révolutions du 19ème siècle, sans parler de la Commune, carrément hors-programme !

Tiens, une anecdote : en 1988, réunion des profs d’Histoire avec leur Inspecteur qui leur montre (pédagogiquement !) comment découper leur programme de 4ème en heures bien pensées, de façon à couvrir tout le programme. A la fin, des professeurs s’aperçoivent que la Révolution de 1789 (et années suivantes !) doit être traitée… en 2 heures ! Et pof ! on arrive à l’Empire ! Pour l’année du bi-centenaire, ça la fichait plutôt mal ! ils ont réussi à grappiller quelques petites heures, pour étoffer un peu le sujet…

Attention ! Je ne m’élève pas contre l’entrée de l’histoire des arts au collège ! D’ailleurs… elle y est entrée il y a bien longtemps ! Dans toutes les matières citées ci-dessus, les enseignants montrent forcément des œuvres d’art à leurs élèves ! Et je pense que, par exemple, les œuvres modernes étudiées en Arts plastiques évitent à un certain nombre d’adultes de taxer d’un méprisant « C’est du Picasso ! » un tableau ou une sculpture auxquels ils n’auraient pas eu accès sans cela.

Prenez n’importe quel manuel d’Histoire de niveau collège… et vous y trouverez de très nombreuses reproductions de tableaux, scuptures, objets d’art ! Et dans un manuel de Français, vous en trouverez beaucoup aussi !

Alors, quoi de neuf, finalement ?

Ce qui est nouveau, c’est l’extrême importance donnée à l’histoire des arts, au détriment du reste. Cette redondance voulue, obligatoire.

Je me demande s’il y a déjà eu, dans l’histoire des programmes, une telle intrusion des lubies d’un seul homme… Peut-être que oui… mais qu’ils étaient plus discrets ?