Archive pour le mot-clef ‘Retraite’

Dernières heures…

Jeudi 25 juin 2009

Non, mon silence d’hier n’est pas dû à une petite déprime des derniers jours. Plus prosaïquement, à une espèce de bronchite qui m’exténue depuis plusieurs jours… et m’empêche de dormir la nuit !

Coup de chance : à part lundi, j’ai commencé tous les jours à 8h 1/2… Il n’est pas sûr que j’aurais trouvé l’énergie d’aller au collège l’après-midi !

Mais bon, j’ai pu « assurer » jusqu’au bout, et ai terminé ma « carrière » à midi et demi, après 2 heures de troisièmes, une pause, et une heure de cinquièmes…

Rien d’extraordinaire, si ce n’est que j’avais emporté mon appareil photo… pour garder le souvenir de ces « derniers élèves »… Les 3èmes ont, sur l’instigation d’un camarade, « fait semblant de travailler » pour les photos… mais en fait, ils ont travaillé assez sérieusement jusqu’au bout (d’accord, surtout les filles…).

Quant aux 5èmes, ils ont fait le bilan du trimestre et celui de l’année. Ils avaient envie de « faire la fête », pour ma dernière heure… mais n’avaient évidemment rien prévu de ce genre… Nous avons donc repris la lecture de Un mot pour un autre de Tardieu, vu rapidement lundi. L’attention n’était pas au top, j’avoue, d’autant que la disposition de la petite salle (tables en rectangle pour le bilan) ne se prêtait pas vraiment au théâtre…

Pendant que certains, une fois la cloche sonnée, remettaient la salle en ordre, quelques filles se précipitaient vers le tableau pour m’inscrire leurs messages d’adieu… J’ai pris quelques photos, je vous montrerai peut-être leurs « mots d’amour »…

Cependant, j’ai veillé à rester « égale à moi-même »… refoulant toute sentimentalité qui ne demandait qu’à déborder : aucune envie de finir en pleurant ! Déjà que je transpirais pas mal (fièvre et chaleur mêlées…), je ne voulais pas « en rajouter » !

Et voilà, c’est fini. Il me reste à corriger le Brevet mercredi (sympathiquement séparée de mes collègues par un « organisateur » pas très doué), et j’aurai « bouclé la boucle »…

Troisième âge (suite)

Lundi 8 juin 2009

Bon, ben voilà, je les ai, ces 60 ans si redoutés… C’est une sexagénaire tout neuve (depuis hier) qui vous écrit aujourd’hui…

Les changements de dizaine sont toujours assez impressionnants… Avant, surtout. Après… on s’y fait ! D’ailleurs, les quelques collègues interrogés n’ont pas trouvé que j’avais tellement changé depuis jeudi dernier… (Je me suis bien gardée de demander aux élèves !)

Mais tout de même, ces changements marquent, qu’on le veuille ou non, des étapes : à 10 ans, on devient « grand », à 20 ans, presque adulte (de mon temps, on n’était majeur qu’à 21 ans), à 30, c’est la fin de la jeunesse proprement dite, de l’insouciance, à 40, on entre dans la maturité, à 50, les femmes se préparent à la ménopause, à 60… c’est l’âge de la retraite ! Enfin… pour ma génération : celles d’avant travaillaient jusqu’à 65 ans et, tel que c’est parti, les suivantes ne décrocheront pas avant 70 !

Et après ? Je ne sais pas encore…

Hier, donc, j’ouvre mon ordinateur et Gmail m’annonce 4 cartes envoyées de Copains d’avant par 3 « anciens élèves » (dont l’un, devenu ami, m’en a envoyé 2 !). Voilà qui démarre bien la journée ! Par la suite, un courriel, un appel téléphonique, deux autres cartes, un autre courriel… Sept anciens élèves se sont ainsi manifestés pour me souhaiter un bon anniversaire… et encore, je ne compte pas ma soeur… qui est elle aussi une « ancienne élève » !

J’avais reçu dans la semaine une autre forme de rappel : mon Titre de Pension ! Longtemps après avoir été pensionnaire, voilà que je vais être pensionnée ! Du coup, puisque j’entrais décidément dans ce Troisième Age, je me suis connectée à la CNAV (pour les non initiés : Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse)… et ai fait ma demande de retraite. J’ai même calculé combien j’allais « toucher » en plus de ma Pension. Et là, surprise ! Alors qu’en 2006 on m’annonçait 180 € et des poussières… on ne m’en annonce plus que 90 ! Ah bon ! J’ai perdu 50% en 3 ans, pour la même durée de cotisation ? Pour 7 années de travail (et une de chômage), on touche 90 € par mois ??? Va falloir que je demande des explications sur ces calculs…

Vous voyez, des trucs auxquels on n’avait (presque) jamais pensé, qui vous tombent dessus, comme ça, pour vous rappeler votre (grand) âge…

Le Troisième…

Troisième âge…

Dimanche 31 mai 2009

Je regrette de vous avoir fait faux bond hier…

Et : non, je n’ai même pas d’excuse valable !

En fait, je serais légèrement « cyclothymique », ces temps-ci : ça va, ça va pas, ça va assez bien, ça va pas du tout… avec des « cycles » de longueur et d’intensité extrêmement variable… Hier, c’était un jour « sans » : aucun courage pour les copies à corriger, les cartons à remplir, et même mon blog à écrire ! La veille, j’avais pourtant fait un grand acte de courage, en emportant une dizaine de cartons dans ma future maison ! Ça a dû m’épuiser…

Et puis… dans une semaine, j’entre dans le « troisième âge »… Je sais, je sais, le « troisième âge », c’est dans la tête ! Ben, justement…

Changer de dizaine, d’activité, de domicile… ça fait un peu beaucoup pour moi toute seule…

Ne m’en veuillez pas trop de mes changements d’humeur…

P.S. J’ai goûté aux cerises de mon futur cerisier : pas très sucrées, mais très bonnes ! L’arbre croule sous les fruits… Et j’ai jeté un œil aux abricots : ça va, il y en a beaucoup, et ils grossissent !

Quand sonne la retraite…

Mardi 19 mai 2009

Malgré le grand intérêt de la discussion sur les relations prof-élèves, c’est à Buono que j’ai envie de répondre ce soir, suite à son commentaire.

La retraite : « enfin libre » ! s’exclame-t-elle.

Et de préciser : « Famille (époux, vieux parents, fils, etc), voyages, écrits divers, cours à suivre, spectacles à préparer, amis, etc, enfin je vais vous (re) trouver! ».

Oui… Je m’arrête un peu trop sur le début de la phrase : je n’ai ni époux, ni vieux parents, ni fils… Et la retraite n’a donc pas le même sens pour elle et pour moi…

Non que je craigne l’ennui : j’ai assez de projets pour remplir mes journées !

Non, ce qui va me manquer énormément, outre les relations avec les élèves, justement ! c’est la structure

Pas la structure du collège, non : celle du temps !

J’ai un peu peur de ce temps qui, justement, n’appartiendra qu’à moi, qui ne sera animé d’aucun rite social, que je devrai gérer complètement, du matin au soir, chaque jour, jour après jour…

Aucune contrainte : quelle chance ! diront certains…

Mais avouez que c’est quand même une plongée vers le Grand Inconnu…

Les vacances ne sont plus ce qu’elles étaient…

Vendredi 24 avril 2009

Bon, d’accord, il a fait beau, j’ai fait un tour en Lorraine dans ma famille, j’ai vu un ancien élève (tiens ! j’en ai vu un autre – mais beaucoup moins ancien – en allant chercher le pain… « Bonjour madame ! » Je l’ai regardé, cherchant à me rappeler… Il m’a donné son nom… et j’ai retrouvé le prénom… mais mon souvenir est resté vague… Les souvenirs non plus ne sont plus ce qu’ils étaient…), j’ai fait des démarches, cherché des cartons (!), j’ai passé beaucoup de temps sur des zimages dont je ne vous dirai rien (mais non ! pas porno ! qu’est-ce que vous allez chercher !)…

Mais, côté boulot…

Il n’y a pas si longtemps, mes vacances se passaient essentiellement à préparer le trimestre suivant… Certes, je les trouvais toujours trop courtes, mais j’attaquais la rentrée de pied ferme, contente de moi, fière de toutes ces préparations amoureusement concoctées (non, je n’exagère pas tant que ça, promis !).

Et là…

La honte m’empêche de poursuivre…

Disons que je me sentirais plutôt en pré-retraite…

Avec un peu d’avance, peut-être…

Une nouvelle vie ?

Dimanche 5 avril 2009

Bien sûr, ainsi que le dit Axel, je connais moi aussi diverses « sortes » de retraités… Des hyperactifs aux téléphages, il y en a pour tous les goûts ! (Personnellement, mes goûts n’iraient ni aux uns ni aux autres, quelque part entre les deux…)

Ce que je voulais souligner, c’est que, dans tous les cas, il y a un arrachement à la vie qu’on a menée jusque-là, voire un déchirement. Qu’on a, sinon « tout », du moins beaucoup de choses à repenser. Que cela nécessite une préparation… et une adaptation !

Ma sœur m’a encouragée dans l’idée d’acheter une maison, pensant que cela serait un « démarrage » d’autre chose, justement. Je crois qu’elle a raison (de toutes façons, je vais pas dire le contraire, hein ? Elle lit mon blog, quand même !). Ouvrir d’autres perspectives, cela n’est pas si facile. Un changement comme celui d’un domicile permet de se projeter dans un avenir « connu » (comment aménager les lieux, où mettre tel ou tel meuble, tel ou tel objet… sans oublier les centaines de livres !!!). Je pense que cela rendra plus facile « le reste »…

Je vous tiendrai au courant, promis !

Je retraite, tu retraites…

Samedi 4 avril 2009

On nous a appris à aspirer à la retraite : une sorte de paradis sur terre qui récompenserait les bons travailleurs. Ceux-ci auraient alors tout le temps de se consacrer à leurs loisirs (même si l’argent leur fait défaut…). Ils pourraient réaliser leurs rêves, ils seraient surtout maîtres de leur temps, ce qu’ils n’ont que rarement connu, lors de vacances quand ils étaient enfants… et encore ! Et les « privilèges de l’âge » dispensant les retraités d’un certain nombre d’obligations sociales, ils seraient également maîtres d’eux-mêmes, ne dépendraient plus d’un patron ni de clients, pourraient dire ce qu’ils pensent à qui ils veulent…

Voire… Encore faudrait-il qu’ils aient des gens à qui dire !

Récemment, j’ai dit à des élèves que non, je ne les aurai pas l’année prochaine, car je serai en retraite… « La chance !!! » s’est exclamé l’un d’eux. Que représente donc la retraite pour un enfant de 12 ou 13 ans ? Les grandes vacances à perpétuité, sans doute !

Bien sûr que c’est une chance de pouvoir « prendre sa retraite » au lieu, comme nos ancêtres, de travailler jusqu’à la mort. Je ne discuterai pas de cette avancée sociale évidente (qui a cependant une légère tendance à reculer depuis quelque temps…).

Mais on se retrouve devant une durée indéterminée de temps « vacant », c’est-à-dire vide. Tout ce qui remplissait nos journées – et nos pensées ! – disparaît. Horizons à perte de vue, avec quelques petits hobbies comme autant de monticules de sable dispersés dans cette immense étendue.

Et encore : qui suis-je, maintenant que je ne travaille plus ? Ouvrier, facteur, prof, cela signifie quelque chose. Mais retraité ? C’est celui qui s’est « retiré » du monde du travail, quelqu’un « en retrait », donc. Qui ne peut plus être défini par son activité. Alors, par quoi peut-il être défini ?

Et surtout : avec qui être, maintenant ? Le monde du travail, dans lequel nous avons vécu pendant tant d’années, nous a souvent pourvus en amis, en relations. Cela dépend évidemment du métier, mais je pense que tout travailleur s’est fait des amis parmi ses relations professionnelles…

Pour moi, si je supprime de mon carnet d’adresses tous les amis que j’ai connus de par mon métier, collègues ou élèves… il ne me restera plus que la famille, je crois !

Et même si on ne s’est pas fait d’amis, on a eu l’occasion, chaque jour, d’échanger quelques phrases, quelques idées, quelques pistes de lectures, visites, ou autres, avec les gens qu’on côtoyait.

A la retraite, on ne côtoie plus…

Mais non, je ne veux pas vous faire pleurer ! Et je ne regrette pas non plus de prendre ma retraite !

Juste vous dire que les questions sont nombreuses, et difficiles.

Rappelez-vous : les grandes vacances, c’était drôlement bien ! Surtout parce qu’on savait qu’après, il y avait l’école…

La tête ailleurs…

Mardi 31 mars 2009

Non, je ne vous ai pas oubliés hier… Mais je suis allée revisiter la maison qui m’avait séduite avec ma sœur…

… et nous nous sommes toutes (agent immobilier, propriétaire, ma sœur et moi) retrouvées à l’agence pour signer la promesse de vente…

A la suite de quoi la soirée était déjà bien avancée… Ma sœur ayant téléphoné chez elle pour informer le reste de la famille de l’issue de cette visite… le reste en question est venu chez moi avec une bouteille de champagne ! Fête dans les chaumières !

Vous comprendrez que j’ai un peu « la tête ailleurs » en ce moment…

Transformer un « arrêt » en « redémarrage »… cela chamboule tout de même un peu !

Au fait : suite des coïncidences : comme je parlais hier à des collègues de ce projet d’acquisition… une collègue a annoncé qu’elle connaissait très bien cette maison qui avait été celle de son oncle !

Maison de retraite ?

Dimanche 29 mars 2009

Une amie, à qui je disais par courriel que je cherchais une maison, m’a demandé s’il s’agissait d’une maison de retraite…

Mais… oui, dans un sens ! Une maison où me retirer… et cultiver mon jardin, comme Candide ! Un jardin plus petit que celui que j’ai actuellement… car je suis devenue très paresseuse pour passer la tondeuse ! Une maison comportant une « chambre d’amis »… ce qui m’a beaucoup manqué ici, j’avoue…

L’année de tous les changements… Enfin, presque, car je n’ai pas envie de changer de village : je trouve le mien bien trop beau ! J’avais oublié la partie que j’ai visitée hier : il faut dire que le village s’étire sur près de 3 km, je crois, entre rivière et voie ferrée… C’est la partie la plus ancienne : maisons de pierre, lavoir, puits…

Mais rassurez-vous : je garderai ma machine à laver !

Vacances… et vacance

Mercredi 18 février 2009

Mes lecteurs sont en vacances… Un certain nombre d’entre eux, du moins.

Enfin, c’est la cause que je préfère donner à la baisse de fréquentation de mon petit blog… plutôt qu’une désaffection due à un ennui croissant…

Alors que jusqu’ici je pouvais « compter » sur une vingtaine de lecteurs, voici qu’hier il n’y en a eu que 14 ! Catastrophe ! Bon, c’est vrai, aujourd’hui, il y en a 16… encore quelques-uns d’ici minuit ?

C’est fou ce qu’on se prend au jeu, quand même !

Pour répondre au commentaire d’Odile sur l’article d’avant-hier, je dirai qu’effectivement, la « vie de prof » est très prégnante, et que ce n’est pas juste un manteau qu’il suffit d’enlever. Si je retirais de mon carnet d’adresses les ex-collègues et les anciens élèves… il ne resterait plus guère que la famille !

Je pense qu’en Français, c’est encore « pire » que dans certaines autres matières. Par exemple, il m’est souvent arrivé, lisant un roman, de m’arrêter sur un paragraphe, voire sur une phrase, qui me frappait comme pouvant intéresser tel ou tel cours. Ou, plus simplement, de me dire : « Tiens, ce serait intéressant à lire pour des élèves de tel niveau ».

D’ailleurs, à part les profs de français et quelques parents curieux (pardon : j’oubliais les bibliothécaires !), quels sont les adultes qui lisent des romans pour « la jeunesse » ? (Justement, je suis en train d’en lire un, d’ailleurs !)

Mais il y a « pire » : la délégation… Le plaisir d’écrire, je le vis souvent par procuration, en donnant tel ou tel travail d’écriture à mes classes. Et c’est un vrai bonheur quand je découvre un devoir, un poème, qui marquent une sensibilité, un style particuliers.

Là aussi, mon blog essaie d’opérer une transition…

Je ne quitterai pas « tout » d’un coup : je pense toujours faire un site un peu plus sérieux avec Claroline, quand j’aurai plus de temps. Et, peut-être, travailler sur l’orthographe avec des adultes.

Mais la classe, ce sera fini, et pour de bon. Et tout ce qui va avec.

Non, je ne me plains pas, je ne regrette rien (air connu…), je constate simplement que j’ai encore beaucoup à faire pour « être prête ».

Je me demande si ceux qui chantent « vivement la quille ! » ont vraiment conscience de ce que cela représente…