Archive pour le mot-clef ‘Romans « Jeunesse »’

Une si belle histoire…

Mercredi 23 novembre 2011

Oh ! La belle histoire ! Elle se déroule dans le Londres de 1861…

L’héroïne a bientôt 16 ans, elle est orpheline et vit misérablement avec sa sœur, d’un an plus vieille, mais qui a la mentalité d’une enfant de 7-8 ans… Leur mère est morte 10 ans plus tôt (confiant l’aînée à la benjamine de 5 ans !), leur père est mort avant la naissance de la 2ème, à moins, selon l’aînée, qu’il ne soit parti faire fortune en Amérique. Confiées à un orphelinat, puis à une institution qui doit former l’une comme institutrice et l’autre comme domestique, elles s’enfuient après que la benjamine a été violée dans son lit par un inconnu à qui il manque une main (elle apprendra par la suite que sa sœur a aussi été violée par le même homme ). Elles survivent comme elles peuvent en vendant du cresson dans les rues…
Quand l’histoire commence, la benjamine va enterrer son enfant mort-né, fruit du viol : suivant les conseils de la sage-femme, elle va le mettre dans un cercueil en partance pour le cimetière de Brockwood. Elle est relevée d’une chute par le frère de la personne décédée, qui lui donne sa carte de visite d’avocat . Et reçoit une autre carte de visite : celle de la société de pompes funèbres dont la propriétaire veut l’engager comme pleureuse .
La pension où elles vivent est expropriée , les 2 jeunes filles l’apprennent en revenant du marché, et leurs maigres biens ont disparu… sauf les 2 cartes de visite. Nuit dans une sorte d’asile, où elles perdent même leurs chaussures, tentative auprès de l’avocat, mais le gardien du cabinet les chasse.
La benjamine recourt alors à sa 2ème carte de visite, et tente de se faire embaucher comme pleureuse, et sa sœur comme domestique. La femme refuse de prendre en charge la sœur… quand arrive son mari, alerté par les noms des jeunes filles : on recherche l’aînée pour toucher un gros héritage d’Amérique ! Elles sont donc engagées, l’aînée dans la maison particulière des entrepreneurs, la benjamine comme pleureuse dans l’entreprise. Elle rencontre alors le cousin de l’entrepreneur (qui tient un grand magasin de vêtements et accessoires de deuil) : surprise ! il a une main artificielle ! C’est lui qui a violé les 2 jeunes filles !
Un jour, elle reconnaît dans une voiture la reine et le prince Albert : elle fait une révérence, le prince lui adresse un petit signe de la main. Cela ne lui portera pas chance : il meurt peu de temps après, et la reine déclare deuil général…
La benjamine va « donner un coup de main » au magasin du cousin, où elle est chaperonnée par une vendeuse très aimable… et où elle rencontre un client peu ordinaire : Charles Dickens !
Nouveau coup de théâtre : l’aînée disparaît (soi-disant partie avec un palefrenier). En effet, les vilains propriétaires, renonçant à lui faire jouer le rôle d’enfant adoptée pour pouvoir capter son héritage, l’ont cachée et font apprendre le rôle à leur propre fille…
La benjamine parvient à rencontrer l’avocat, qui comprend qu’elle est une des héritières recherchées par tous les cabinets d’avocats (et par quelques escrocs…). Elle doit essayer de mettre la main sur le faux certificat d’adoption que les entrepreneurs ont commandé.
Elle y parvient, mais le cousin arrive et elle se dissimule dans un cercueil vide. Soudain, elle se redresse :
« la jeune fille pointa un doigt vers son ennemi et cria :
« La vengeance sera mienne, a dit le Seigneur. »
[le cousin] hurla de peur, s’agrippa la poitrine et s’effondra. Mort. »

C’est pas beau ?

Après quoi, tout s’arrange, les méchants entrepreneurs sont punis, la sœur est retrouvée, les jeunes filles touchent l’héritage, une histoire d’amour va commencer entre la benjamine et l’avocat…

Ah oui ! j’allais oublier : la sage-femme qui avait accouché la jeune fille cherche à la retrouver. La jeune fille va aller à l’adresse qu’on lui a donnée, mais celle qui lui ouvre la porte est la gentille vendeuse du magasin de deuil : la sage-femme (décédée depuis) était sa mère. Et figurez-vous que l’enfant était bien vivant, et que la sage-femme l’a donné à un couple qui ne parvenait pas à avoir des enfants viables. Et qu’est-ce que la jeune fille a mis dans le cercueil ? Une miche de pain…
La vendeuse lui fait voir la famille où vit son bébé de 7 mois (c’est fou le nombre de choses qui se sont passées en 7 mois !), et la jeune fille décide de laisser son enfant là où il est (apparemment, elle a oublié qu’il s’agissait de l’enfant d’un viol…).

Quand j’ai rendu le livre, la bibliothécaire m’a dit qu’il s’agissait d’un roman « jeunesse »… A espérer que les « jeunes » apprécient les coups de théâtre et les rebondissements dramatiques… même teintés d’une « légère » invraisemblance…