Archive pour le mot-clef ‘Statistiques’

Cocus, mais contents ?

Mercredi 30 octobre 2013

Enquête réalisée par le Nouvel Obs, à partir d’un sondage Viavoice auprès de plus de 5000 actifs : 73% des personnes interrogées se déclarent heureuses dans leur travail…

Les « grands gagnants » :

1. les cadres de la fonction publique (hors enseignants et professionnels de santé) : 90%

2. les agriculteurs : 86 %

3. les enseignants : 85 %

(Excusez-moi pour le titre provocateur… mais il s’est tellement imposé que je n’ai pu lui résister… bien que je n’aie jamais été fan de Sardou !)

J’avoue avoir été davantage surprise par le résultat des agriculteurs que par celui des enseignants… mais il est vrai que je n’ai quasiment aucune connaissance de cette profession…

Donc, disions-nous, les enseignants sont heureux dans leur métier…

Avec 2 gros bémols : les conditions matérielles… et la reconnaissance par les supérieurs !

Qui sont les supérieurs ? Essentiellement, des gestionnaires : chefs d’établissement, recteurs, ministres (je mets au pluriel, parce que, quand même, j’en ai « connu » beaucoup ! Et que chacun a tenu à faire sa propre réforme !)… Le terme de « gestionnaire » n’est pas ici péjoratif : mais qu’on reconnaisse qu’il y a quelques différences entre « gérer une classe », « gérer un établissement » et « gérer un ensemble de centaines – de milliers ! – d’établissements ».

Un enseignant sera « reconnu » par ses supérieurs, le plus souvent, parce qu’il s’inscrit dans une ligne fixée par lesdits supérieurs. Rarement pour ses qualités personnelles ou son travail avec ses élèves. D’autant que, hormis les directeurs du primaire, lesdits supérieurs n’ont parfois jamais fait face à une classe… De plus, le chef d’établissement a pour mission de répercuter les « consignes » venues d’en-haut… rarement du goût des enseignants… si bien que la grogne des enseignants contre les nouvelles données se traduit en affrontement contre la direction de l’établissement… Je pense notamment à ces conseils d’administration où l’on discute de la répartition des classes et des services : le rectorat donne une « enveloppe globale » d’heures à répartir (en suivant bien sûr un certain nombre d’obligations). Cette « enveloppe globale », que j’ai vue diminuer d’année en année en termes de H/E (c’est-à-dire heure par élève), est rarement du goût des enseignants, qui voient diminuer ou disparaître dédoublements et heures de cours… et augmenter le nombre d’élèves par classe ! Mais « l’administration » n’a pas d’autre choix que de « faire avec ce qu’on lui donne » ! D’où incompréhension mutuelle, affrontements et rancœurs…

Quant aux inspecteurs, si on les range dans les « supérieurs », eux aussi s’appliquent à se conformer aux directives qu’ils reçoivent, gardant pour eux leurs états d’âme, s’ils en ont ! Et se trouvent donc, le plus souvent, en décalage complet avec l’enseignant qu’ils viennent inspecter… sauf si ce dernier, par chance, applique scrupuleusement toutes les nouvelles manières de suivre le dernier programme en date et ses recommandations… C’est sans doute davantage le cas maintenant : les enseignants héritiers de 68, et donc peu enclins à courber l’échine devant supérieurs et nouveaux règlements, se raréfient forcément…

Le problème, entre autres, est qu’il est fort difficile d’évaluer la « compétence » d’un enseignant, même si ces « évaluations » ont lieu chaque année… J’ai connu une époque où la principale donnait les « bonnes classes » aux « bons professeurs » : excellent choix, vu que les résultats (au brevet, par exemple) étaient bien meilleurs dans ces classes que dans les autres… Mais… cela était-il dû aux élèves ou aux profs ??? Comment le savoir ???

La multiplication, ces dernières années, des tâches administratives dévolues aux enseignants (entre autres : appels et cahiers de textes numériques, qui obèrent le temps d’enseignement) permet, certes, d’évaluer sur ce point les enseignants… Mais est-ce vraiment là l’essentiel ?

Les enseignants, descendants des « hussards de la République », ont bien des choses à reprocher à la façon dont on les traite… Reconnus dès le début pour leur utilité (entre autres, pour assurer l’avenir de l’instruction publique, gratuite et obligatoire, mais aussi, très vite, pour donner des conseils d’hygiène et de vie, et toucher ainsi les parents par le biais des enfants), ils n’ont eu droit que tardivement à une « reconnaissance financière », toute relative… Certes, ils n’ont plus besoin d’assurer leur subsistance en remplissant, en outre, les fonctions de secrétaires de mairie… Mais tels adultes qui poussent de grands cris sur nos « privilèges » (vacances, par exemple !) cherchent pour leur progéniture d’autres métiers, plus gratifiants et rémunérateurs, que celui-là !

Bref, bref… Voici les résultats dudit sondage pour les enseignants :

Moyenne Enseignants Classement
% % (sur 23)
Globalement, dans le cadre de votre travail actuel, diriez-vous que vous êtes heureux ? 73 85 3
Activité professionnelle qui passionne 63 79 7
Reconnu par ses supérieurs (4 professions majoritairement non concernées) 35 31 15/19
Bonnes relations entre collègues 82 86 9
Conditions matérielles satisfaisantes 67 66 16
Travail non pénible 58 63 12
Travail non précaire 76 90 7
Travail utile à la société 79 91 3

Un peu de statistiques…

Vendredi 20 janvier 2012

Il y a longtemps que je ne vous ai pas fait part des statistiques de mon petit blog, réalisées par Google Analytics… Voici donc celles du mois écoulé…

Nombre de visites dans le mois

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Comme vous voyez, la semaine de Noël a été « dramatique » pour mon pauvre blog, qui avait vu son nombre de visites friser (et parfois dépasser) les 3000 dans le mois… La remontée sera dure !

L’autre « creux », plus récent… est celui du vendredi 13 ! Y a-t-il un risque particulier à se balader sur le net les vendredi 13 ??? Il faudra que je me renseigne…

Origine géographique des visiteurs

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Pas de surprises pour la répartition géographique de mes visiteurs : très majoritairement Français, assez nombreux de pays partiellement francophones. 15 visites tout de même des USA… Quant au Royaume-Uni… 10 visites pour une moyenne de 0 seconde passée sur le site… En principe, Google Analytics détecte les « robots » et ne les inclut pas dans les statistiques… Mais il y a peut-être eu une faille…

Sites m’ayant envoyé des visiteurs

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Grand merci à mes lecteurs… qui m’envoient de nouveaux lecteurs ! La palme en revient à Lucien, mais d’autres collègues m’ont envoyé un bon nombre de lecteurs… Contente de voir que Délit Maille m’a envoyé 12 lecteurs ! J’espère lui en avoir envoyé aussi !

Les visites en provenance de SOS… sont nettement moins nombreuses… et plus courtes : 0 seconde en moyenne !

Les pages les plus visitées dans le mois

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« Comment faire travailler un enfant??? » reste au hit-parade : 256 visites à cette page, dont une d’hier (commentaire auquel je dois répondre…). 30 commentaires sur cette page (dont la moitié environ sont mes réponses).

Je suis contente que ce modeste blog « marche »… sans pub ni FaceBook… Merci à vous, amis lecteurs ! En espérant que vous continuerez à me rendre visite ponctuellement…

Un peu de « bon sens » ???

Lundi 1 août 2011

Je vous ai déjà parlé de ce « florilège » réalisé par le SNES à partir des témoignages de collègues au sujet du Brevet… J’ai eu beaucoup de mal à faire des choix dans ce corpus, qui vaut la peine d’être lu en entier !

- Dans un collège des Hautes Alpes (05) : la validation a été faite toute l’année sur Pronote mais les collègues ont appris le 24 mai que la validation sur Pronote n’était pas valable et qu’il fallait tout recommencer sur Notanet pour… le lendemain, dernier délai.

- Dans un collège de Saône et Loire (71), le conseil pédagogique a décidé que les items étaient répartis entre les disciplines mais que chacun faisait ce qui lui plaisait et qu’un enseignant pouvait invalider un item validé par un autre : c’est donc le dernier collègue qui est « passé » qui a eu le dernier mot.

- Dans l’académie de Montpellier, les IPR d’EPS prodiguent une page et demie de conseils aux enseignants d’EPS sur leur participation à la validation de la « compétence » n° 1 (maîtrise de la langue française) et … 3 lignes sur les deux items spécifiques à l’éducation physique !

- Entendu dans un collège de Guyane (973) :
Professeur d’EPS : Comment renseigner l’item « savoir nager » alors que les élèves de la classe n’ont pas eu piscine ?
Chef d’établissement : Pour ne pas les pénaliser, il suffira de demander aux élèves s’ils savent nager.

- Dans un collège de la Marne (51), un IPR a expliqué que l’on pouvait valider l’item « faire preuve d’initiative » si on voyait un élève ramasser les dictionnaires dans la classe.

Après une représentation particulièrement réussie de la chorale, un chef d’établissement est allé voir le professeur d’éducation musicale, a omis de la féliciter mais lui a fait remarquer : « Vous allez pouvoir valider plein d’items avec ça. »

- Dans un collège du Nord (59), le chef d’établissement a demandé que le socle soit validé pour tous les élèves, sauf ceux qui ont cumulé des problèmes « sérieux » dans le travail et dans la conduite (liste à établir avec les équipes pédagogiques).

- Entendu lors de l’audience du 26 mai 2011 obtenue au ministère à propos du LPC
SNES : Les enseignants de français ne se retrouvent pas dans un LPC où leur discipline est éclatée en plusieurs piliers et où la « compétence » n° 1 (maîtrise de la langue française) peut être validée par un professeur de n’importe quelle discipline.
Conseiller du ministre : Le fait que tout professeur de quelque discipline que ce soit puisse valider la « compétence » 1 est une avancée. Tous les professeurs disent en effet que les élèves qui ne maîtrisent pas le français rencontrent des difficultés dans les autres disciplines. Tous les enseignants sont donc amenés à enseigner le français (sic !) et à valider la maîtrise de la langue par les élèves.

Le ministère ne confondrait-il pas l’utilisation de la langue et son enseignement ?

- Entendu dans un collège de Seine-Saint-Denis (93) :
Professeurs : Comment savoir si une compétence est vraiment acquise ?
Administration : Eh bien, c’est simple, il suffit d’appliquer la règle des 3 fois.
Professeurs : [surprise générale]
Administration : Mais si, c’est simple ! Un élève qui dit bonjour trois fois a ses items « interaction » et « prise d’initiative » validées dans les piliers 6 et 7.

Administration : Comme nous ne consacrerons que 2 heures par classe pour établir le niveau d’acquisition des compétences, il va falloir aller à l’essentiel, j’ai donc décidé que tous les élèves avec au moins 12 de moyenne auront leur socle validé.

- Dans un collège du Puy de Dôme (63), le chef d’établissement a validé le socle pour tous les élèves et demandé aux enseignants de « dé-valider » ensuite les élèves posant « problème », ce qu’ils ont refusé de faire.

- Dans un collège du Gers (32), où le chef d’établissement a validé tous les élèves derrière les enseignants, un élève qui avait eu 2 de moyenne en anglais a eu son niveau A2 validé dans cette langue.

- Dans un collège de la Meurthe et Moselle (54), le chef d’établissement convoque depuis plusieurs années les profs de LV dans son bureau et les « cuisine » jusqu’à ce qu’ils acceptent de valider le niveau A2 de certains élèves faibles, en leur tenant des propos culpabilisants du style : « Si l’élève n’a pas le niveau, c’est que vous n’avez pas fait votre travail d’enseignant. Qu’avez-vous fait pour aider cet élève ? ».

- Dans un collège du Val d’Oise (95), le chef d’établissement a validé lui-même les items en se basant sur les résultats du brevet blanc.

- Entendu dans un collège de Seine et Marne (77) :
Professeur principal : huit items sur seize, cela fait 50%, on peut donc valider la « compétence » ?
Chef d’établissement : Oui bien sûr… Normalement, il faut 80% des items pour valider une compétence, mais c’est élastique.

- Dans un collège de l’Aube (10) : les équipes ont eu 3 semaines pour remplir les grilles mais il n’y a pas eu de réunion de concertation. Le chef d’établissement a ensuite réuni les professeurs principaux de 3ème un midi et leur a suggéré d’atteindre 90 % d’élèves validés (consignes de l’IA) et de ne pas valider les élèves dont tout le monde était sûr qu’ils n’auraient pas le brevet, afin de « garder une certaine crédibilité ».

- Dans un collège de la Haute Savoie (74), le chef d’établissement a demandé que les professeurs principaux ne dépassent pas « 3 ou 4 élèves maximum par classe » pour lesquels le socle ne serait pas validé.

- Dans un collège du Var (83), le chef d’établissement a déclaré : « il ne faut pas dépasser les 15% d’échec car c’est gênant pour les statistiques que l’on remonte au rectorat ».

- Dans l’académie de Mayotte (976), une IPR d’anglais a fait passer par écrit des consignes aux principaux de collèges pour que le niveau A2 en anglais soit validé pour un nombre plus important d’élèves.
Extraits du courriel qu’elle a envoyé le 4 avril : « Le niveau faible de beaucoup d’élèves et par conséquent le faible taux de validation du A2 les années précédentes, a placé l’académie dans une position très peu avantageuse … J’en appelle à votre pouvoir de persuasion pour amener les enseignants à comprendre que le niveau A2 est juste ce que l’on appelle le ‘niveau de survie’ qui correspond à l’expression ‘grand débutant’, et que c’est un niveau ‘socle’ … J’ai noté une certaine amertume chez les enseignants quand vous validez contre leur gré, mais vous avez ce pouvoir. Permettez-moi de vous signaler toutefois qu’il serait souhaitable de ‘négocier’ avec eux sur la base des considérations ci-dessus. Je compte sur vous pour les convaincre du bien-fondé de vos décisions afin qu’ils accueillent avec plus d’enthousiasme ces nouveaux modes d’évaluation et qu’ils leur accordent plus de crédit…. » .

- Dans un collège du Gard (30), un professeur de Français aboutit à la non validation de la « compétence » n° 1 pour près de 30% de ses élèves. Considérant que cela perturbait « ses quotas », le chef d’établissement a repris l’évaluation du collègue afin d’obtenir un résultat plus conforme à « l’objectif de performance assigné à l’établissement ».

Florilège sur l’épreuve orale d’histoire des arts

- Dans un collège du Gard (30), le chef d’établissement a imposé les consignes de notation suivantes : mettre entre 10 et 12 à ceux qui présentaient quelque chose de « pas terrible », entre 12 et 14 à ceux qui avaient un peu travaillé… et ainsi de suite jusqu’à 19.5 (car il a décidé que la note de 20 sur 20 n’était pas possible)

- Dans un collège de la Moselle (57), des jurys ont été composés de professeurs d’EPS et technologie qui n’avaient pas participé à l’enseignement d’histoire des arts. Les notes ont par ailleurs été communiquées aux élèves dès le lendemain des oraux.

- Dans un collège des Yvelines (78), le chef d’établissement a relevé « à vue de nez » les seules notes des élèves qui avaient des chances d’obtenir le DNB.

- Dans un collège de la Vienne (86), les enseignants ont été contraints, lors de l’harmonisation des notes, de mettre la moyenne à tout le monde, même si certains élèves avaient dit des inepties.

- Dans un collège de l’Essonne (91), le chef d’établissement a modifié, sans convoquer de réunion d’harmonisation, certaines notes attribuées par 3 des 4 jurys au motif que les notes attribuées par le 4ème jury avaient été bien supérieures.

- Dans un collège du Puy de Dôme (63), 4 jurys ont fait passer l’oral avec la même grille d’évaluation après harmonisation, en appliquant les recommandations d’une IPR venue expliquer ce qui était attendu lors de l’épreuve orale. Mais le principal adjoint a déclaré, lors des conseils de classe, qu’il avait dû gonfler les notes de vie scolaire pour contre-balancer « la catastrophe nucléaire des résultats de l’Histoire des Arts » (sic).

* * *

On pourrait conclure de ces extraits que les chefs d’établissement font parfois n’importe quoi… Ce serai oublier qu’ils sont, comme les Inspecteurs Pédagogiques, soumis à des « obligations de résultats » dont dépendent non seulement leur carrière, mais aussi les dotations horaires pour leur collège… Si le ministère a décidé qu’il fallait au moins 80% de « réussites », les établissements qui ne respectent pas ce taux risquent fort d’être « mal notés »… et d’en subir les conséquences du point de vue « moyens » octroyés (suppression de postes, augmentation du nombre d’élèves par classe, suppression d’options…).

Le « Brevet » n’a plus rien d’un examen : c’est un outil de chantage entre le ministère et les personnels de l’Éducation dite « Nationale »… qui n’a de « Nationale » que l’obligation de correspondre aux statistiques prédéfinies !

Petit problème d’arithmétique…

Dimanche 5 juin 2011

Tiens, aujourd’hui, je vous propose un petit problème (n’étant pas très forte en math, je préfère avoir votre avis sur la question) :

Soit 14 300 personnes qui mangent au Mac Do. 13 000 ont pris des frites (dont 6 % avec du ketchup), 1 300 des pâtes dont 11 % avec du ketchup).
Peut-on en déduire que :

- 2/3 (environ) de ceux qui ont pris du ketchup mangent des pâtes ?

- 2/3 (environ) des mangeurs de pâtes prennent du ketchup ?

* * *

Un élève, Claude G., a répondu oui aux deux questions : qu’en pensez-vous ? Quelle note lui auriez-vous attribuée ?

* * *

Qu’est-ce qui me prend d’aller faire un problème de math ? C’est encore à cause de Lucien !

Il me renvoie à plusieurs articles de Libé :

Immigrés : Guéant en échec scolaire

On n’arrête plus Claude Guéant. Après avoir dénoncé le «problème» de l’accroissement des musulmans en France, après avoir annoncé la limitation de l’immigration de travail, le ministre de l’Intérieur diagnostique désormais le fiasco de l’intégration à la française. Sur Europe 1, Guéant déclarait ainsi dimanche : «Contrairement à ce qu’on dit, l’intégration ne va pas si bien que ça : le quart des étrangers qui ne sont pas d’origine européenne sont au chômage, les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec d’enfants d’immigrés.»

Eh oui ! Notre petit élève qui mélange un peu les chiffres, c’est notre Ministre de l’Intérieur !


Guéant s’enfonce à pas de géant

Le dimanche, Guéant déclare que deux tiers de l’échec scolaire en France est imputable aux immigrés. Le mercredi, il affirme que les deux tiers des enfants d’immigrés sont en échec scolaire. A part le fait de suggérer que les enfants d’immigrés réussissent mal à l’école, il n’y a aucun rapport entre les deux affirmations.

Et il explique sa démarche « mathématique », notre « cancre » :

«L’étude de l’Insee […] précise que les enfants de familles immigrées sortent presque deux fois plus souvent du système éducatif sans qualifications que les autres. […] Cette conclusion vient forcément soit de chiffres exhaustifs, soit d’un échantillon qui se divise en trois tiers. Par conséquent, j’ai correctement cité l’étude en déclarant que les 2/3 des enfants qui sortent de l’école sans qualification sont des enfants de familles immigrées.»

J’ai parcouru rapidement (trop rapidement sans doute) l’étude de l’INSEE de 2005 sans trouver les chiffres indiqués. Je me suis donc reportée au Rapport au Premier ministre pour l’année 2010 : Les défis de l’intégration à l’école

… qui cite bien les chiffres indiqués (« Les enfants de famille immigrée sortent aussi presque deux fois plus souvent du
système éducatif sans qualification (11% contre 6% pour les non immigrés) ».) et précise dans l’introduction :

« En 2005, la proportion de jeunes de 0 à 18 ans d’origine immigrée (au moins un parent immigré) est de 18,1% »

Et plus loin :

« Deux tiers des élèves immigrés ou issus de l’immigration vivent dans des familles aux actifs ouvriers et employés contre un peu plus de la moitié pour les non-immigrés:6 (66% contre 53%). »

Car le rapport, bien loin de jeter le discrédit sur l’intégration des enfants immigrés (ou d’immigrés), pointe plutôt les problèmes sociaux que ce constat d’échec dénonce :

Les conditions socio-démographiques du milieu dans lequel vivent les enfants d’immigrés influent sur leur scolarité et leurs parcours scolaires. Rappelons ici que plus des deux tiers appartiennent à une famille ouvrière et employée contre moins d’un tiers pour les non immigrés. Les parents sont moins souvent diplômés : plus de 58% ont un père non diplômé et 62% une mère non diplômée, contre 12% et 14% des non immigrés.
Près des deux tiers des élèves immigrés (63%) vivent dans une famille d’au moins quatre enfants, contre moins d’un sur cinq chez les non immigrés.
Notons enfin que ces élèves sont plus souvent scolarisés en zone d’éducation prioritaire : près d’un sur trois (31%), contre moins d’un sur dix (8,5%) quand les parents ne sont pas immigrés.

[...]

La moindre réussite des enfants d’immigrés à l’école serait donc due pour une très large part au milieu socio-économique, familial, culturel et territorial dans lequel ils vivent. Et si l’on compare les résultats scolaires des enfants d’immigrés à sexe, structure, taille de la famille, diplôme, activité et catégorie socioprofessionnelle des parents comparables avec les élèves non immigrés, leur moindre réussite scolaire s’atténue fortement. Les risques de redoublement à l’école primaire, comme les écarts de performance aux épreuves d’évaluation sont plus ténus. Dans l’enseignement secondaire, à situation sociale, familiale et scolaire comparables, les enfants d’immigrés atteignent plus fréquemment une seconde générale et technologique, obtiennent plus souvent le bac général et technologique sans avoir redoublé et sortent moins souvent sans qualifications que les enfants de personnes non immigrées. Ce constat reflète, toutes choses égales par ailleurs, reflèterait des demandes et des perspectives familiales plus ambitieuses en termes d’orientation.

Nous voilà bien loin de la lecture (hâtive ? mal intentionnée ?) du ministre… qui aurait bien besoin d’un peu de soutien scolaire !

Les affaires reprennent !

Vendredi 16 avril 2010

Non, non, je ne parle pas ici de la reprise économique (?) qui ne concerne généralement que les banquiers, d’ailleurs… Ni des Affaires qui éclaboussent l’Église catholique (le scandale des prêtres pédophiles est diversement évoqué ici ou là) ou notre Couple Présidentiel (je viens de lire quelques articles à ce sujet… qui m’ont fait penser à une cour de récréation : « T’es pus ma copine ! – Mais si, je suis toujours ta copine ! – Bon, d’accord, t’es encore ma copine… »… à ce léger détail près qu’on ne parle pas, en cour de récréation, d’écoutes illégales…).

Non, je parle tout simplement (et de manière très égocentrique !) de mon petit blog…

Et quand je dis « les affaires reprennent », n’en déduisez pas que je gagne de l’argent en vous écrivant mes Pensées (mais non, je ne me prends pas pour Pascal !) : mon blog me coûte de l’argent (un peu), mais ne m’en rapporte pas (du tout) !

Je fais simplement allusion au nombre de vos visites du mois écoulé. Après le Désert traversé le mois précédent, c’est très réconfortant de voir que vous êtes revenus me voir ! Car j’ai frôlé le 0 absolu, entre le 17 février et le 17 mars ! Et vous conviendrez que, pour un prof, c’est tout de même une sacrée mauvaise note ! (voir les billets sur les notes, justement…)

1142 visites, donc, du 18 mars au 15 avril ! Certes, je n’atteindrai sans doute pas les records de plus de 2000 visites comme l’an dernier : n’écrivant plus que 2 ou 3 fois par semaine, je ne peux espérer être autant lue que lorsque j’écrivais tous les jours !

Mais, repartant de 0, je n’osais imaginer retrouver si vite un « auditoire » !

Merci à vous, amis lecteurs !

Injustes notes… (suite de suite)

Jeudi 8 avril 2010

Vous vous souvenez ? J’étais partie d’un article du Nouvel Obs (25-31/03) sur la notation en France, « une absurde loterie ». Pour plus de précisions : rubrique « Entreprendre », surtitre « Les dessous de l’orientation », chapeau « Voilà un siècle et demi qu’on évalue les élèves de façon inefficace et arbitraire. Mais il ne faut surtout pas le dire… »

Je reviendrai tout à l’heure sur ce « chapeau » (pour ceux qui l’ignorent, le « chapeau » d’un article est un « condensé » de quelques phrases, entre titres et article, marqué par une typographie différente). Pour l’instant, je veux « m’attaquer » au dernier facteur cité (en fait, il est cité en premier) comme faussant la notation :

« - La « cloche de Gauss », dite « effet Posthumus ».
Un enseignant tend toujours, de façon mécanique, à ajuster les notes au sein de chaque classe, quel que soit le niveau des élèves, pour les répartir en forme de « cloche » : très peu de notes extrêmes, beaucoup de notes moyennes. »

Alors là… je voudrais bien savoir qui a inventé cette propension « mécanique » à respecter une « loi statistique » ! J’ai connu un prof, en effet, qui avait cette religion, et qui a vainement essayé d’y convertir ses collègues. Selon lui, les notes DEVAIENT suivre cette fameuse courbe, et si elles ne la suivaient pas, c’est que les profs notaient MAL… Je veux bien croire que, statistiquement, cette courbe reflète globalement un ensemble de notations. De là à l’ériger en principe a priori… c’est renverser l’ordre des choses, marcher sur la tête… et consacrer le culte de la Sacro-Sainte Statistique !

Statistiquement, un faible pourcentage (j’ai oublié le chiffre !) d’enfants ayant redoublé leur CP parviennent jusqu’au Bac : alors, faut-il leur interdire l’accès au lycée ? Mais… j’en ai connu, moi, de ces « redoublants du CP », qui ont passé des maîtrises, des CAPES… et même des doctorats !

On pourrait, d’ailleurs, tenir compte de ces mêmes statistiques pour l’orientation des élèves : tel milieu socio-culturel ne produisant que peu de bacheliers, autant interdire aux enfants de ce milieu d’aller au lycée…

Les statistiques se font après, pas avant ! C’est un non-sens !

Si, statistiquement, les enfants marchent à un an (admettons, je ne vais pas rechercher les chiffres !), que ferez-vous si votre enfant de 10 mois veut marcher ? Vous l’attachez sur sa chaise en attendant qu’il ait un an ? Et si, à un an, il ne marque aucune velléité de station debout ? Vous l’attachez debout ?

Si, statistiquement, les enfants marchent à un an… c’est qu’il y en a un certain nombre qui marchent avant un an, et d’autres qui marchent après un an ! On a tendance à confondre statistique et normalité…

C’est d’ailleurs aussi ce principe qui est défendu pour éviter les redoublements (sauf que maintenant, on a en plus l’argument de « combien ça coûte, un redoublement » !) : un pourcentage important de redoublements ne « servirait » à rien. Bon. Il faudrait savoir un peu ce que signifie « servir », ici ! Peut-être l’enfant n’a-t-il pas amélioré ses scores, mais peut-être est-il mieux dans sa peau ?

J’ai déjà parlé des redoublements : ce n’est pas une potion magique, je suis bien d’accord ! J’ai rencontré des « redoublants » qui avaient bien profité de cette année supplémentaire, et d’autres qui n’en avaient apparemment pas tiré grand chose. Maintenant, qu’au nom de la Statistique on interdise à tel élève bien particulier de redoubler, de tenter de combler ses déficits, cela me révolte ! On n’a pas à se conformer à la statistique ! Si, statistiquement, les sites Internet les plus fréquentés (je l’ai encore lu récemment) sont ceux de pornographie, est-ce que je suis obligée d’aller sur ces sites pour être « normale » ???

Bon, pour en revenir aux notes, je ne crois pas du tout que les enseignants tentent « d’équilibrer » les notes d’une classe selon une courbe ! Sauf, évidemment, si on leur a appris que c’était obligatoire ! Pratiquement tous les profs que j’ai connus (et j’en ai connu quand même pas mal !) se réjouissent d’avoir un nombre important de « bonnes notes » ! Logique, d’ailleurs : d’une certaine façon, cela montre qu’ils ont bien « fait leur boulot » ! A l’inverse, un nombre important de « mauvaises notes » les conduit à se poser des questions sur leur enseignement…

Quant à cette « tendance mécanique »… on oublie qu’un enseignant est face à UNE copie, et qu’il réagit à cette copie. Il n’a pas en tête une courbe quelconque des notes qu’il a déjà attribuées pour « moduler » sa notation ! Il y a différents facteurs qui interviennent, je l’ai dit précédemment, mais penser qu’un enseignant évalue une copie en fonction de règles statistiques, c’est ne rien connaître de ce métier !

Je pensais épuiser le sujet aujourd’hui… mais non, il faudra que j’y revienne prochainement…

1949 !

Jeudi 11 juin 2009

Décidément, je suis dans une période chiffres (les moyennes à faire pour les conseils de classe ???).

Mais je ne peux quand même pas passer sous silence celui-ci :

1949 !

Ceux qui ont plus ou moins suivi ce blog ont trouvé que…

c’est l’année de ma naissance !

Bravo ! Un bon point !

Mais c’est aussi le nombre de visites, à cette heure, depuis le 11 mai (ça aurait été encore mieux si c’était tombé dimanche dernier, mais bon…)

La preuve par l’image :

Et tiens, pendant qu’on est dans les statistiques :

6996 visites depuis le 29/11, date à laquelle j’ai basculé mon blog sur blogdeprof. fr.

La preuve par l’image :

Auxquelles (visites) il faudrait ajouter les 490 sur l’ancien site…

Le dinosaure ne se porte pas trop mal, après tout…

Pourquoi je parle de dinosaures ? C’est suite au dernier commentaire… dont l’auteur m’envoie paître parmi ces gentilles bestioles…

A croire que « la modernité », ce sont les plus jeunes qui l’ont inventée…

Question bête : ce « jeune » a sans doute découvert tout seul l’utilisation de l’informatique ? Jamais quelqu’un de plus âgé (prof ou parent, par exemple) ne lui a montré comment se servir d’un ordinateur ?

S’il n’y avait pas eu quelques « dinosaures » pour s’y intéresser et, dès les années 80, conduire leurs classes à utiliser ce nouvel outil… il aurait bonne mine, le « jeune » !

Ben oui, quoi : l’avantage de l’espèce humaine, c’est qu’elle transmet ses connaissances à la génération suivante… qui n’a pas à réinventer la roue…

Statistiques…

Jeudi 2 avril 2009

Je ne suis pas très bavarde avec vous en ce moment, j’avoue… C’est qu’il y a « quelques petites choses » à faire pour l’achat de la maison, et que, d’autre part, toutes ces émotions m’épuisent !

Ce n’est pourtant pas le moment de me relâcher, car mon blog reçoit de plus en plus de visites… Plus de 1100 pour le mois de mars, environ 32 visites par jour ! Je commence à me demander si je vais vraiment abandonner avec la retraite !

Il y a tout de même quelques « indésirables » (robots ? spammeurs ?) parmi mes visiteurs… qui laissent parfois quelques curieux commentaires…

Je n’ai pas encore reçu la visite de vendeurs de viagra ou autres merveilles. A vrai dire, je ne sais pas très bien ce que vendent mes « visiteurs du 3ème type »… Je ne peux vous en donner un exemple précis, car je les ai détruits, mais cela ressemble à quelque chose du genre : « pwxfryudsrta fpremtamchrtyqde svtirymwkscixg »… Si cela a un sens, il se cache dans une langue que j’ignore…

Mais depuis peu, j’en reçois en français (j’en ai d’ailleurs laissé passer un) du style « Super votre blog ! Depuis le temps que j’espère voir traiter ce sujet ! » ou « Bravo pour votre tuto, très clair ! »

Très sympathiques, ces messages ! Bon, d’accord, sans aucun rapport avec ce que j’écris (vous avez déjà vu des tutos sur ce blog, vous ?), mais lisibles et gentils, c’est déjà ça !

Quant aux liens qu’ils contiennent, français ou pas… je ne me risque pas à les suivre !

J’essaierai de penser à en garder un ou deux la prochaine fois, pour vous montrer « en vrai »…

Statistiques

Samedi 28 février 2009

Je vous fais profiter des dernières statistiques de mon blog…

Cliquez sur les images pour les agrandir.

Du 28 janvier au 28 février

Du 28 janvier au 28 février

avec un peu de géographie…

Blog international ?...

Blog international ?...

Et : je pense avoir terminé mon site…

Statistiques…

Vendredi 20 février 2009

Mais oui, je suis accro aux statistiques de Google ! Et je n’ai pas honte de le dire, chers lecteurs et lectrices ! Vous étiez 35 hier à me lire, et j’en suis fort aise !

Je ne suis pas contre les statistiques d’une façon générale, je m’oppose à l’utilisation qui en est faite, ce qui est très différent !

Par exemple, la dernière « lettre » de notre recteur précisait, dans un petit cadre, que 6% des enfants d’enseignants redoublaient la 6ème, beaucoup moins que les cadres, les employés et ouvriers…

Je ne me souviens plus des intitulés exacts ni des autres chiffres… et je viens de voir que, sur le bulletin en ligne, ne figure pas cet encadré…

Que veut-on dire avec ce genre de statistiques ? Que les enseignants savent que le redoublement est inutile ? Qu’étant « du sérail », ils peuvent facilement convaincre leurs collègues ? Qu’un professeur ne se permet pas de faire redoubler l’enfant d’un collègue ? Mais alors, pourquoi 6 % ? Cela fait beaucoup, quand même, sur le nombre d’enseignants ?

Que les enfants de cadres redoublent moins souvent la 6ème que les enfants d’ouvriers… je ne vois pas très bien qui cela peut étonner… L’école est-elle censée gommer les différences socio-culturelles ? Elle peut – et doit – remédier autant que possible au déficit culturel de certains, mais ne pourra jamais faire que tous les enfants d’ouvriers « rattrapent » ceux qui ont été bercés dans un milieu beaucoup plus favorisé à tous points de vue !

Non, il est évident que cette mise en première ligne des enseignants vise avant tout les enseignants : « Vous voyez, les profs font redoubler vos enfants, mais ils se gardent bien de faire redoubler les leurs ! »

La campagne contre le redoublement est de plus en plus pressante : j’ai cru comprendre que « cela ne se faisait pas » dans d’autres pays européens. Mais le premier argument qui a été donné, il y a plusieurs années, c’est le coût pour l’État, et je crois que c’est le seul vrai argument…

Je ne suis ni pour, ni contre le redoublement. Quand un enfant semble avoir une intelligence « normale », qu’il a montré au long de l’année une volonté de bien faire sans obtenir les résultats correspondant à ses efforts, que nous n’avons pas réussi à le « mettre au niveau » de la classe supérieure, alors, je pense que, peut-être, le redoublement peut lui permettre de progresser suffisamment pour suivre une scolarité « normale ». Qu’il soit fils de cadre supérieur ou d’ouvrier au chômage n’intervient pas dans mon avis, ni dans celui de l’énorme majorité de mes collègues.

Ce n’est évidemment pas une « solution miracle » : nous connaissons tous des enfants pour qui le redoublement a été une perte de temps, voire un échec total. Mais nous en connaissons tous aussi qu’un redoublement a « remis sur les rails », et qui ont continué leurs études sans problèmes.

Quant au fait de devoir, pour un établissement scolaire, se conformer au « pourcentage autorisé » de redoublements, c’est à mon avis une aberration totale ! On ne décide pas d’un redoublement ou d’un passage parce qu’une autorité a décidé que, cette année, on n’avait droit qu’à 10% de redoublants (chiffre au hasard) ! Envoyer un enfant au casse-pipe uniquement pour faire plaisir aux statistiques, cela me révolte !

Les solutions qui ont existé au fil des années permettant de créer des classes à faibles effectifs étaient peut-être une meilleure réponse au problème. Mais elles aussi coûtaient trop cher, et ont été supprimées, les unes après les autres. Et on n’a pas encore inventé les super-profs qui, dans une classe de 30 élèves, font rattraper aux plus faibles leur retard, progresser les moyens et permettent aux plus forts d’approfondir leurs connaissances.

Demain, peut-être ?