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Statistiques…

vendredi, février 20th, 2009

Mais oui, je suis accro aux statistiques de Google ! Et je n’ai pas honte de le dire, chers lecteurs et lectrices ! Vous étiez 35 hier à me lire, et j’en suis fort aise !

Je ne suis pas contre les statistiques d’une façon générale, je m’oppose à l’utilisation qui en est faite, ce qui est très différent !

Par exemple, la dernière « lettre » de notre recteur précisait, dans un petit cadre, que 6% des enfants d’enseignants redoublaient la 6ème, beaucoup moins que les cadres, les employés et ouvriers…

Je ne me souviens plus des intitulés exacts ni des autres chiffres… et je viens de voir que, sur le bulletin en ligne, ne figure pas cet encadré…

Que veut-on dire avec ce genre de statistiques ? Que les enseignants savent que le redoublement est inutile ? Qu’étant « du sérail », ils peuvent facilement convaincre leurs collègues ? Qu’un professeur ne se permet pas de faire redoubler l’enfant d’un collègue ? Mais alors, pourquoi 6 % ? Cela fait beaucoup, quand même, sur le nombre d’enseignants ?

Que les enfants de cadres redoublent moins souvent la 6ème que les enfants d’ouvriers… je ne vois pas très bien qui cela peut étonner… L’école est-elle censée gommer les différences socio-culturelles ? Elle peut – et doit – remédier autant que possible au déficit culturel de certains, mais ne pourra jamais faire que tous les enfants d’ouvriers « rattrapent » ceux qui ont été bercés dans un milieu beaucoup plus favorisé à tous points de vue !

Non, il est évident que cette mise en première ligne des enseignants vise avant tout les enseignants : « Vous voyez, les profs font redoubler vos enfants, mais ils se gardent bien de faire redoubler les leurs ! »

La campagne contre le redoublement est de plus en plus pressante : j’ai cru comprendre que « cela ne se faisait pas » dans d’autres pays européens. Mais le premier argument qui a été donné, il y a plusieurs années, c’est le coût pour l’État, et je crois que c’est le seul vrai argument…

Je ne suis ni pour, ni contre le redoublement. Quand un enfant semble avoir une intelligence « normale », qu’il a montré au long de l’année une volonté de bien faire sans obtenir les résultats correspondant à ses efforts, que nous n’avons pas réussi à le « mettre au niveau » de la classe supérieure, alors, je pense que, peut-être, le redoublement peut lui permettre de progresser suffisamment pour suivre une scolarité « normale ». Qu’il soit fils de cadre supérieur ou d’ouvrier au chômage n’intervient pas dans mon avis, ni dans celui de l’énorme majorité de mes collègues.

Ce n’est évidemment pas une « solution miracle » : nous connaissons tous des enfants pour qui le redoublement a été une perte de temps, voire un échec total. Mais nous en connaissons tous aussi qu’un redoublement a « remis sur les rails », et qui ont continué leurs études sans problèmes.

Quant au fait de devoir, pour un établissement scolaire, se conformer au « pourcentage autorisé » de redoublements, c’est à mon avis une aberration totale ! On ne décide pas d’un redoublement ou d’un passage parce qu’une autorité a décidé que, cette année, on n’avait droit qu’à 10% de redoublants (chiffre au hasard) ! Envoyer un enfant au casse-pipe uniquement pour faire plaisir aux statistiques, cela me révolte !

Les solutions qui ont existé au fil des années permettant de créer des classes à faibles effectifs étaient peut-être une meilleure réponse au problème. Mais elles aussi coûtaient trop cher, et ont été supprimées, les unes après les autres. Et on n’a pas encore inventé les super-profs qui, dans une classe de 30 élèves, font rattraper aux plus faibles leur retard, progresser les moyens et permettent aux plus forts d’approfondir leurs connaissances.

Demain, peut-être ?