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Travaux de groupes

samedi, octobre 30th, 2010

J’ai déjà raconté comment, confrontée pour la première fois en Fac aux nécessités et difficultés du travail en groupe, j’avais décidé que cet apprentissage devait se faire au plus tôt et qu’il m’appartenait, à moi, future prof, d’y sensibiliser mes futurs élèves.

« De mon temps », il n’était nullement question de travailler en groupes, d’une manière ou d’une autre. La relation d’apprentissage était claire : maître -> élève, et toute collaboration avec un ou plusieurs autres élèves était bannie, voire honnie sous les termes de « tricherie » ou « copie ». Nous n’étions pas en classe pour établir des relations avec nos pairs, mais pour assimiler et régurgiter les enseignements du maître.

(Encore une fois, ce n’est pas là critique négative de ma part : les objectifs de l’enseignement varient selon les époques et selon la vision qu’en ont les politiques, en fonction d’une situation particulière.)

J’ai donc, dès ma première année d’enseignement (j’avais 20 ans), commencé à faire pratiquer dans mes classes le travail de groupes. Et j’ai appris, au fil des ans, à aider mes élèves dans ce difficile apprentissage.

Pourquoi le travail de groupes ?

D’abord, parce que nous vivons dans une société où il est indispensable de travailler avec d’autres : dans nos métiers, mais aussi dans les associations, syndicats, groupes politiques ou religieux… Nous ne sommes plus dans un monde où seuls quelques « esprits éclairés » avaient pouvoir de décision ; nous avons – globalement – un certain niveau de connaissances et de réflexion qui nous permettent de prendre connaissance d’une question, d’y réfléchir, et de discuter de la réponse à y apporter. Et ce n’est pas forcément la personne la plus instruite qui trouvera la meilleure solution. Il est donc indispensable de savoir écouter et comprendre la parole des autres, de réfléchir à ses implications, de la comparer à notre propre pensée, de trouver points communs et divergences. Le but n’étant plus d’imposer une idée, mais de trouver, ensemble, la meilleure possible.

Cette mise en relation étant très difficile (il faut parvenir à faire abstraction de soi le temps de réfléchir à la parole de l’autre… et relativiser sa propre pensée), un apprentissage est donc nécessaire… et le plus tôt est le mieux, compte tenu du fait que notre caractère s’affirme au fil des ans, nous rendant de moins en moins malléables… et de plus en plus imperméables à la pensée des autres…

Ensuite, il faut savoir que l’enseignant n’est pas tout-puissant : j’entends par là que, quels que soient sa formation, sa motivation, ses qualités de pédagogue, il peut échouer à faire comprendre telle notion (consigne,…) à un élève. Mais qu’un autre élève, mieux au coeur du problème de la compréhension, parviendra à expliquer clairement à son camarade la notion ou la question.

La mise en relations imposée par le travail de groupes bénéficie généralement à l’ambiance de la classe. Le rapport (de force !) maître-élève s’efface devant un autre type de rapports, plus égalitaire… et l’élève a (enfin !) droit à la parole.

Suivant la nature du travail demandé, travailler en groupes permet de travailler plus vite, ou de réaliser un travail quasiment impossible à un élève seul.

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Voilà quelques pistes de réflexion que j’ai suivies au cours de ces quarante années d' »exercice ». J’y reviendrai un autre jour…

Travaux de recherches

mercredi, janvier 21st, 2009

Aujourd’hui, les 5èmes ont travaillé au CDI (pour les non-initiés : « centre de documentation et d’information »… anciennement « bibliothèque scolaire »).

L’étude du trimestre portant sur les fabliaux du Moyen-Age, j’ai demandé aux élèves de constituer des groupes, et de choisir un thème d’études (sur une liste) portant sur la vie au Moyen-Age. J’ai prévu deux séances de 2 heures (espacées dans le temps pour permettre des recherches complémentaires en dehors des cours) et, en fin de trimestre, des exposés à partir des recherches opérées.

Il a fallu que j’insiste à nouveau sur le fait que je ne relèverai pas le travail écrit, mais que seul le travail oral sera noté. En effet, il arrive souvent que les élèves aient déjà réalisé des « exposés »… qui sont en fait des dossiers, contenant textes et illustrations.

J’ai distribué à chaque groupe des documents, issus d’un « dossier » du site de la BNF. Quelques élèves, assez fiers, sont venus me montrer les livres qu’ils avaient apportés, venant de chez eux ou de la bibliothèque municipale de leur commune (ils viennent de 5 communes différentes). Une élève avait déjà, hier soir, pris des notes sur des documents qu’elle avait trouvés sur Internet…

Dans l’ensemble, ils se sont mis assez vite au travail : je veux dire à lire et à écrire… et non pas « simplement » sortir des livres des étagères et tourner les pages. Je n’ai vu aucun livre « hors sujet » sur une table. En effet, souvent, pressés de trouver des documents, des élèves « raflent » des livres « au hasard », bien qu’aucun chapitre ne concerne leur recherche précise. J’ai tout de même demandé à un groupe d’aller ranger un livre ou deux : pour 4 élèves, 4 livres en plus des documents que je leur avais fournis, me semblaient largement suffisants ! Inutile de thésauriser…

Un groupe travaillant sur « commerçants et artisans » voulait des illustrations d’outils et ne les trouvait pas. Deux élèves se sont installées devant un ordinateur, et ont cherché sur Internet les informations qu’elles désiraient.

En deux heures, j’ai dû une ou deux fois « calmer » un groupe, quatre ou cinq fois rappeler à un ou deux élèves qu’ils devaient travailler… et, bien sûr, rappeler plusieurs fois à l’ensemble de parler à voix basse (éternel problème du travail en groupes…).

Autrement dit, une séance de 2 heures très productive, très organisée dans chaque groupe, très positive.

Exceptionnellement, j’ai accepté de donner quelques définitions que des élèves me demandaient : d’habitude, je les renvoie au dictionnaire… mais là, le dictionnaire risquait plutôt de les égarer. D’ailleurs, un groupe travaillant sur les repas, qui avait cherché le mot « étamine » dans le dictionnaire… m’a appelée pour comprendre ce que venait faire un tissu dans une recette de cuisine du Moyen-Age…

Grand intérêt, grande curiosité, travail et discussions pleins de sérieux… J’espère que le résultat final (les exposés) sera à la hauteur !