Retraitée en vacances…

28 juillet 2010

Ben oui, même les retraités partent en vacances ! Surtout si leurs amis, pas forcément retraités, ont des dates impératives de départ-retour…

Je vais donc vous abandonner pour une douzaine de jours… à moins que je puisse me connecter “là-bas” (mais les petits villages méridionaux où je vais n’ont pas forcément d’antenne à proximité…)… et que j’aie le temps de venir bavarder avec vous…

A bientôt… et bonnes vacances !

Lettre aux nouveaux Capesiens

26 juillet 2010

Vous venez d’avoir votre CAPES, qui vous ouvre la porte de l’Éducation Nationale, et vous avez fêté comme il se doit cette réussite.

Malgré tout, une vague inquiétude vous taraude : où allez-vous “tomber” ? Quel genre d’établissement ? Quels niveaux de classes ? Quand, comment, allez-vous pouvoir préparer cette rentrée qui vous met, théoriquement, au même niveau que des profs qui enseignent depuis 10, 20, 30 ans ou plus ?

Vous entrez dans un métier qui, à mon humble avis, est un des plus beaux du monde : à vous échoit la responsabilité de former – en partie, certes – les adultes de demain. Noble tâche et lourde responsabilité. Métier passionnant et difficile, qui vous oblige à vous remettre sans cesse en question : votre pédagogie, bien sûr, mais aussi vos façons de réagir, de comprendre, d’appréhender les choses et les gens.

Permettez à une “jeune” retraitée de vous indiquer quelques pistes pour cette première rentrée…

Je regrette infiniment qu’on vous “lâche” ainsi dans un métier difficile sans aucune formation. Vous aussi, sans doute. Mais vous allez être obligés de “faire avec”… ou plutôt : de “faire sans”…

Le plus important, à mon avis : vous n’êtes pas seuls. Dans votre établissement, il y aura forcément, comme partout, des collègues sympathiques qui seront prêts à vous épauler, tuteurs ou non. A vous prêter des cours, des livres, des fiches ; à vous conseiller telle ou telle progression ; à vous mettre en garde contre tel ou tel élève, telle ou telle classe ; à vous écouter et à répondre à vos interrogations. Certes, comme partout aussi, vous croiserez des “tontons ronchons” et des “taties hargneuses” qui serreront contre eux leurs précieuses préparations et refuseront de vous les montrer. D’après mon expérience, ils ne sont qu’une petite minorité, et vous pourrez trouver assez facilement de vrais interlocuteurs.

Ne craignez surtout pas de faire appel à vos collègues : ils savent dans quelles conditions vous débarquez, ils sont pleins de bonne volonté à votre égard. Tentez de repérer assez vite les collègues “positifs” (ceux qui passent leur temps à se plaindre des élèves, de la “baisse de niveau” et autres choses de ce genre risquent de vous donner une image assez décourageante de votre métier tout neuf… je vous conseillerais plutôt de les fuir !) : n’hésitez pas à leur parler de toute difficulté, même minime, que vous rencontrez dans vos classes. Car notre métier est loin d’être un long fleuve tranquille… Il va falloir faire face à des classes, certes, à des cours d’une matière que vous maîtrisez… mais pas forcément au niveau auquel vous allez l’enseigner… et à mille petits “problèmes” tels que l’insolence, l’élève qui bavarde constamment, celui qui interrompt le cours, celui qui fait autre chose, etc.. Vous trouverez parfois “instinctivement” la “bonne” façon de répondre ; parfois non, et il sera alors important d’en parler avec des collègues pour chercher les meilleures réponses possibles.

Les élèves sont un peuple changeant : vous aurez parfois l’impression de ne pas reconnaître votre classe… Parce qu’ils sortent d’un cours difficile, qu’ils ont eu une sale note, que l’un d’entre eux a un “vrai” problème, qu’une bagarre a eu lieu dans la cour, qu’ils se sont couchés tard la veille… ou pour n’importe quelle autre raison que vous ne connaîtrez peut-être jamais. Pris individuellement, c’est pareil : le “cancre” se révélera peut-être très actif un jour, et le “bon élève” maussade ou endormi…

N’oubliez jamais : tels qu’ils sont, dans leurs constantes et leurs imprévisibles réactions, ce sont des personnes. Comme vous et moi. Plus jeunes, certes, plus “fous”, plus immatures, mais des personnes. Et ils apprécieront grandement que vous en teniez compte.

Vous jouirez au départ d’une aura favorable : les ados aiment les profs jeunes, dont ils se sentent plus proches. Ils voudront vous séduire, chacun à sa façon. Cela ne les empêchera nullement de vous “tester”, comme ils testent systématiquement tout prof qu’ils n’ont jamais eu en cours : il s’agit pour eux de voir jusqu’où ils peuvent aller, quand et comment le prof établit son autorité. L’autorité, ce n’est pas un coup de poing sur la table ou une “gueulante”, c’est simplement la conscience des limites à ne pas dépasser dans la relation prof-élèves. Pas de règles là-dessus, sinon, évidemment, d’éviter le ton copain-copain, qui fausse totalement le rapport prof-élève. Vous êtes une personne, ils sont des personnes, et c’est à vous, parce qu’adulte, d’établir la “distance raisonnable” entre eux et vous.

On dit souvent : au début, il faut être sévère, quitte à lâcher du lest ensuite. Oui et non : si les élèves veulent vous séduire… vous aussi, voulez les séduire ! Et ce n’est pas en revêtant l’armure du prof sévère que vous allez y parvenir… du moins pas dans l’immédiat. Mais, dès la première heure, il est important que les rôles respectifs soient fixés. Des profs, il y en a de toutes sortes : chacun fait en fonction de son caractère, de sa personnalité. Vous évoluerez sans doute beaucoup au cours de cette première année, selon les réactions que vous rencontrerez.

On dit aussi : la première heure avec une classe détermine toute l’année. Heureusement, ce n’est pas vrai, et si votre première heure ne s’est pas déroulée comme vous le souhaitiez, vous aurez pas mal d’heures ensuite pour établir un rapport satisfaisant avec votre classe ! D’autant que, évidemment, vous serez fragilisé par votre “première première heure”… qui risque de ne pas se passer comme vous la rêviez…

Les enfants, et encore plus les ados, sont très réceptifs à l’état mental des adultes, surtout si lesdits adultes ont autorité sur eux (parents, profs,…) : instinctivement, ils cherchent “la faille”… parce qu’ils craignent de la trouver… Vous avez entendu parler de profs dépressifs qui se font chahuter, par exemple : ce n’est pas cruauté de leur part, c’est qu’ils ne supportent pas que l’adulte soit faillible, qu’il ne soit pas le mur contre lequel s’appuyer. Vous ferez sans doute, un jour ou l’autre, l’expérience d’un cours alors que vous êtes fatigué ou enrhumé ou soucieux : souvent, les élèves sont alors beaucoup plus agités, bavards, énervés ; ils réagissent “agressivement” à votre état… parce qu’ils ne se sentent plus dans la même “sécurité” que d’ordinaire…

Quand je parle d’adulte “faillible”, j’entends bien sûr au niveau “mental”. Les élèves acceptent parfaitement que vous ignoriez telle ou telle chose, ou que vous ayez recours au dictionnaire pour vérifier l’orthographe d’un mot… sauf, évidemment, si vous avez voulu imposer l’image du prof infaillible… auquel cas ils vont chercher tous les moyens de vous mettre en échec : ils savent bien que tout le monde, même les profs, peuvent se tromper ou ignorer quelque chose. Si vous commencez un cours en disant, le plus “naturellement” possible : “J’ai fait une erreur au dernier cours , nous allons rectifier…”, ils sauront apprécier votre honnêteté intellectuelle.

Encore une fois : n’hésitez pas à parler à des collègues des problèmes rencontrés, des questions que vous vous posez. Jusqu’à ma dernière année, j’ai pu ainsi trouver des réponses plus adaptées que celles que j’avais tentées ; réfléchir ensemble à une question permet de voir des aspects qu’on avait négligés… Sans compter que c’est tout de même rassurant de voir que d’autres ont – ou ont rencontré – des problèmes similaires…

Je vous souhaite de bonnes vacances, une bonne rentrée… et longue vie dans ce métier que vous avez choisi !

Butineurs…

24 juillet 2010

Une fois n’étant pas coutume, je vous offre aujourd’hui quelques photos de butineurs…

Ceux de mon jardin, d’abord :

Et puis, capturé en Lorraine, ce curieux butineur qui répond au doux nom de Moro Sphinx, dit aussi Sphinx Colibri…

Les photos ne sont pas terribles, et ne peuvent rendre compte de l’activité de ce Sphinx diurne (contrairement à presque tous ceux de sa famille), dont on ne peut que deviner les ailes, tant elles battent rapidement pour stabiliser l’insecte pendant qu’il plonge son impressionnante trompe au cœur d’une fleur. D’où son surnom…

Place à cet étrange papillon :

Cliquez sur les photos pour les voir agrandies.

Et… bons butinages !

Relectures…

18 juillet 2010

Je suis une fana de lecture… Impossible de passer une journée sans plonger le nez, à un moment ou un autre, dans un livre…

Cela m’a prise il y a bien longtemps : ma grand-mère m’ayant appris à lire entre 4 et 5 ans, je me souviens que, toute gamine, je lisais les étiquettes des bouteilles ou flacons sur la table, en mangeant… J’ai dévoré tout ce que j’ai pu de la bibliothèque du grand-père, sans parler des livres qu’on m’offrait à toute occasion.

Cette boulimie s’est nettement accentuée lors de mes années d’internat, de 14 à 18 ans : d’abord parce qu’il y avait une bibliothèque modeste, mais variée, dans l’internat, dont la responsable n’hésitait pas à suggérer ou conseiller la lecture de tel ou tel roman ; ensuite parce que j’y ai croisé d’autres fanas avec qui j’échangeais livres et impressions de lecture… C’est à cette époque que j’ai lu mes premiers Arsène Lupin, que j’avais découverts en feuilleton radiophonique sur Radio-Luxembourg, le samedi soir. J’entends encore le présentateur annoncer “Les Dents du Tiiigre”… et retrouve le même frisson de plaisir et d’angoisse que lorsque j’avais 12 ans…

Arsène Lupin ! Au fil des ans, j’ai acquis toutes ses aventures, lues et relues avec toujours autant de plaisir. J’en ai d’ailleurs fait profiter mes élèves… Mon chouchou : Arsène Lupin, gentleman cambrioleur, recueil de nouvelles qui commence par… l’arrestation de mon héros ! Combien de fois l’ai-je relu, celui-là ? Je dirais, au hasard, sûrement plus de 20 fois, d’autant que je l’ai étudié au moins 3 fois en classe…

Plaisir de la relecture… Plaisir de retrouver, au fil des pages, les émotions de la première lecture. Plaisir d’oublier volontairement la suite pour la redécouvrir… ou au contraire d’attendre impatiemment telle ou telle page où intervient le héros, d’une manière inoubliable…

Ce plaisir, je le cultive toujours. Moins qu’avant, parce que la bibliothèque de mon village est très bien fournie, et la bibliothécaire m’est une précieuse conseillère. Mais tout de même…

Ainsi, récemment, j’ai repris les John Grisham, découverts il y a quelques années : j’ai d’abord relu les quelques romans que j’ai, puis ré-emprunté les autres à la bibliothèque…

Vous connaissez les romans de Grisham ? L’auteur ayant été avocat, ses intrigues policières se déroulent en général dans le milieu des avocats américains. Le premier que j’avais lu, La Firme, m’avait fait haleter pendant pas mal de pages… Plusieurs de ses romans sont devenus des films (que je n’ai pas vus).

Outre les intrigues que je trouve très bien menées, ce que j’apprécie chez cet auteur, c’est la découverte de milieux différents : les sans-abris de grandes villes, les ghettos, les milieux des affaires…

… Et les avocats ! Plusieurs de ces récits mettent en scène ces gros cabinets d’avocats (200, 400 avocats) où il faut à tout prix (!) facturer des heures aux clients, sans se ménager évidemment : 70 à 100 heures de travail par semaine, très peu de congés, les milliers de dollars gagnés chaque année devant s’accroître de façon significative pour passer du statut d’assistant à celui de collaborateur, puis à celui d’associé. L’associé, c’est celui qui va s’offrir une superbe résidence, un Jet, un bateau… et autres folies dont il n’a pas vraiment le temps de profiter, vu qu’il passe tout son temps au cabinet… Mais, multimillionnaire, il pourra prendre sa retraite à 35 ou 40 ans… s’il a réussi à survivre jusque là…

Chaque fois, je redécouvre avec stupeur ce monde où tout m’est étranger… Chaque fois, je me demande comment il est possible de “vivre” de cette façon… si on peut appeler ça “vivre”… Pour moi qui ai travaillé 40 ans sans jamais chercher à “gagner des points” (lesquels points font gagner du temps en avancement, et donc en salaire), ce monde est beaucoup plus étrange que celui des Inuits, des aborigènes ou des tribus amazoniennes…

Étrange, étrange…

P.S. Je vous abandonne quelques jours pour une petite virée en Lorraine… mais vous retrouverai dans une semaine, promis !

Généalogie : une affaire juteuse… (suite de suite)

16 juillet 2010

Un message émanant d’un forum de généalogie m’envoie vers d’intéressantes questions posées par Pascale Verdier, directrice des Archives départementales du Bas-Rhin.

Je vous les livre telles quelles. Vous trouverez sur Francegenweb d’autres articles sur la question, si elle vous intéresse.

Sur le fond, je comprends par ailleurs votre inquiétude, qui me semble très légitime et que je ne suis pas très loin de partager. Nous sommes à un tournant, et nous ne savons pas du tout ce que sera l’avenir.
Ce que je voudrais dire encore, c’est que la numérisation, indépendamment des sommes investies par les départements, a nécessité également beaucoup de travail, de matière grise (même si les internautes ne s’en rendent pas compte – il suffit de lire les forums, tout ceci est un dû, doit être gratuit, c’est leur travail etc.) : l’apparente simplicité du résultat est permise par des heures et des heures de travail, de contrôle, d’application… tout cela réalisé par les Archives départementales et leur personnel, au service du public.

Ceci pour indiquer qu’il y a également un investissement “affectif” important (je me mets dans le lot !) dans ces projets ; par voie de conséquence, une partie de la communauté archivistique vit relativement mal que tout ce travail, réalisé dans le cadre du service public et de l’intérêt commun, puisse être remis (quelles qu’en soient par ailleurs les conditions financières) au secteur privé à fins de bénéfices commerciaux – surtout quand celui-ci fait preuve d’une certaine brutalité dans son approche – à peine la mise en ligne réalisée.

Que veulent faire ces entreprises ? Des bases de données géantes (je vous renvoie par ailleurs aux communiqués de l’association des archivistes français), dans lesquelles, après avoir tapé un nom, on trouvera des actes.
- Pourquoi veulent-elles le faire ? Parce que cela répond à une demande sociétale : les usagers du service public, qui sont très en colère quand on leur demande de payer, quelle que soit la somme, pour les sites des AD, seront prêts, lorsqu’ils se tourneront vers des entreprises privées, à payer pour accéder via un nom, à une image. Ca ne choquera personne, alors même que les entreprises privées auront acquis le travail du service public… personnellement j’y vois un paradoxe. Le travail du public a donc moins de valeur que celui du privé…
- Pourquoi, alors les archivistes ne se sont-ils pas lancés dans l’aventure de l’indexation nominative ? pour des raisons de respect des libertés individuelles (respect de la loi Informatique et libertés), et surtout, parce qu’ils sont des établissements scientifiques : ils ne sont pas à même de garantir la fiabilité de l’indexation. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais indexer des actes du XVIe siècle nécessite des connaissances paléographiques avérées. Et sans même aller jusque-là, indexer des actes en allemand gothique présente des difficultés !
Personnellement, je veille à la qualité du travail scientifique rendu aux usagers par le biais des Archives départementales.
- Les entreprises privées ne sont pas dans cette optique : les erreurs d’indexation ne seront pas graves pour elles. L’usager, pardon il est devenu le client, s’il ne trouve pas, reviendra une autre fois (donc prolongera son abonnement), et, au pire, imprimera un acte qui ne le concerne pas…
Il n’y aura plus le plaisir de chercher dans les fonds, et de trouver, ou pas, son ancêtre. Quand vous taperez votre nom, Contrelesbandits (!), vous trouverez peut-être un acte vous concernant, mais ce pourra être aussi votre père, votre frère, etc.

J’ai le sentiment que notre travail a été ressenti comme un dû (ce qu’il n’est pas) et que les usagers se rendent compte un peu tard que ce travail a une grande valeur marchande. C’est le sens des avis de la CADA : les archives sont des biens absolument comme les autres, comme des boîtes de conserve par exemple. Cela fut un choc pour les archivistes, qui se voyaient plutôt comme des acteurs culturels. Je persiste à penser, mais c’est une opinion personnelle, qu’ils avaient raison de se voir comme tels. La seule chance est qu’un juge définisse le périmètre de l’exception culturelle prévue par la loi.

De nombreuses questions ont été posées au gouvernement par des députés à ce sujet.

Affaire à suivre…

Généalogie : une affaire juteuse… (suite)

12 juillet 2010

J’ai parlé récemment de la tentative d’une société commerciale pour mettre la main sur – entre autres – les actes d’état-civil et religieux détenus par les archives départementales. Je viens d’apprendre que ladite société a racheté Archimaine, spécialisée dans la numérisation d’archives :

La société NotreFamille.com vient de finaliser le rachat de 100% du capital d’Archimaine, bien connue des généalogistes pour s’être vue confier par 20 départements le soin de numériser et mettre en ligne leur état civil ancien. Archimaine, fondée en 1994 à… Laval en Mayenne est un opérateur majeur de la numérisation, l’archivage électronique, l’hébergement, et le développement de logiciels de consultation d’archives sur Internet. La société emploie 20 personnes et dispose d’une capacité de numérisation de plus 1,6 million de documents anciens par mois. Elle héberge pour le compte de collectivités plus de 140 millions d’images (plus de 100 To de données). Archimaine devient une filiale de NotreFamille.com, placée sous la direction de son ancien gérant, Jacques de Baglion. Ce rapprochement avec Archimaine arrive à point nommé, au moment où NotreFamille.com lance un ambitieux mais très critiqué projet de numérisation, notamment dans le cadre du Grand Emprunt.

Ladite société s’est évidemment placée en première ligne pour bénéficier du Grand Emprunt voir à ce sujet l’article bien documenté de papiers.poussieres.

Depuis l’année dernière, une pétition circule contre le danger de privatiser l’accès aux archives et contre les licences payantes .

Plus récemment, le Conseil Général du Bas-Rhin a répondu aux prétentions de la société qui le menace – lui comme les autres Conseils Généraux – de le contraindre à remettre ses archives numérisées :

La directive européenne du 17 novembre 2003 encourage la réutilisation des informations publiques. Cette directive a été transposée en droit français par l’ordonnance du 6 juin 2005. Cette dernière complète la loi du 17 juillet 1978 en y ajoutant un chapitre II consacré à la réutilisation des informations publiques, mais en exempte expressément, dans son article 11, les services culturels, exception dont relèvent les Archives départementales.

La réutilisation des informations publiques produites et reçues par les Archives départementales n’est donc pas régie par les règles de droit commun fixées par le chapitre II du titre Ier de la loi du 17 juillet 1978, mais, par dérogation à ce chapitre, par les règles qu’il appartient à chacun de ces services de définir, conformément aux dispositions de cet article 11 (Voir conseil CADA n° 20082643 du 31 juillet 2009).

C’est un tout autre point de vue que défendent les Archivistes de France : ils s’inquiètent de l’énorme fichier croisant de multiples données qui sera mis à disposition de tous – moyennant finances, évidemment. Si vos recherches généalogiques ou familiales vous amènent à découvrir que votre arrière-grand-père a été envoyé au bagne, vous ne tenez pas forcément à ce que cette information soit accessible à votre employeur, par exemple…

Le pro­jet affi­ché par cette société est de cons­ti­tuer la plus grande base nomi­na­tive jamais réa­li­sée sur l’ensem­ble de la popu­la­tion fran­çaise jusqu’au début du XXe siè­cle, com­por­tant plu­sieurs cen­tai­nes de mil­lions de don­nées, indexées (patro­ny­mes et autres infor­ma­tions dis­po­ni­bles) et reliées aux ima­ges cor­res­pon­dan­tes, sous des aspects qui tou­chent non seu­le­ment l’iden­tité, mais aussi le domaine médi­cal, pénal, fis­cal, judi­ciaire… Pour les seuls actes d’état civil, cette base concer­ne­rait plus d’un mil­liard d’indi­vi­dus, dont des per­son­nes évidemment encore vivan­tes. Sur la base de docu­ments cer­tes com­mu­ni­ca­bles de plein droit au regard de la loi, ce pro­jet, par sa cou­ver­ture géo­gra­phi­que natio­nale et par ses carac­té­ris­ti­ques tech­no­lo­gi­ques (indexa­tion patro­ny­mi­que sys­té­ma­ti­que, rap­pro­che­ment des don­nées, entre­croi­se­ment de fichiers), abou­tit à ficher toute la popu­la­tion fran­çaise, en exploi­tant des don­nées nomi­na­ti­ves d’un grand poids juri­di­que.

Comment faire abs­trac­tion du ris­que direct de concen­tra­tion, à visée com­mer­ciale ou sécu­ri­taire, par un ou plu­sieurs opé­ra­teurs pri­vés de mil­liards de don­nées publi­ques nomi­na­ti­ves, croi­sées, inter­connec­tées et indexées ? Comment garan­tir le res­pect des prin­ci­pes de pro­tec­tion de l’indi­vidu atta­chés au droit fran­çais, si tel opé­ra­teur choi­sis­sait ou se voyait contraint, du fait de son rachat par une société étrangère par exem­ple, de céder à un tiers les vues numé­ri­ques acqui­ses et toute la base de don­nées asso­ciée ? Comment pré­mu­nir, enfin, ces don­nées publi­ques, indi­vi­duel­les et sen­si­bles de la cons­ti­tu­tion de pro­fils d’inter­nau­tes par des opé­ra­teurs pri­vés, qui pro­fi­te­raient d’acti­vi­tés généa­lo­gi­ques, d’achats en ligne ou de par­ti­ci­pa­tions aux forums qu’ils pro­po­sent sur leurs sites, à des fins de mar­ke­ting, de com­merce électronique ciblé ou de pro­fi­lage sécu­ri­taire ?

Je ne doute pas que ce projet trouve écho auprès de responsables (irresponsables ?) acharnés à défendre la SSécurité de notre pauvre territoire… Pensez donc : tout le travail sera fait par une société privée ! Il n’y aura plus qu’à négocier avec cette société pour acquérir tout ou partie de ses dossiers et bases de données…

Zerro fôte !

9 juillet 2010

Un article du NO d’avril m’apprend qu’à l’université de Villetaneuse, l’enseignement de l’orthographe et du français est obligatoire pour les étudiants de première année… Ils font trot de fôtes…

Je me souviens (mais j’ai déjà dû le dire) que ma mère, secrétaire de direction dans un centre de recherches, tempêtait souvent contre les ingénieurs qui faisaient beaucoup de fautes… Il s’agissait pourtant de gens nés dans les années 30-40, peu suspects d’avoir subi une “méthode globale” imaginaire… Et il lui arrivait souvent de devoir aller voir le “fautif” pour tel problème d’accord… que sa “formation scientifique” (ou son absence de… ma mère n’est allée à l’école que jusqu’à 13 ans, la mort de son père l’ayant poussée sur le marché du travail) ne lui permettait pas de résoudre : selon le sens, le mot devait s’accorder avec tel ou tel mot… ce qui changeait radicalement le sens du rapport…

L’enseignement de l’orthographe s’arrêtant à la fin du collège, il me semble évident que les élèves qui n’ont pas eu la chance d’acquérir à ce moment-là les “réflexes” d’écriture auront du mal à les acquérir par la suite, d’autres disciplines requérant leur énergie. C’est particulièrement vrai dans le domaine scientifique, où l’apprentissage de notions très complexes mobilise toute la concentration des lycéens et étudiants (et celle des profs !). Dans les formations littéraires, on porte un peu plus attention à “la forme”, autant chez les étudiants que chez les enseignants (ceux-ci conditionnant ceux-là).

La “démocratisation de l’enseignement” (entendez par là le nombre de plus en plus important de jeunes accédant au lycée, puis à la Fac) conduit évidemment à ce que de plus en plus de jeunes “ignorants” en orthographe suivent un enseignement supérieur.

Par ailleurs, ne pas oublier que les heures d’enseignement du Français, tant en primaire qu’en collège, se sont réduites au fil des ans : entre 1969 et 2009 (ma “carrière”), l’équivalent d’une année de moins au collège ! Logiquement, on peut en déduire qu’un élève de 3ème sortant du collège en 2009 a le niveau d’un élève de 4ème sortant du collège en 1969… Mais… même pas en orthographe ! Car, entre temps, on a ajouté tellement d’autres notions à enseigner que, forcément, le nombre d’heures consacrées à l’orthographe a nécessairement diminué ! Si j’ai commencé à travailler en consacrant 1 heure par semaine à l’orthographe, je n’ai pu par la suite y consacrer qu’une heure par quinzaine pour les niveaux de la 5ème à la 3ème…

Enfin, autre élément qui a son rôle à jouer : les enfants écrivent beaucoup plus aujourd’hui qu’avant : SMS, courriels, blogs… Toutes ces écritures qui n’ont à répondre à aucune norme autre que celle de la compréhension du correspondant ne s’inquiètent évidemment pas des formes à respecter : l’orthographe n’apparaît plus alors comme une nécessité de communication, mais comme une matière purement scolaire, détachée de la “vraie vie”.

Oui, cela me paraît une bonne idée de faire entrer cet enseignement en Fac… D’autant que les étudiants, ayant davantage de recul sur la “matière”, doivent se trouver plus motivés pour progresser…

Mais… il faudrait tout de même réfléchir au nombre d’heures qu’on accorde à l’enseignement du Français au primaire et au collège…

Sans parler de la réflexion sur les méthodes d’enseignement…

… et sans parler de la formation des enseignants !!!

Emotions de lectures…

4 juillet 2010

J’ai lu récemment Où on va papa ? de Jean-Louis Fournier. Notations brèves (rarement plus d’une page), qui semblent habituelles chez l’auteur, sur sa vie de père… de deux enfants “pas comme les autres”. Humour et détresse se mêlent, émotion à chaque page ou presque…

La bibliothécaire, quand je lui rends le livre en disant que j’ai beaucoup aimé ce style bref, ces notations où le sourire le dispute aux larmes, me parle de Le petit prince cannibale de Françoise Lefèvre : j’en ai entendu parler, ne me souviens plus si je l’ai lu… et l’emporte dans mon sac.

Pas tellement d’humour, cette fois, chez l’écrivaine maman d’un enfant autiste… Beaucoup d’amour, de révolte contre “les gens”, ceux qui assistent aux colères phénoménales de l’enfant et critiquent, plus ou moins ouvertement, la mère “qui laisse faire” ; et ceux qui, maladroitement, comparent avec leur enfant : “c’est comme le mien…”. Non, ce n’est pas “comme”… C’est un monde de violence incompréhensible qui habite ce petit garçon muet…

J’avais lu, il y a longtemps, La vie ripolin, de Jean Vautrin, père d’un enfant autiste. Il m’en reste le souvenir de ces hurlements, de cette violence incontrôlable tournée contre soi, auxquels l’auteur tente de s’échapper en prenant le volant et en conduisant pendant des heures…

Et je me prends à me dire : heureusement que je n’ai pas eu à affronter cette situation… Jamais je n’aurais pu faire face à un enfant qui peut, d’une minute à l’autre, exploser de colère sans qu’on sache jamais pourquoi ni comment… Un enfant dont le système de pensée est autre, dont le langage est autre, et incompréhensible…

Il y a deux ou trois ans, j’ai eu en 3ème un élève plus ou moins “rescapé” de l’autisme (il y a des tas de formes et de degrés dans l’autisme) : si je me souviens bien, il a quitté les écoles spécialisées pour entrer en 6ème, ce qui était toujours considéré, 4 ans plus tard, comme une étonnante victoire. Je l’ai vu une seule fois sourire : le reste du temps, son visage était immobile, ne reflétait rien. Il ne parlait jamais spontanément et, quand on lui adressait la parole, ses réponses étaient toujours d’une brièveté déconcertante. Il fallait éviter les questions auxquelles il pouvait répondre par oui ou non… car alors, sa réponse s’arrêtait à ce simple mot… Malgré tout, si je me souviens bien, il avait en Français une moyenne de 8/20, ce qui n’était pas si mal… Il voulait être cuisinier (ou pâtissier, je ne sais plus exactement) et envisageait un apprentissage. Finalement, il est parti en apprentissage dans un établissement près de chez moi, qui forme des jeunes souffrant d’un handicap plus ou moins “léger” : il avait encore besoin d’un milieu protégé avant de se lancer dans le monde des “autres”…

Un peu trop de lectures suscitant l’émotion, ces derniers temps… Cela fatigue, l’émotion ! Du coup, je reprends les polars… ceux de Grisham, par exemple : les émotions d’un polar ne vous interrogent généralement pas sur vous, il n’y a qu’à suivre l’intrigue… Et comme, en plus, je les ai déjà lus, il me suffit de me replonger dans les pas que j’ai parcourus il y a quelques années…

Autre genre d’émotion, mais plus facile à vivre : je vous ai déjà parlé du bouquiniste de mon marché ; il m’a vendu récemment un recueil de l’hebdomadaire “L’Illustré Soleils du Dimanche” de l’année 1899, que je parcours un peu chaque jour. On y trouve uniquement de la lecture “distractive” : nouvelles, poèmes de Maupassant, Hugo, Allais et autres noms connus ou inconnus. Mais aussi des photos et dessins (sans article correspondant, malheureusement). Dans tous les numéros que j’ai feuilletés ces jours-ci figurent des photos et dessins du Procès de Rennes : mais si, vous savez bien, l’Affaire…

Des dizaines de photos, de dessins faits au tribunal, de tous les gens qui participent à ce procès… C’est fascinant… J’avais eu la même émotion quand, il y a bien une vingtaine d’années, j’avais acheté un recueil de fac-similé de journaux anciens, et étais tombée sur le “J’accuse” de Zola… L’Histoire à notre porte… Et bien plus aujourd’hui qu’hier, vu la quantité de sites qui mettent en ligne des documents anciens…

* * *

P.S. Mauvaise surprise ce matin : mon blog est retombé en-dessous des 1500 visites mensuelles… C’est les vacances !

Eh bien, bonnes vacances !

Retrouvailles…

2 juillet 2010

Retrouvailles au collège hier, là où j’ai sévi pendant 27 ans…

3 collègues partant en retraite fêtaient leur départ : discours, cadeaux, pot… et repas (auquel je ne suis pas restée). Beaucoup de “très” anciens collègues, en retraite depuis 6 ou 7 ans, que je n’avais pas eu l’occasion de revoir depuis des années. Bavardages avec les uns et les autres… J’apprends au passage que 2 anciens élèves, 2 frères (qui n’ont pas laissé que de bons souvenirs…) sont tous les deux papas… L’un a 19 ans, l’autre 16… Ouf ! (pas le “ouf ! de soulagement, mais celui du coup dans l’estomac…)…

Beaucoup d’émotions, donc dans ces retrouvailles, particulièrement avec les 2 anciennes principale et principale adjointe, qui m’ont rendu si agréables mes 3 dernières années : enfin l’impression de marcher main dans la main dans le même but…

Et, cerise sur le gâteau, retrouvailles avec une ancienne élève, fille d’une nouvelle retraitée… J’avais eu de ses nouvelles par sa mère, à diverses reprises, et savais donc qu’elle avait eu son CAPES… de Français ! On a beau savoir qu’on n’y est pas pour grand chose, on ne peut s’empêcher de ressentir une certaine fierté à savoir que des élèves marchent sur vos traces… Au minimum : on ne les a pas dégoûtés de la matière !

S… a donc fait son année de stage, avec 2 classes de 4ème… et a étudié avec eux Docteur Jekyll et Mister Hyde… que nous avions vu du temps de sa 4ème… Je ne sais plus si c’est pour cette classe que j’avais constitué une bibliographie sur le thème du double : les élèves étaient par groupes, chacun devait lire 3 nouvelles ou un roman sur le thème (la plupart des livres venaient de ma bibliothèque personnelle), et le groupe devait rédiger un devoir présentant les caractéristiques du thème dans leurs lectures (lectures en classe comprises, où l’on avait abordé aussi bien La nuit de mai que des nouvelles de science-fiction ou des extraits de romans). J’ai dû réutiliser 2 ou 3 fois ce gros travail qui m’avait passionnée… et avait assez bien intéressé les élèves…

Et S… de me confier qu’elle gardait un bon souvenir des fiches de grammaire dont je les abreuvais chaque semaine, et qu’elle y avait souvent pensé en préparant ses cours, regrettant de ne pas disposer de ces fiches… Vous imaginez le plaisir que cela fait, d’entendre ce genre de propos des années plus tard ? Bien sûr, je lui ai donné mes coordonnées, afin qu’elle passe me voir si elle le désire… et que je lui donne ces fameuses fiches… (que mes collègues n’appréciaient pas tant que ça, en général…).

J’espère bien recevoir sa visite…

D’un établissement à l’autre…

29 juin 2010

Hier, suite au commentaire de Mademoisill, je suis allée sur FaceBook voir ce que disaient mes anciens élèves…

Pas de grande surprise : l’essentiel des commentaires sur les profs tourne autour de leur physique. Je suis “repérée” par ma 2 CV… et ma boucle d’oreille (j’ai appris il y a un an ou deux qu’une ancienne élève, des années plus tard, s’interrogeait encore sur le “pourquoi” de cette boucle unique…). Pas grand chose sur les “contenus”, à part quelques voyages scolaires et le “bal des 3èmes”. A lire les 5 pages de commentaires variés, j’ai eu une petite envie de mettre mon mot (mais il faut sans doute s’inscrire pour cela)… mais non : j’étais là en infraction, en “voyeuse” ; ce qui se disait là ne m’était pas destiné, et une intervention de ma part aurait sans doute tout cassé…

Quelques commentaires aussi sur les c… de certains anciens, plus ou moins fiers de leurs bêtises ou de celles de leurs camarades. En voici un, à titre d’exemple :

je pence ke tout les prof surveillant cpe principal ki avai kan jetai la se souviendron de moi, je suis graver dans leur memoire juska la fin de leur vie… apres tou en 17ans de carierre ils ont jamai eu un eleve comme moi.. dapres une prof. dedicass a m… ki ma enmener juskau tribunal d… kan meme lol enfin plin de betise ke je ne regrette pas mai alor vraiment pas du tout :p !!!!!!!!! et les pti du colege foutez les merde!!!! batter vous!!! faites toute les connerie inimaginable!!! pask vou pourier le faire ke une fois dans votre vie sinon vous le regretterai ;)

Je l’ai eu, celui-là… Il doit avoir une bonne vingtaine d’années, maintenant… Et je suis désolée de voir qu’il a si peu “grandi”… C’est vrai que des bêtises, il en a fait pas mal… Des vols, entre autres, et parfois au détriment des “copains”… Mais ce qui l’a conduit au tribunal, c’était une lettre (anonyme, bien sûr !) de menaces à un prof (cité dans le message : je n’ai laissé que l’initiale).

Évidemment, il n’aurait eu aucune chance d’entrer dans un “Internat d’Excellence”, où on recrute les élèves sur leur “mérite”…

Je lisais un article à ce sujet dans Marie Claire ce matin… et ai recherché d’autres infos sur le Net, à propos de l’internat de Sourdun…

C’est marrant, mais le discours général sur l’inutilité des effectifs réduits et la suppression de personnels “pléthoriques” (profs, surveillants et autres) n’a pas l’air d’avoir cours ici… Pour 120 élèves actuellement (500 à terme… dans un parc de 50 hectares…), une cinquantaine d’adultes ! A peu près ce que nous avions pour… 700 élèves ! 16 profs, 2 CPE, 12 “assistants de vie scolaire”, 5 secrétaires (?), 7 personnels techniques… Et, bien sûr, une infirmière et une assistante sociale… D’accord, c’est un internat, ce qui nécessite plus de personnel (mais le site officiel ne mentionne pas les “techniciens de surface”… qui viennent sans doute d’une société privée)…

Les profs sont recrutés directement par le proviseur, en fonction de leur motivation, “dérogeant aux règles imposées par les syndicats de l’Éducation Nationale”, commente Le Figaro Magazine…

Du temps où (c’est loin, tout ça…) il y avait des établissements expérimentaux dans l’Éducation Nationale, le recrutement dans ces établissements était soumis à des règles spécifiques, la motivation étant un critère important… Mais le “mouvement”, comme on dit chez nous, restait national, et non au gré du chef d’établissement…

Je ne vais évidemment pas regretter qu’on “donne leur chance” à des gamins de banlieue désireux de bien faire (eux aussi sont sélectionnés selon leur motivation !)… mais j’aimerais bien qu’”on” pense aussi aux millions d’autres, qui ne pourront intégrer ces établissements (d’après ce que j’ai lu, ils pourraient concerner quelque 5000 élèves…)… et qui galèrent tous les jours dans des classes surchargées, dans des établissements où ils sont mal protégés, face à des profs découragés par les bâtons qu’on leur met constamment dans les roues…