Archive for the ‘Actualités’ Category

Bonne pêche !

mardi, avril 1st, 2014

Merci à ce site belge de répertorier dans les media belges les poissons d’avril… dont voici quelques exemplaires :

Il est […] question des pandas dans La Dernière Heure, qui écrit que le couple de mammifères récemment débarqué dans le Hainaut est composé de deux femelles. Une erreur qui serait le fruit de l’encadrement trop strict des autorités chinoises, qui n’ont pas permis aux vétérinaires du parc wallon d’examiner les animaux à leur arrivée. Un constat qui constituerait une petite catastrophe, étant donné que les deux pandas sont censés se reproduire sur le territoire belge.

La RTBF évoque quant à elle une nouvelle obligation de porter un casque de sécurité aux abords des nombreux chantiers situés dans le centre-ville de Charleroi. Les instances communales mettraient ainsi 40.000 casques à disposition des Carolos et la mesure serait d’application tant qu’il y aurait des travaux à Charleroi.

En radio, La Première invente une grève des bouchers, ceux-ci étant systématiquement lésés au profit des poissonniers qui font leurs choux gras. Et de vouloir inaugurer par la même occasion les « steaks d’avril » pour rééquilibrer la balance.

Toujours du côté de la RTBF, on apprend que l’Ambassade des États-Unis aurait demandé officiellement à la Belgique de réduire la voirie en face de ses bâtiments situés boulevard du Régent à Bruxelles… Ce qui limiterait la petite ceinture à une bande de circulation pour permettre à la « Cadillac blindée de l’ambassadeur de manœuvrer plus facilement ».

RTL, de son côté, avance une interdiction de consommer de l’alcool et de faire des barbecues durant les jours de match des Diables Rouges à la prochaine Coupe du Monde de football. La police et les pompiers auraient peur de ne pas pouvoir faire aux problèmes qui pourraient survenir.

Le gratuit Metro propose quant à lui une « annonce léchable »: deux carrés de couleurs en première page de son journal (« Crazy Kiwi » contre « Freaky Framboise ») permettraient de choisir son goût préféré d’une nouvelle marque de crème glacée baptisée Fiske Ice.

Rien d’équivalent côté français… mais bien sûr, on peut aller faire un tour du côté du Gorafi…

Vladimir Poutine accuse ses conseillers de ne pas l’avoir averti qu’il serait illégal d’annexer la Crimée

Moscou – En réponse à la décision de l’ONU qui a reconnu que l’occupation de la Crimée est illégale, Vladimir Poutine en rejette la faute sur ses conseillers. Selon lui, aucun ne l’a averti ou prévenu que l’occupation arbitraire de la Crimée pouvait contrevenir au droit international.

Le chef de l’État russe a fait cette annonce après avoir accusé réception de la décision de l’ONU sur l’illégalité de l’occupation russe et a affirmé être complètement tombé des nues. « Jamais je n’aurais pensé une chose pareille » a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, présentant ses excuses à la communauté internationale pour ce malentendu majeur. Il prétend qu’à aucun moment son équipe de conseillers ne l’a averti. « On m’a certifié que tout était conforme. J’avais avec moi des juristes, des gens qualifiés, je me rends compte avec horreur que l’on m’a menti et qu’on ne peut faire confiance à personne » s’est-il justifié. « Ces gens-là devront rendre des comptes car c’est l’image même de la Russie qui est mise en cause désormais dans cette affaire » a-t-il souligné.

Jean-Marc Ayrault admet que le volet social du programme de François Hollande a été effacé par erreur

C’est peut-être l’explication à la politique menée par le gouvernement depuis deux ans et aussi la raison de la déroute aux municipales. Alors qu’il est donné partant de Matignon, Jean-Marc Ayrault s’est laissé aller à une confidence : il reconnaît ainsi que l’intégralité du volet social du programme de François Hollande a été effacé fin 2012 par erreur. « J’avais un problème sur mon ordinateur, un virus je crois. Je l’ai ramené au service après-vente. Ils ont dû formater mon disque dur et j’ai perdu toutes mes données, dont ce volet du programme » raconte le Premier ministre.« Nous n’avions hélas pas de sauvegardes, simplement le discours du Bourget mais qui restait trop vague». Une dramatique erreur qui pourrait expliquer la politique menée depuis, une politique qui a cristallisé les mécontents. « Nous nous rappelions de quelques idées mais rien d’assez précis » ajoute-t-il, précisant qu’il n’en a prévenu le président que le mois dernier. « Il voulait qu’on mette au plus vite en place les grands chantiers sociaux qu’il gardait pour la dernière partie de son premier quinquennat. Je n’ai pas pu mentir plus longtemps » admet l’ancien maire de Nantes.

… ou de son confrère EdukActus, axé sur les questions d’Éducation :

1er Avril : Grève à EdukActus

Aujourd’hui, 1er avril, de très nombreux journaux vont publier de poissons, blagues, plaisanteries et autres inepties.
Pour éviter toute confusion et pour conserver la crédibilité des articles publiés sur EdukActus, la rédaction a décidé de se mettre en grève.
Le préavis prend effet mardi 1er avril à 0h et pour une durée de 24h. En conséquence, rien ne sera publié sur le site.

200 kg de poisson dérobés à la cantine du collège

Mauvaise surprise ce matin pour Nicolas Fish, le chef cuisinier du collège de Bellevue. L’intégralité du stock de poisson a été dérobée.
L’opération ressemble au crime parfait. Aucune trace d’effraction, rien de déplacé ni de cassé. Seules les boites de poisson surgelé ont été volées. Au total, le butin représente 200 kg de produit. Une quantité dont le vol aura probablement demandé une certaine logistique.
[…]
La rumeur du vol s’est vite répandue dans le collège. Pour les élèves, le mobile du délit ne fait aucun doute : c’est la proximité du 1er avril. Une opération d’accrochage de grande ampleur serait en préparation depuis plusieurs semaines. Un motif qui fait rire le chef cuisinier « Ils vont avoir une surprise, ce n’est pas indiqué sur les boites, mais ce sont des poissons panés ! »

Municipales : L’école bloquée lundi matin par la durée du dépouillement

Week-end prolongé pour les élèves de l’école Pablo Neruda de Marmande. Ce lundi matin, le dépouillement du deuxième tour de l’élection municipale n’était pas terminé à l’heure de rentrer en classe.
[…]
Maurice Toufau, président du bureau raconte le début de soirée. « Le premier problème, ça a été de retrouver la 2e clé de l’urne. J’en avais une mais l’autre avait été remise à un représentant d’une autre liste qui avait complètement oublié. » La vérification du nombre de votants a également été fastidieuse. « On a compté 5 fois, à chaque fois il y avait une erreur. A la 6e c’est tombé juste, mais les scrutateurs étaient rentrés chez eux ». Il a fallu leur téléphoner individuellement pour qu’ils reviennent. Le décompte n’a véritablement commencé que vers 20h.
[…]
A la fin du premier décompte, il n’y avait que 2 voix d’écart entre les listes arrivées en tête. M. Pagagné arrivé en 2e position a exigé une vérification. Ce dernier comptage n’a été terminé que ce matin vers 7h45. Le temps de tout récapituler et de signer les documents, les premiers élèves arrivaient à l’école.

Des professeurs rentrent du lycée à 3h du matin

Ce ne sont pas les vacances pour les enseignants. Hier, une vingtaine de professeurs du Lycée Tendur Lontant a terminé sa journée de travail vers 3h du matin. […]
« On a commencé par deux conseils de classes. Avec des classes chargées et compliquées, ça a été long. Après, on a enchainé sur un conseil d’administration puis des réunions pour définir les plans de scolarisation de trois élèves. Pendant ce temps, les collègues nous attendaient en salle des profs pour fêter le petit dernier de Sandrine. Ils ont été sympas de ne pas commencer sans nous. » C’est avec quelques gâteaux secs et un verre à la main que les valeureux combattants ont terminé la journée.
Pour Franck Ralpapourtou, le délégué syndical du lycée, la coupe est pleine. « Là ce n’est plus possible. On ne voit même pas à quel moment les profs vont pouvoir préparer leurs cours et corriger les copies. On va organiser une réunion pour trouver une solution ! ».
Mme Padispo, la Proviseure du lycée avoue son impuissance. « Le problème, c’est que les professeurs ne veulent pas rater de cours. Du coup, on est obligé de tout mettre le soir. J’ai bien proposé de placer des choses le dimanche matin, mais j’ai quelques profs qui vont à la messe… ».
Malgré cette rude soirée l’ensemble des enseignants était fidèle au poste pour accueillir les élèves ce matin à 8 h.

Et un petit tour par Hoaxbuster, pour débusquer les « poissons d’avril » qui sévissent toute l’année, essayant de faire prendre aux lecteurs des vessies pour des lanternes :

Australie : Vaccination de masse par voie aérienne autorisée

En Australie, une célèbre multinationale pharmaceutique a été autorisée à pulvériser les deux tiers du territoire australien avec un agent pathogène, du choléra génétiquement modifié. Mais les nouvelles sont plutôt inquiétantes, car la menace pèse par ce biais.
Le 4 Décembre, les médias australiens ont en effet annoncé que le PaxVax, une industrie pharmaceutique bien connue spécialisée dans l’étude et la production de vaccins et ayant son siège social à Menlo Park, en Californie, a demandé et obtenu du ministère de l’Office de la santé de l’Autorité de la technologie génétique (ministère de la santé en charge de la technologie génétique australien), d’effectuer un essai à grande échelle une sorte de vaccination par voie aérienne.

P.S. Ceci n’est pas un poisson d’avril : ce matin, premier petit déjeuner sur la terrasse… D’accord, j’avais ma « petite laine »… et il n’était pas loin de 9 h… Mais j’y ai pris un grand plaisir !

Des femmes en Afghanistan…

mercredi, février 19th, 2014

C’est un paragraphe de la rubrique de Delfeil de Ton, dans le Nouvel Obs du 13/02, qui m’a alertée :

Le Parlement afghan se compose de deux chambres. Toutes deux ont voté une loi qui interdit aux épouses, aux soeurs, aux filles, aux parentes en général, des hommes coupables de violences domestiques, de témoigner de ce qu’elles ont subi, vu ou entendu.

En fait, la loi est plus globale, d’après ce que j’ai lu :

Le 21 janvier 2014, le Parlement afghan a adopté un nouveau code de procédure pénale. Ce code comporte une disposition (article 26) qui interdirait à la police d’interroger les membres de la famille d’un présumé criminel. Cette interdiction imposerait une restriction importante à l’exercice de poursuites contre les auteurs de crimes à l’encontre de femmes et de filles, notamment la violence familiale et sexuelle, le mariage d’enfants ainsi que le mariage précoce et forcé — crimes pour lesquels les membres de la famille des accusés sont souvent les seuls témoins.

et :

En cas d’agression contre une femme ou une fille de la part d’un membre de sa famille, non seulement la victime ne pourrait pas témoigner contre son agresseur, mais tout autre témoignage d’un proche parent de l’accusé serait également refusé.

Attention ! Ne comprenez pas mal ! Cette loi est faite pour protéger les droits des femmes, justement ! C’est ce qu’explique un responsable dans l’article du Monde :

« Que se passera-t-il si une femme porte plainte contre son mari pour ce qu’elle estime être un comportement violent ? Le mari divorcera. Et aucun autre homme ne voudra ensuite se remarier avec elle. Est-ce cela le droit des femmes ? »

Dans cet article, qui salue les progrès des droits des femmes depuis 2001, on constate une nette dégradation :

Le nombre de cas de violences contre les femmes a augmenté de 24,7 % durant les six premiers mois de l’année 2013 par rapport à la même période de 2012, selon les données recueillies par l’Afghanistan Independent Human Rights Commission.

« La montée de la violence contre les femmes est une réaction des conservateurs face à l’irruption de celles-ci dans des domaines d’activité jusque-là réservés aux hommes », explique Najlla Habibyar, directrice de l’Agence d’Afghanistan de promotion des exportations et figure de la nouvelle génération de femmes à des postes de commandement. Plus celles-ci s’affichent dans l’espace social, plus elles deviennent des cibles.

Mais… une bonne nouvelle : le président a refusé de promulguer cette nouvelle version du code de procédure pénale :

Amnesty International a salué la décision du président Hamid Karzaï de ne pas promulguer la nouvelle version du Code de procédure pénale, qui aurait privé de justice les victimes de viol, de violence domestique et de mariage précoce ou forcé. Le veto du président est une bonne nouvelle car cette version amendée menaçait les avancées réalisées en matière de droits des femmes.

Le projet d’amendement du Code de procédure pénale adopté par le Parlement afghan en janvier 2014 contenait une nouvelle disposition qui aurait empêché les proches d’un accusé de témoigner devant la justice. Dans la mesure où la plupart des cas de violence liée au genre se déroulent dans le milieu familial, cette disposition aurait rendu quasiment impossible l’aboutissement des poursuites dans ce type d’affaires.

Au-delà de la suppression des obstacles qui empêchent de poursuivre les violeurs et autres auteurs de violences, Amnesty International appelle les autorités afghanes à prendre toutes les mesures nécessaires pour faire appliquer pleinement et efficacement, dans tout le pays, la loi de 2009 sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Cette loi érige en infractions une vingtaine d’actes de violence contre les femmes et les filles, dont la violence domestique, les mariages précoces et forcés et les échanges de filles dans le cadre d’une dot ou à titre de compensation pour le prix du sang (baad). Elle constitue une véritable avancée dans la reconnaissance du droit des femmes d’être protégées de la violence et des pratiques préjudiciables.

Reste à croiser les doigts quand même… Car le communiqué de presse du Gouvernement canadien précise :

La loi a été présentée au président afghan Hamid Karzaï, pour signature le 9 février. En vertu des lois afghanes, le président dispose de 15 jours pour sanctionner la loi ou y opposer son veto. S’il sanctionne la loi, elle entrera en vigueur sur-le-champ. S’il recourt au veto, la Chambre basse du Parlement pourra l’annuler par un vote majoritaire des deux tiers. S’il ne fait rien, la loi entrera automatiquement en vigueur après le délai de 15 jours.

Femmes afghanes, nos sœurs… Nos vœux vous accompagnent…

* * *

P.S. 1 qui n’a rien à voir :
J’ai déjà parlé du projet Wool War One de Délit Maille

Voici la carte (provisoire !) des tricoteurs/euses (surtout euses, d’après ce que j’ai vu !) participant au projet (j’ai « blanchi » les noms des tricoteurs/euses) :

En pointant une partie de l’Europe (cliquez sur l’image pour la voir en taille normale) :

P.S. 2 qui n’a rien à voir non plus :
Depuis quelque temps, j’observais avec surprise (et plaisir !) que mon petit blog attirait davantage de lecteurs… Ce matin, un cap a été franchi : celui des 4000 visites en un mois… Çà s’arrose, non ?

Question de foi ?

dimanche, février 2nd, 2014

Une fois de plus, merci à L’instit humeurs de m’informer sur le soudain absentéisme dans certaines écoles…

Donc, une campagne par SMS et réseaux sociaux a incité des parents d’élèves à ne pas envoyer leurs enfants à l’école pour protester contre l’enseignement de la « théorie du genre » qui y serait enseignée…

J’ai déjà parlé ici de cette « fameuse » (fumeuse ?) « théorie du genre » qui enseignerait que le genre de l’individu n’a que peu (voire pas du tout…) de rapports avec son sexe physique/physiologique : c’était en 2011, alors qu’on osait aborder l’homosexualité dans les manuels de SVT de 1ère L et ES : Science sans conscience

Donc : retour à cette grave question… J’ignore pourquoi certains s’acharnent à démolir cette « théorie » qui n’existe pas : vouloir à tout prix que seul le physique/physiologique détermine le psychisme d’un individu me paraît aberrant… Bien sûr que si l’on est grand/ petit, mince/gros, malade/en bonne santé,… fille/garçon, cela joue un rôle important dans notre histoire. Mais pas que ! Notre entourage, nos rencontres, notre construction psychologique jouent aussi un rôle, qu’il me paraît important de reconnaître.
Sans parler des « anomalies » : Dans Marie Claire de janvier, un hermaphrodite conte son histoire : doté à la naissance d’un minuscule pénis (pas de testicules) et d’un vagin, il a subi toute son enfance et adolescence traitements et opérations pour en « faire » un homme…
Où les adeptes du sexe « purement physique » rangent-ils les hermaphrodites ? Ils les tuent à la naissance pour éviter les questions qui dérangent ? Ainsi que les enfants dont le sexe physique/hormonal/chromosomique n’est pas parfaitement « aligné » ?

Cette fameuse théorie n’aurait peut-être pas suffi à elle seule à déclencher une « grève » des parents… Il fallait donc en rajouter une « légère » couche :

Donc, attention !
Les instituteurs vont dispenser des cours d’éducation sexuelle et de masturbation dès la maternelle.
Ils vont aborder la question de l’homosexualité dès la maternelle
Ils présenteront aux enfants des peluches en forme de pénis et de vagin.

Ben oui, y a des gens qui y ont cru, qui y croient peut-être encore… (voir les commentaires de l’article… et aussi de celui du Nouvel Obs :

Guillaume Brossard, cofondateur de HoaxBuster.com (si vous ne connaissez pas ce site… allez-y vite, pour suivre (et voir démonter) les folles rumeurs qui courent via courriels et autres…) explique comment a été fabriquée la rumeur :

Cet appel au « boycott d’un jour de classe » a ceci d’intéressant qu’il est très politisé, très réfléchi, et que les réseaux sociaux et autres canaux viraux ont servi à blanchir son origine. Nous ne sommes pas face à un mouvement spontané d’internautes, mais face à une instrumentalisation mûrement réfléchie.

On touche ici au fonctionnement même de la rumeur. Un discours tenu par un individu n’a pas beaucoup de poids. Mais si 10, puis 20, puis 50 personnes tiennent le même discours, alors il commence à en avoir. Et peu importe que le propos soit vrai ou pas, puisque de toute façon l’internaute n’a « pas le temps » de vérifier.

C’est exactement ce qu’il s’est passé avec cette supposée « théorie du genre » enseignée à l’école et à l’origine du « jour de retrait ». Des interactions ont été créées pour que les gens en parlent entre eux, pour qu’il y ait de plus en plus de monde au courant.

Cet effet de masse s’est appuyé sur les réseaux sociaux, sur des listes de mails et sur des chaînes de SMS. Comment ces données ont-elles été collectées ? Via des pétitions signées dans la rue ou sur internet, via des « likes » de pages Facebook anonymes, qui permettent d’engranger des adresses mail et des profils « non politisés », ou encore via des abonnements à certaines newsletters.

Cet appel a tout de la rumeur, mais ce n’en est pas vraiment une. Il s’agit d’une manipulation orchestrée, s’appuyant sur les mécanismes de diffusion d’une rumeur. Toute cette histoire est instrumentalisée et parfaitement maîtrisée en amont.

Manipulation, donc… Par des organisations dont certaines sont clairement identifiables…

Et menaces, en prime :

« Ceux des vôtres qui la ramèneront sur ce sujet en conseil d’école seront automatiquement ciblés. » Les sections départementales franciliennes de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) ont reçu, mardi 28 janvier, un mail menaçant leur demandant de « stopper [leurs] activités pro théorie du genre », révèle Le Parisien (abonnés). La fédération de parents d’élèves a réagi en envoyant, jeudi matin, une plainte pour « menaces » au procureur de Melun (Seine-et-Marne).

Au passage, sur Hoaxbuster, j’ai découvert une rumeur concernant la taille des crêpes bretonnes… Laquelle vient du site legorafi.fr qui se définit ainsi :

Tous les articles relatés ici sont faux (jusqu’à preuve du contraire) et rédigés dans un but humoristique. L’utilisation de noms de personnalités ou d’entreprises est ici à but purement satirique.

(Ce qui n’empêche que ses « informations » sont relayées ici ou là !)

J’ignorais ce site… qui n’a pas manqué de s’intéresser au phénomène décrit plus haut : voir

Théorie du genre : Les enfants demandent à leurs parents d’agir un peu plus en adulte

Maintenant, si vous voulez vous informer sur le projet « ABCD de l’égalité »

L’éducation à l’égalité et au respect entre filles et garçons s’inscrit dans les objectifs du Socle commun de connaissances, de compétences et de culture. Elle doit être mise en œuvre dans une approche transversale qui engage l’ensemble des matières enseignées et des activités vécues.

ou sur les indications de l’OMS : Standards pour l’éducation sexuelle en Europe (attention ! « indications » et non décrets de loi ! L’OMS n’émane pas du gouvernement, et le gouvernement n’est pas tenu de suivre ses indications !!!).

C’est moins croustillant… mais vous saurez au moins de quoi on parle réellement…

Bonnes lectures… et, s’il vous plaît, ne frisez pas l’infarctus en lisant certains commentaires des articles cités…

Centenaire…

mardi, janvier 7th, 2014

Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais on va commencer cette année à fêter le centenaire de la guerre de 14, la Grande Guerre, la Der des ders…

Vous le saviez déjà ? Ah bon…

Mais peut-être ignorez-vous, parmi tant de projets de célébrations diverses, celui de la World Wool War 1…

Je ne vous présente plus le blog de Délit Maille, j’en ai déjà parlé. Délit Maille a exposé au Musée de Roubaix, et voilà ce qui s’est passé :

Derrière nous, il y avait les chefs du musée qui papotaient. Ils disaient qu’ils nous laisseraient bien deux espaces au premier étage du musée, sur la coursive qui surplombe le bassin, au pied de la très fabuleuse verrière en soleil, et que dans ces deux espaces, ce qui serait bien, c’est qu’on leur tricote la guerre.

On va faire des tranchées,du bleu horizon, des besaces, des vareuses. On va armer les gens en laine, on va les ranger en colonnes par deux, et puis on va les faire défiler dans un musée magique.

C’est ça qu’on va faire.

La guerre, mais en jersey.

Gros boulot, vous imaginez ! Quand Délit Maille a parlé pour la première fois de ce projet, Odile a commenté :

Mais j’y pense, Délit, pour faire l’armée, si tu envoies les patrons aux tir-coteuses que nous sommes, avec les références et tout et tout, on pourrait te préparer quelques-uns de tes soldats. Te resterait le rembourrage et…les finitions, le regard, enfin tout ce qui leur donne leur âme… Qu’en penses-tu?

Quelle drôle d’idée pour une drôle de guerre, Odile ! (L’inspiration lui est sans doute venue parce que c’était le jour de son anniversaire, et que, comme vous le savez sans doute, c’est un jour où nos petits cerveaux turbinent plus vite que d’habitude…)

Idée reprise illico par Délit Maille :

Et si cette World Wool War, on la faisait avec les gens qui viennent voir les gens en laine depuis trois ans? il a dit.

Hein? on a répondu.

Oui, un truc mondial, comme la guerre.

Du genre effort de guerre. Comme quand les femmes tricotaient des chaussettes pour les troupes au front.

A notre tête, ça devait se voir qu’on ne comprenait pas.

Si. On ferait une guerre en jersey à plein de mains. Les gens qui en auraient envie, ils nous le diraient. On leur enverrait la laine et les explications pour faire des vareuses, des croquenots, des besaces, des ceintures, des bretelles, des sacs à dos pour les troupes en jersey du musée magique, qu’ils enverraient au front une fois tricotés dans des petits paquets en papier kraft.

Si vous voulez participer à l’effort de guerre, si vous vous sentez prêts à affûter vos aiguilles à tricoter, allez vite voir le site de Délit Maille : il y a déjà plein d’inscrits, mais il y aura besoin de beaucoup de petites (et grandes !) mains pour faire le travail !

Cocus, mais contents ?

mercredi, octobre 30th, 2013

Enquête réalisée par le Nouvel Obs, à partir d’un sondage Viavoice auprès de plus de 5000 actifs : 73% des personnes interrogées se déclarent heureuses dans leur travail…

Les « grands gagnants » :

1. les cadres de la fonction publique (hors enseignants et professionnels de santé) : 90%

2. les agriculteurs : 86 %

3. les enseignants : 85 %

(Excusez-moi pour le titre provocateur… mais il s’est tellement imposé que je n’ai pu lui résister… bien que je n’aie jamais été fan de Sardou !)

J’avoue avoir été davantage surprise par le résultat des agriculteurs que par celui des enseignants… mais il est vrai que je n’ai quasiment aucune connaissance de cette profession…

Donc, disions-nous, les enseignants sont heureux dans leur métier…

Avec 2 gros bémols : les conditions matérielles… et la reconnaissance par les supérieurs !

Qui sont les supérieurs ? Essentiellement, des gestionnaires : chefs d’établissement, recteurs, ministres (je mets au pluriel, parce que, quand même, j’en ai « connu » beaucoup ! Et que chacun a tenu à faire sa propre réforme !)… Le terme de « gestionnaire » n’est pas ici péjoratif : mais qu’on reconnaisse qu’il y a quelques différences entre « gérer une classe », « gérer un établissement » et « gérer un ensemble de centaines – de milliers ! – d’établissements ».

Un enseignant sera « reconnu » par ses supérieurs, le plus souvent, parce qu’il s’inscrit dans une ligne fixée par lesdits supérieurs. Rarement pour ses qualités personnelles ou son travail avec ses élèves. D’autant que, hormis les directeurs du primaire, lesdits supérieurs n’ont parfois jamais fait face à une classe… De plus, le chef d’établissement a pour mission de répercuter les « consignes » venues d’en-haut… rarement du goût des enseignants… si bien que la grogne des enseignants contre les nouvelles données se traduit en affrontement contre la direction de l’établissement… Je pense notamment à ces conseils d’administration où l’on discute de la répartition des classes et des services : le rectorat donne une « enveloppe globale » d’heures à répartir (en suivant bien sûr un certain nombre d’obligations). Cette « enveloppe globale », que j’ai vue diminuer d’année en année en termes de H/E (c’est-à-dire heure par élève), est rarement du goût des enseignants, qui voient diminuer ou disparaître dédoublements et heures de cours… et augmenter le nombre d’élèves par classe ! Mais « l’administration » n’a pas d’autre choix que de « faire avec ce qu’on lui donne » ! D’où incompréhension mutuelle, affrontements et rancœurs…

Quant aux inspecteurs, si on les range dans les « supérieurs », eux aussi s’appliquent à se conformer aux directives qu’ils reçoivent, gardant pour eux leurs états d’âme, s’ils en ont ! Et se trouvent donc, le plus souvent, en décalage complet avec l’enseignant qu’ils viennent inspecter… sauf si ce dernier, par chance, applique scrupuleusement toutes les nouvelles manières de suivre le dernier programme en date et ses recommandations… C’est sans doute davantage le cas maintenant : les enseignants héritiers de 68, et donc peu enclins à courber l’échine devant supérieurs et nouveaux règlements, se raréfient forcément…

Le problème, entre autres, est qu’il est fort difficile d’évaluer la « compétence » d’un enseignant, même si ces « évaluations » ont lieu chaque année… J’ai connu une époque où la principale donnait les « bonnes classes » aux « bons professeurs » : excellent choix, vu que les résultats (au brevet, par exemple) étaient bien meilleurs dans ces classes que dans les autres… Mais… cela était-il dû aux élèves ou aux profs ??? Comment le savoir ???

La multiplication, ces dernières années, des tâches administratives dévolues aux enseignants (entre autres : appels et cahiers de textes numériques, qui obèrent le temps d’enseignement) permet, certes, d’évaluer sur ce point les enseignants… Mais est-ce vraiment là l’essentiel ?

Les enseignants, descendants des « hussards de la République », ont bien des choses à reprocher à la façon dont on les traite… Reconnus dès le début pour leur utilité (entre autres, pour assurer l’avenir de l’instruction publique, gratuite et obligatoire, mais aussi, très vite, pour donner des conseils d’hygiène et de vie, et toucher ainsi les parents par le biais des enfants), ils n’ont eu droit que tardivement à une « reconnaissance financière », toute relative… Certes, ils n’ont plus besoin d’assurer leur subsistance en remplissant, en outre, les fonctions de secrétaires de mairie… Mais tels adultes qui poussent de grands cris sur nos « privilèges » (vacances, par exemple !) cherchent pour leur progéniture d’autres métiers, plus gratifiants et rémunérateurs, que celui-là !

Bref, bref… Voici les résultats dudit sondage pour les enseignants :

Moyenne Enseignants Classement
% % (sur 23)
Globalement, dans le cadre de votre travail actuel, diriez-vous que vous êtes heureux ? 73 85 3
Activité professionnelle qui passionne 63 79 7
Reconnu par ses supérieurs (4 professions majoritairement non concernées) 35 31 15/19
Bonnes relations entre collègues 82 86 9
Conditions matérielles satisfaisantes 67 66 16
Travail non pénible 58 63 12
Travail non précaire 76 90 7
Travail utile à la société 79 91 3

Rentrée…

lundi, septembre 2nd, 2013

Rentrée… 5ème rentrée que je ne fais pas…

Des regrets ? Non, vraiment pas… J’ai eu l’énorme chance de terminer mes 40 années d’enseignement par 3 années « en or » : non seulement j’ai pu bénéficier d’une dernière mouture de la Cessation Progressive d’Activité (CPA pour les intimes), et donc de n’avoir plus que 3 classes (2 la dernière année…) au lieu des 4 que je ne sais plus quelle réforme nous avait imposées, mais en plus, ces 3 années, l’équipe « administrative » a été celle que je n’aurais jamais osé rêver, sachant surtout répondre à mes attentes quand un problème se posait avec un élève… J’en ai déjà parlé, tant pis si je radote un peu : après tout, je commence à en avoir l’âge…

Quand j’avais un problème avec un élève, non soluble dans la classe (le problème, pas l’élève !), je faisais appel à « l’administration » ; non, évidemment, pour que ladite administration sanctionne l’élève en question : cela, je pouvais le faire sans aide extérieure ! Mais pour qu’un autre adulte dialogue avec l’élève, hors classe, et tente de savoir quel problème se posait réellement. Parfois, le problème était d’ordre relationnel entre l’élève et moi ; mais, le plus souvent, il s’agissait de bien autre chose, d’ordre familial ou personnel… Que l’une ou l’autre personne de l’équipe puisse parler avec l’ado, l’écouter, comprendre… et me tienne au courant, cela a été d’une grande aide pour ces dernières années. Permettez-moi de remercier encore, ici, ces deux personnes qui étaient vraiment à l’écoute des élèves comme des personnels, et dont je garde un chaleureux souvenir…

Donc, disais-je, pas de regrets de cette « retraite » : après 3 années comme celles-là, j’aurais eu trop de mal à enchaîner avec une équipe administrative plus « classique »… vu mon caractère, les conflits n’auraient pas manqué !

Mais… comment ne pas éprouver, de temps à autre, et particulièrement quand la Rentrée scolaire est à la Une, quelques bouffées de nostalgie ?…

« Retraite »… Beaucoup en rêvent, paraît-il… Cela n’a pas été mon cas : Mon métier était trop une part importante de ce que j’étais pour avoir envie de le quitter, malgré la fatigue croissante. Retraite, retrait, retirer… c’est, brutalement, une part de moi qui s’est arrachée, non sans douleur, évidemment !

On pense souvent : il faut préparer sa retraite, avoir des activités qui font oublier le travail…

Ce n’est pas vraiment le problème : des activités, j’en ai, et assez prenantes… Le problème, c’est de retrouver une identité, quand sa propre identité s’est confondue pendant des dizaines d’années avec son métier… Le problème, ce n’est pas de « faire », c’est d' »être », d’exister, tout simplement…

* * *

Lucien Marboeuf s’est préparé à la rentrée, lui… En allant jouer au prof sur Internet…

Bien que sa description d’une « partie » ne m’ait guère alléchée (mais bien amusée !), je suis allée faire un tour sur ce site où l’on peut « jouer au prof« …

Je ne me suis pas inscrite pour pouvoir jouer à mon tour… Mais qui sait ? Peut-être en aurez-vous envie ?…

Pauvres petits riches…

vendredi, août 9th, 2013

Dossier dans le Nouvel Obs : « Comment vivent les SUPER RICHE$ »…

Bonne nouvelle : ils sont de plus en plus nombreux… ce qui nous permet d’espérer rejoindre leur club un jour ou l’autre… 476 milliardaires (en dollars, bien sûr !) dans le monde en 2003, 1 426 en 2013… Bon, d’accord, en proportion de la population mondiale…

Sans surprise : ce sont les États-Unis qui détiennent le record, avec 442 milliardaires (222 en 2003), puis les Chinois avec 122 (0 recensé en 2003), et les Russes avec 110 (17 en 2003)… 24 Français (autant que de Coréens du Sud…), 58 Allemands…

J’apprends que ces pauvres riches ont besoin, pour gérer leurs milliards, de « family offices » : des équipes chargées de faire fructifier le moindre petit dollar par investissements, fondations ou trusts dans les paradis fiscaux ; « Mais ces structures se préoccupent aussi des tracas et contingences matérielles de la vie quotidienne des hyper-privilégiés. » Pauvres petits riches…

Des spécialistes en marketing de produits de luxe démarchent auprès des « HNWI pour high net worth individuals (« personnes de haute valeur ») ou UHNWI pour ultra high net worth individuals, catégorie qui émarge à plus de 30 millions de dollars d’argent de poche. » Pauvres petits riches…

J’apprends aussi qu’Apple, « réputée championne toutes catégories de « l’optimisation fiscale », possède plus de cash que le Trésor américain, mais ne lui reverse proportionnellement qu’une somme dérisoire. » Et que « Facebook, malgré plus de 1 milliard de profits, n’a pas payé du tout d’impôt l’année dernière. » Pauvres petits riches…

C’est que ça coûte de plus en plus cher, d’être riche ! Si en 1941 un couple de collectionneurs avait payé 7 000 dollars pour « le Rêve » de Picasso, ce tableau a été racheté 48 millions de dollars en 1997, 60 millions en 2001, 155 millions en 2006… Pauvres petits riches…

Et encore, je ne vous parle pas des locations dans les Hamptons, « à l’est de New York », qui peuvent atteindre « un million de dollars pour trois mois ». Bon, d’accord, ce ne sont pas des HLM… Mais quand même ! Pauvres petits riches…

Tiens, pour vous faire rêver un peu :

Le 4 juillet, un pauvre petit riche américain s’est fait livrer un magnum de Dom Pérignon. « La bouteille était bien frappée. et pour cause : elle est tombée du ciel, livrée par un serveur largué en chute libre à plus de 4000 mètres d’altitude… Le prix de ce petit plaisir un rien vulgaire ? 25 000 dollars. »

Pauvres petits riches…

Des dettes et des dates…

mercredi, juin 12th, 2013

(J’aurais bien écrit « dattes » pour le plaisir de la symétrie… mais cette fôte vous aurait enduits d’horreur, chers lecteurs…)

Cette « histoire », lue dans les Nouvel Obs du 16 mai et du 6 juin, me laisse perplexe, et j’espère que l’un ou l’autre d’entre vous pourra m’éclairer un peu.

De quoi est-il question ?
Des allocations chômage.

« De mon temps », quand on était au chômage (mais oui, mais oui, ça m’est arrivé ! Avant que j’obtienne le précieux CAPES au 3ème essai !), on allait s’inscrire à l’ANPE et on touchait des « allocations journalières », augmentées des allocations ASSEDIC si l’on avait la chance que l’employeur précédent y ait cotisé (ce n’était pas mon cas… ). On devait pointer toutes les semaines à la mairie et, évidemment, avertir si l’on avait trouvé un emploi.

Je ne sais pas grand chose de « Pôle Emploi », mais le fonctionnement a l’air d’être plus complexe. Par exemple, l’entreprise qui a employé un chômeur ne déclare sa « fin de mission » qu’une semaine après. Il y a sûrement des raisons pour cela. Et les chômeurs en sont avertis. Mais… il arrive qu’ils l’oublient… Et que, pressés d’obtenir un autre emploi (et, accessoirement, de manger d’ici là), ils aillent se déclarer chômeurs dès la fin de leur « mission »…

Où est le problème ? me demanderont peut-être ceux qui en savent encore moins que moi sur ce sujet…

Le problème est que, pendant cette semaine d’intervalle, le chômeur touche des indemnités qu’il ne devrait pas toucher. Et qu’un « beau » jour on lui demande de les rembourser… Et cela peut atteindre plusieurs milliers d’euros !

Le « cas » détaillé dans l’article du 16/5 expose la situation de Jean, 31 ans, qui n’a pu suivre son entreprise lors de sa « délocalisation » en 2009, faute de logement social. Au chômage, donc. 800 € par mois, dont 400 pour le loyer. Impossible de nourrir femme et enfant avec ça : la femme a pris son bébé sous son bras et est allée vivre chez sa mère.

Et voilà que début 2013, une lettre recommandée de Pôle Emploi lui demande de rembourser 3 300 € pour « allocations indues »… On veut bien étaler le remboursement : 133 € par mois, pendant 2 ans… Mais c’est encore trop pour Jean, dont les missions d’intérim sont irrégulières… et les frais, malheureusement trop réguliers !

D’après Pôle Emploi, il y a actuellement environ (tenez-vous bien !) 500 000 demandeurs d’emploi en dette avec l’organisme, pour un montant moyen de 596 €… et un total de 300 000 000 € !!!

Cela vaudrait peut-être le coup de revoir la façon de procéder, non ???

Je ne comprends pas bien l’histoire du délai d’une semaine (comment le chômeur se nourrit-il pendant cette semaine ???), mais admettons… Quand il vient se déclarer à nouveau chômeur, l’employé ne lui reprécise pas ce délai ? Il n’a pas, sur son ordinateur, les détails des emplois et des allocations de la personne qu’il a en face de lui ? Il ne l’avertit pas qu’il est déjà en dette ? Car enfin, si le chômeur était averti alors qu’il n’est en dette que d’une centaine d’euros, sans doute le remboursement serait-il plus aisé… Alors qu’évidemment, quand il se trouve en dette de plusieurs milliers d’euros, il ne voit pas comment s’en sortir !!!

L’article rappelle d’ailleurs que l’intitulé « indus » a remplacé en 2010 le « trop-perçu » après qu’un demandeur d’emploi se fut suicidé à la réception d’une lettre recommandée lui réclamant un « trop-perçu » de… 8 944,70 € !!!

Le billet de Delfeil de Ton du 6/6 parle d’une chômeuse de 51 ans, devant rembourser environ 1 500 € d’indus… Comme elle s’y refusait, on lui envoya l’huissier. Comme elle n’accueillait pas très bien (on se demande pourquoi ???) ledit huissier, celui-ci (enfin, celle-ci, plus exactement) revint avec des gendarmes.
C’en fut trop pour la chômeuse : arrêt cardiaque et extinction définitive de la dette le 30 mai dernier…

Pour finir sur une note plus gaie, je retourne à l’article du 16/5 : une autre chômeuse, devant rembourser 2 648 €, a eu droit à un échelonnement de sa dette lui permettant d’en rembourser… une partie ! Car si payer 1 centime par mois ne devrait pas lui poser trop de problèmes… la durée du remboursement n’est pas assurée : 22 000 ans !!!

D’ici et d’ailleurs

lundi, mai 13th, 2013

* Pub dans le journal pour ATD Quart Monde :
« Combattre la pauvreté, c’est d’abord combattre nos préjugés.
Les pauvres sont des pros de la fraude aux aides sociales.
(Réponse sous forme de graphique) :
Fraude au RSA : 60 millions €
Travail non déclaré par les entreprises : 190 millions €
Fraude fiscale : 2989 millions €
(Source : CNAF, Délégation Nationale à la lutte contre la Fraude, bilan 2011)

* 30 avril : Caroline du Nord
Une petite fille de 2 ans tuée par son « grand » frère de 5 ans.
« Accident » a conclu le coroner…
Peut-on réellement qualifier d' »accident » le fait qu’un enfant de 5 ans puisse « jouer » avec une carabine, même spécialement conçue pour les enfants (sic !) ?
2 autres « accidents » mortels du même type le mois dernier, précise l’article du Nouvel Obs. Avec cette fameuse carabine, vendue à 60 000 exemplaires par an.
J’oubliais une précision importante : lesdites carabines sont bleues (ou marron) pour les garçons, roses pour les filles…
Jolis « jouets »…

* U.S.A. encore :
38 millions d’étudiants endettés pour leurs études… « en avril, le total de la dette étudiante atteint la somme colossale de 1000 milliards de dollars ! Un montant qui a triplé en 8 ans, d’après la Réserve fédérale de New-York » (Nouvel Obs du 9/5/2013).
« Dans un pays où une année de frais universitaires coûte 15 000 à 50 000 dollars, de nombreux emprunteurs resteront endettés bien au-delà de la quarantaine. Barak Obama lui-même a reconnu qu’il n’avait fini de rembourser son emprunt qu’il y a 8 ans. »

Cela me fait penser à une nouvelle de SF que j’ai lue il y a longtemps : l’auteur imaginait que la dette des parents se transmettait aux enfants quand ils atteignaient l’âge adulte… Ainsi, un jeune commençait à travailler pour rembourser une partie de la dette de ses parents… Ça doit drôlement donner envie de travailler !

* Tiens, en parlant de travail… Une jolie citation de M. Copé, qui en a commis quelques autres (même numéro du Nouvel Obs, dans la chronique de François Reynaert) :

« Il faut redonner toute sa place au travail, seul moyen de faire reculer le chômage. »

Y auriez-vous songé ?

Quand on pense aux dizaines de milliers d’emplois supprimés lors du précédent quinquennat, je trouve ce « remède » particulièrement savoureux…

(Légère) erreur de calcul…

mardi, mai 7th, 2013

Bon, d’accord, bien que prof de Français (enfin… ex-prof !), il m’arrive de faire des fautes d’orthographe. Nul n’est infaillible (à une exception près… mais ce n’est pas là mon sujet).

Il y a cependant une légère différence entre mes erreurs et celles de Mme Reinhart et M. Rogoff : elles ne touchent que peu de gens, et ne vont pas modifier leur vie pour autant…

Cela ne vous dit rien, Reinhart et Rogoff ? Pourtant…

(Mais rassurez-vous, cela ne me disait rien non plus jusqu’à ce que je lise cet article dans le Nouvel Obs du 2/5/2013.)

Ce sont les 2 économistes auteurs de l’article « Croissance en Période de Dette », paru en 2010… et bible pour bien des États de par le monde.

Ce rapport démontrait que les États endettés au-delà de 90% du PIB avaient une croissance moyenne de -0.1% par rapport aux pays moins endettés. Et toutes les « chances » d’entrer en récession…

D’où… Rigueur Obligatoire, Austérité et toutes ces sortes de choses, un peu partout dans le monde…

Un étudiant en doctorat, Thomas Herndon, n’était pas vraiment convaincu : « Intuitivement, j’avais tendance à penser que si l’on virait beaucoup de gens, ce n’était pas bon pour l’économie. Que ces gens n’allaient pas consommer, ni participer à la croissance ». Il a donc repris les calculs des deux économistes…

Et… bingo ! Il découvre l’Erreur dans un tableau : un curseur mal positionné omet dans le calcul 5 des pays étudiés (Australie, Autriche, Belgique, Canada et Danemark)… ce qui change évidemment le résultat : + 2.2% au lieu de -0.1% ! Et, pour l’étudiant, ce « seuil » de 90% n’est pas significatif…

Les économistes susnommés affirment que cela ne remet pas en cause leurs conclusions, et qu’ils ont publié l’an dernier un rectificatif… lequel n’a pas dû recevoir la même publicité que leur étude de 2010…

Je me demande ce que pensent les Grecs, par exemple, de cette erreur de calcul…