Plus d’une semaine sans écrire sur mon blog ! Terrible ! Il faut quand même que je vous termine l’histoire d’Anne-Marie avec le dernier drame dont j’ai le souvenir… le plus grave !
C’était à la fin de l’année (de quelle année ?) et nous étions convoqués pour la correction des épreuves de français du brevet, à quelques kilomètres de notre Zup. Il avait été convenu que nous partirions à trois dans ma voiture. Nous étions convoqués l’après-midi à une heure et demie, donc rendez-vous a été donné à une heure sur le parking de la Zup.
L’autre collègue (qui est toujours d’ailleurs une amie) m’invita à déjeuner. De bavardages en bavardages, nous prîmes sans doute un peu trop de temps… si bien qu’une heure arriva et que nous n’étions toujours pas parties…
Lulubie disait l’autre jour que nous en arrivions à justifier la parano des autres… Ce fut exactement ce qui se passa : en nous amusant un peu, nous avons imaginé qu’Anne-Marie serait complètement terrorisée de ne pas nous voir…
Mais nous nous sommes quand même dépêchées de plier bagages et de nous diriger vers le parking.
Quand nous sommes arrivées, à notre grande surprise, il n’y avait personne. Nous avons attendu un moment et, ne la voyant pas arriver, nous avons fini par prendre la route toutes les deux. Nous sommes arrivées en retard, étant donné que j’avais dû me perdre quelque part… Pas grave : les paquets de copies attendent !
Dans la salle, tous les correcteurs étaient à l’ouvrage… y compris Anne-Marie ! Des regards peu amènes nous ont suivies. Anne-Marie s’est tournée vers nous sans un mot (mais elle avait les yeux rouges rouges), et je me suis excusée de mon retard. Elle m’a informée qu’elle repartirait avec quelqu’un d’autre…
Nous avons corrigé nos copies. J’étais un peu embêtée de ce rendez-vous raté : nous n’étions quand même pas si en retard que ça … et nous ne savions pas ce qui s’était passé.
Nous l’avons su le soir même par l’une de nos collègues qui, de sa fenêtre, avait vu Anne-Marie arriver sur le parking vers une heure moins quart, marcher de long en large, puis finalement, au bout de cinq ou dix minutes, se diriger vers la cabine téléphonique. Peu de temps après, un taxi était arrivé, elle y était montée.
Bon, c’était modérément étonnant, vu le caractère d’Anne-Marie, mais enfin, le rendez-vous étant à une heure, je ne voyais pas très bien pourquoi elle s’était paniquée… Fin de l’épisode (pensais-je… à tort !).
Le lendemain matin, je commençais plus tard, et à la récréation, je perçus les regards un peu étranges des collègues… jusqu’à ce que l’un d’eux me dise : « Quand même, c’est dégueulasse, ce que vous avez fait à Anne-Marie ! »
Elle avait averti toute la salle des profs que nous avions fait exprès de ne pas l’emmener pour la mettre en difficulté… Ses yeux rouges avaient sans doute mieux convaincu que mes explications ne purent le faire…
Mais je vous jure que j’ai toujours, depuis, essayé d’éviter au maximum les contacts avec ce genre de personnes, capables de faire une histoire extraordinaire (et de monter nombre de gens contre vous !) à partir d’un petit détail !
