Archive pour la catégorie ‘Généalogie’

Centenaire…

Jeudi 6 février 2014

Ces deux jeunes mariés (du 28 août 1919) sont mes grands-parents maternels.

Ils avaient peut-être prévu de se marier plus tôt : Henri est alors dans sa 24ème année, Germaine dans sa 26ème année. Ils se connaissaient depuis l’enfance, et les nombreux « billets bleus » envoyés par Henri à Germaine témoignent que leur relation était « sérieuse ».

Elle a perdu sa mère lorsqu’elle avait 2 ans : son père s’est remarié, et elle a deux demi-sœurs.
Lui a perdu son père lorsqu’il avait 3 ans. Sa mère (qui avait auparavant eu un premier enfant, décédé à deux mois) ne s’est pas remariée, et décédera en 1929

En 1914… Henri n’a alors que 18 ans, et est élève par correspondance de l’École Spéciale des Travaux Publics, du Bâtiment et de l’Industrie, à Paris. Le 1er mars 1915, il est déclaré apte au Service armé (il n’a pas encore 19 ans…) et se retrouve au 2ème Régiment Sapeur-Mineur, puis, le 2 octobre 1916, au 1er Régiment du Génie. Intégré à la 63ème Compagnie eu 22ème Bataillon de ce Régiment (qui deviendra par la suite le 21ème… je ne sais plus pourquoi…), il se retrouve au feu, et recevra, comme ses camarades (survivants !) 2 citations à l’ordre du Corps d’Armée pour la conduite de la Compagnie « au Mort Homme en Avril et Mai 1916, aux attaques sur l’Aisne en Avril 1917, au cours des attaques des 20 Août et 8 Septembre 1917″ sous les ordres du Capitaine Chalon.

On m’a toujours raconté qu’il avait été « gazé », et que cela a été cause de sa mort, bien plus tard ; mais ne figure dans son livret militaire que sa blessure par balle au bras droit le 25 septembre 1918 à Bouxières-au-Bois, qui lui vaut 10 jours d’hôpital à Toul, puis 10 jours de permission pour convalescence. Peut-être a-t-il pu rentrer chez lui à cette occasion…

Lettre du 22 octobre 1918 de Henri à Germaine :

Ma petite Germaine chérie
Je reçois ce soir en rentrant de mes « occupations » ta bonne lettre du 21. Merci, elle m’a fait bien plaisir. Tu sais, je travaille : j’ai entrepris aujourd’hui un gourbi, c’est le plus près des lignes c’est malheureusement le plus loin du cantonnement ! La même vie de tranchées recommence. Nous voilà dans l’eau et la boue pour tout l’hiver !
Je me console dans mon malheur car je suis sous les ordres de l’Aspirant.
J’ai reçu des nouvelles de maman, aussi. Elle me dit que Maurice est venu la voir. Pas de chance !
J’aurai bien voulu être à tes côtés dimanche dernier. J’aurai pris grand plaisir à te voir confectionner ta nouvelle robe. Souhaitons que je la vois lorsqu’elle sera terminée.
J’ai reçu aujourd’hui une nouvelle lettre de ma Miss, me félicitant pour ma citation. Elle m’écrit tout en anglais, car elle ne saurait me le dire en français !
J’ai 2 « Annales » que je t’enverrai dès que je les aurais lues.
J’ai bien dormi la nuit dernière. Maintenant que je suis installé, cela m’est égal, c’est le principal.
J’ai pris mes aises. Je possède 2 couvertures et les nuits ne sont pas encore par trop fraîches.
Je vais toujours bien. J’espère que tu es en bonne santé.
Bonjour à tes parents
Mille bons baisers
Henri

L’armistice du 11 novembre permet cependant d’envisager l’avenir…

Lettre de Henri aux parents de Germaine

Le 23 décembre 1918
Chers Monsieur et Madame H,
J’ai bien reçu votre carte lettre du 18 courant. Elle m’a fait bien plaisir. Je suis heureux de vous savoir tous en bonne santé. Je pense que vous n’êtes plus veuf et que Madame H est depuis hier avec vous. Je vais bien mais j’ai un peu le mal du Pays. Ma permission se trouve encore loin : 15 février. Les lettres ne marchent pas non plus tout ce qu’il y a de mieux. Encore aujourd’hui nous n’avons pas de courrier.
Germaine qui est au courant de tous mes projets vous a sans doute entretenu de mon intention de vous demander sa main pendant ma prochaine permission.
Je ne pense pas que vous voyiez d’inconvénients à cela, attendu que cela régularisera la situation dans laquelle nous nous trouvons et que la fin de la guerre a toujours prolongé.
Il est entendu que ce ne sera que nos fiançailles officielles et qu’il n’y aura rien d’autre tant que je serai soldat.
Je serai heureux de savoir ce que vous pensez de ce projet.
Dans l’impatience de vous lire je vous prie de me croire
Toujours votre tout dévoué
H R

Il accède au grade de Sergent Fourrier le 10 janvier 1919. Et c’est avec ce nouveau grade qu’il se marie le jeudi 28 août 1919.

Le 10 mai, il est passé au 131ème Régiment d’Infanterie, et il termine sa période militaire le 19/9/1919. Il a la Croix de Guerre et étoile de bronze, et la médaille de Verdun. Il recevra la Médaille Interalliée dite « de la Victoire » le 7 février 1932.

Henri et Germaine auront 3 enfants, 2 filles et un fils, entre 1920 et 1926. Ceux-ci n’auront pas la chance de connaître longtemps leur père, qui meurt en 1933, un mois jour pour jour après son 36ème anniversaire…

Une histoire… parmi tant d’autres…

Sur les traces… (bis)

Jeudi 30 août 2012

Avez-vous une idée des efforts fournis par nos ancêtres pour que nous soyons là, nous, aujourd’hui ? Je veux parler ici du fort pourcentage d’enfants morts en bas âge… et même de la courte vie des femmes, suite aux couches à répétition…

J’en veux pour exemple ces Brigaudin dont j’ai déjà parlé : je ne sais si ceux que je vais citer figurent parmi mes ancêtres : j’ai pour le moment un gigantesque puzzle… dont il me manque encore des morceaux pour relier les uns aux autres !

Par exemple, Thomas, pêcheur à Soisy-sous-Etiolles :
Il se marie en 1683 (23 ans) avec Jeanne Dubosc.
En 1684 (il ne faut surtout pas perdre de temps !) naît Antoine.
En 1686, Nicolas, qui meurt à 1 mois 1/2.
En 1689, Marie Élisabeth, qui meurt à 19 mois.
En 1692, Pierre.
En 1693, Nicolas.
L’année 1694 est particulièrement dure à Thomas, qui habite maintenant Ris, de l’autre côté de la Seine : ses fils Pierre et Nicolas meurent en mars (l’un à 31 mois, l’autre à 1 an) ; sa femme au mois de juin.
Il se remarie en septembre, avec Marie Anne Legrand : il a 34 ans, elle 25. Et, apparemment, supportera beaucoup mieux les grossesses ! Pour preuve :
En 1695 naît Marie.
En 1696, Thomas.
En 1698, Jean, qui meurt à 3 jours.
En 1699, Marguerite (elle se mariera en 1723).
En 1700, Henriette, qui meurt à 3 mois.
En 1702, Jeanne (elle se mariera en 1726).
En 1704, Nicolas, qui meurt à 1 an (Thomas cessera alors d’appeler ses fils Nicolas…).
En 1706, Antoine Barthélémy, qui meurt à 3 ans.
En 1708, Hélène Claude, qui meurt à 9 mois.
En 1712, Marie Geneviève (qui se mariera en 1734… et décédera 8 ans plus tard, à 30 ans).
Auxquels il faut ajouter Marie Anne, dont je n’ai pu trouver l’acte de baptême, qui se mariera en 1718 et décèdera 5 ans plus tard.

Je n’ai pas réussi à trouver tous les actes, certains étant fort elliptiques et oubliant, par exemple, de nommer la mère… Comme les prénoms Thomas et Nicolas se retrouvent fréquemment dans la famille, cela n’aide pas la reconstitution des familles !

Mais bon, sur 16 enfants, bien peu ont (peut-être) atteint l’âge adulte !

Thomas mourra en 1728 à 68 ans (dit l’acte de sépulture : je n’ai pas retrouvé de façon certaine l’acte de baptême), et sa deuxième épouse en 1748, à 82 ans dit l’acte de sépulture, en fait à 79 ans, ce qui n’est pas si mal pour une femme de cette époque qui a eu 11 enfants !

Louis n’aura que 2 enfants de sa première épouse, mais 14 de la seconde, dont 4 arriveront (peut-être) à l’âge adulte, et 2 morts à la naissance…

Tout de même… tant d’enfants pour faire si peu d’adultes !

Sur les traces de mes ancêtres…

Mercredi 22 août 2012

Eh bien non ! Je n’en suis pas arrivée à l’homme du Néanderthal, ni à Adam et Ève ou à Ramsès II, dont se réclament certains de mes semblables. Même pas à Charlemagne, dont descendent, paraît-il, de nombreux généalogistes… Sans Nobles Gentilshommes ni Gentes Dames dans mon ascendance jusqu’ici, je suis limitée aux registres catholiques qui, dans les paroisses consultées, ne commencent qu’au 17ème siècle… Charlemagne est encore loin !

Mais j’ai réussi à débloquer une branche, coincée depuis le début de mes recherches… J’en avais débloqué une autre l’année dernière, par pur hasard, en faisant des recherches pour une « cousine » (en fait, nièce de la 2ème femme de mon arrière-grand-père maternel) : j’avais découvert que ce second mariage s’était déroulé à Saint-Clément (89)… où vivaient les grands-parents de l’époux, dont je n’avais pas trouvé trace jusque là…

Encore suis-je redevable au sens de conservation de ma famille maternelle : les papiers de famille ont été pieusement conservés. Reconstitutions des actes de l’état-civil de Paris, extraits de registres de 1822, et même actes de propriété de 1750 !

C’est l’extrait de 1822 qui me posait problème : mariage de mon ancêtre François Pascal Deforges le 12/4/1812 à Epinay-sous-Sénart (91) avec Arthémise Henriette Jouagny. Si j’avais pu remonter la branche de l’épouse à Epinay (jusqu’à être noyée sous les « Gilles Houdard fils de Gilles Houdard » !), j’étais restée bloquée sur l’époux : fils de défunt Philbert Sévère Desforges, arpenteur royal, et de Marie Catherine Brigodin. J’avais bien trouvé son acte de baptême à Corbeil (date indiquée dans l’acte de mariage), mais rien de plus…

Les archives étant désormais en ligne, les recherches sont plus aisées… et me voilà découvrant à Corbeil (91) en l’an XIV (1805) que Nicolas Sévère Deforges, frère de mon ancêtre, s’est marié… Il a bien les mêmes parents… mais son père est dit maître d’école !

Je trouve, grâce à cet acte, le décès de son père en l’an IV : 49 ans… arpenteur ! (on n’est plus « royal », à cette époque…)

Peut-on passer de maître d’école à arpenteur ??? Les autres actes concernant cette famille mentionnent arpenteur (royal ou non)…

Ne trouvant décidément rien de plus sur les origines Deforges-Brigodin à Corbeil, je retourne à cet acte de l’an XIV, où l’époux est dit avoir 28 ans 1/2 et être né à Plessis-Pâté (91). 1805 – 28,5… il a dû naître en 1776 ou 1777…

En fait, il s’est un peu rajeuni, car je trouve son baptême en 1773… fils de Philbert Sévère Desforges, maître d’école dans la paroisse… La monographie de Plessis-Pâté m’indique d’ailleurs qu’il y a été maître d’école de 1770 à 1774…

Et avant 1770, où diable était ce couple ???

Deuxième retour sur cet acte de l’an XIV : un témoin du mariage est Louis Barthélémi, oncle de l’époux, élagueur à Soisy-sous-Etiolles…

Qu’à cela ne tienne ! Allons voir les Tables Décennales de Soisy-sous-Etiolles… devenu Soisy/Seine (91)… (Pour les non-avertis, les tables décennales sont ces merveilleux registres, tenus tous les 10 ans, où sont indiqués les actes d’état-civil classés par catégories – naissances, mariages, décès – et par ordre alphabétique : très très pratique !) J’y trouve le décès de mon Louis en 1837… et celui d’un Brigaudin en 1833… lequel est dit né à Ris (91) !

Soisy-sous-Etiolles, c’était déjà amusant : c’est là où est née ma grand-mère maternelle… Ris, c’est encore plus curieux : mes grands-parents s’y sont connus enfants (bien que non originaires de ce village), ils s’y sont mariés, y ont fait construire, y ont élevé leurs 3 enfants qui s’y sont mariés… et j’y ai passé mon enfance et mon adolescence !

Et le problème se corse : baptême en 1769 de Philibert Sévère Deforge, fils de Philibert Sévère Deforge maître d’école à Ris et de Marie Catherine Brigaudin… Parrain : Philibert Deforge… arpenteur royal à Corbeil !!!

De quoi s’arracher les cheveux… Y a-t-il deux Philibert, l’un maître d’école et l’autre arpenteur,… ayant tous deux épousé une Marie Catherine Brigaudin ???

C’est d’ailleurs la seule année où je trouve ce Philibert à Ris… Je poursuis cependant, car des Brigaudin, il y en a des tas ! De quoi faire des petites fiches familiales pour tenter de m’y retrouver… sans pour autant pouvoir les relier entre elles : curieusement, ils semblent presque tous se marier ailleurs… me privant de leurs ascendants ! Et avant 1686, je n’en trouve même plus !

Eh bien ! Retournons donc à Soisy, puisqu’il y avait là aussi des Brigaudin…

Bingo !

Le 29/8/1768, mariage Deforge-Brigaudin !

Lui a 21 ans (mineur à l’époque), né à Ozoi le Voulgi (en fait, Ozouer-le-Voulgis, 77), et est maître d’école à Ris. Elle a 21 ans 9 mois (mineure également), née à Soisy.

J’ai leurs parents et leurs lieux de naissance ! Je n’ai plus qu’à poursuivre mes recherches dans ces 2 paroisses… en espérant que leurs ancêtres n’aient pas trop bougé…

Un autre détail amusant est qu’à ce mariage sont témoins deux maîtres d’école (dont un oncle de l’époux)… Il va falloir que je compte combien de maîtres d’école j’ai dans mes ascendants… cela commence à faire beaucoup…

Ça existe, les vocations génétiques ???

En bref… En vrac… En bref… En vrac… En bref…

Dimanche 9 octobre 2011

Pub

Après les pubs de Microsoft Office, ce sont des pubs d’Eram que je vais brièvement évoquer. Un article du Nouvel Obs les évoque, citant quelques-uns des messages :

« Comme disent mes deux mamans, la famille c’est sacré. »

« Comme disent ma maman et son petit copain qui a l’âge d’être mon grand frère, la famille c’est sacré. »

« Comme disent mon papa, ma maman et la troisième femme de mon papa, la famille c’est sacré. »

Évidemment, on ne voit pas très bien le rapport entre les messages et la vente de chaussures… Si ce n’est que sous la photo de ladite famille apparaissent les prix des chaussures…

Je ne suis pas très sûre que ces messages génèrent une meilleure acceptation des familles qui ne correspondent pas au schéma traditionnel. Et j’avoue que le 2ème message me choque : mettre dans la bouche d’un gamin de 5-6 ans (et qui a l’air plutôt dubitatif) un tel commentaire sur le « petit copain » me semble davantage accuser la mère que la « banaliser »… Vous me direz peut-être ce que vous en pensez ?

Généalogie

Lu dans un forum de généalogie de la Nièvre, cet extrait d’un acte de mariage :

 » …Jean LOUVRIER fils de René LOUVRIER vivant manouvrier et de Marguerite DESPASTI et Edmée DELEUSME fille de deffunt Jean DELUSME manouvrier et de Edmée DUCROT, je leur ay donné la bénédiction nuptiale avec les cérémonies accoutumées en présence de François DELUSME frère de l’épouse et beau père du mary, de Marguerite DESPATIT leur mère et belle soeur, … »

Comprenons bien :

La mère de Jean Louvrier s’est remariée avec François Delusme (ou Deleusme). Elle est donc devenue la belle-sœur d’Edmée Delusme.

Jean Louvrier, en se mariant avec Edmée Delusme, devient donc beau-frère de sa mère. Et son beau-père, François, devient son beau-frère.

Quant à Edmée, sa belle-sœur devient sa belle-mère… et son frère, son beau-père…

Trop compliqué pour faire une pub, non ?

École

Allez voir, si ce n’est déjà fait, le petit film réalisé avec des playmobiles, qu’Odile nous a récemment signalé, École en danger par le collectif PEC de Besançon et du Doubs :

Effectivement, la récitante n’est pas terrible… Mais le film est assez bien fait, je trouve… Et le propos est clair…

Rentrée 2012

Conseil des ministres : Luc Chatel prévoit la suppression de 14 280 postes (donc 80 280 postes supprimés depuis 2007…). Monsieur TVB a répété que l’école comptait plus de profs et moins d’élèves qu’il y a 20 ans, que le budget de l’éducation représentait 6% du PIB, plus que la moyenne des pays de l’OCDE… C’est drôle : je n’avais pas ce souvenir du rapport de l’OCDE… On ne doit pas avoir eu la même méthode de lecture, lui et moi…

Été indien

Après avoir vu mes rosiers refleurir plus ou moins abondamment, alors que les années précédentes ils s’étaient contentés d’une seule floraison en juin, j’ai failli tomber de saisissement devant une pervenche ! Une pervenche ! Fin septembre ! Mais, lors de mon séjour dans la Meuse, j’ai pu voir un petit massif de pervenches !

Dans la Meuse toujours, j’ai été surprise par des vols d’oiseaux… qui, à coup sûr, étaient des hirondelles ! Comme je les avais vues se rassembler après le 15 août et se préparer au départ en se réunissant sur les fils télégraphiques, je suis restée ébahie… Mais ces vols du début octobre, qui ne se posaient pas sur les fils en rangs serrés, regroupaient seulement quelques dizaines d’oiseaux : des couvées tardives ?

Bon dimanche… avec pulls et parapluies !

Généalogie : une affaire juteuse… (suite de suite)

Vendredi 16 juillet 2010

Un message émanant d’un forum de généalogie m’envoie vers d’intéressantes questions posées par Pascale Verdier, directrice des Archives départementales du Bas-Rhin.

Je vous les livre telles quelles. Vous trouverez sur Francegenweb d’autres articles sur la question, si elle vous intéresse.

Sur le fond, je comprends par ailleurs votre inquiétude, qui me semble très légitime et que je ne suis pas très loin de partager. Nous sommes à un tournant, et nous ne savons pas du tout ce que sera l’avenir.
Ce que je voudrais dire encore, c’est que la numérisation, indépendamment des sommes investies par les départements, a nécessité également beaucoup de travail, de matière grise (même si les internautes ne s’en rendent pas compte – il suffit de lire les forums, tout ceci est un dû, doit être gratuit, c’est leur travail etc.) : l’apparente simplicité du résultat est permise par des heures et des heures de travail, de contrôle, d’application… tout cela réalisé par les Archives départementales et leur personnel, au service du public.

Ceci pour indiquer qu’il y a également un investissement « affectif » important (je me mets dans le lot !) dans ces projets ; par voie de conséquence, une partie de la communauté archivistique vit relativement mal que tout ce travail, réalisé dans le cadre du service public et de l’intérêt commun, puisse être remis (quelles qu’en soient par ailleurs les conditions financières) au secteur privé à fins de bénéfices commerciaux – surtout quand celui-ci fait preuve d’une certaine brutalité dans son approche – à peine la mise en ligne réalisée.

Que veulent faire ces entreprises ? Des bases de données géantes (je vous renvoie par ailleurs aux communiqués de l’association des archivistes français), dans lesquelles, après avoir tapé un nom, on trouvera des actes.
- Pourquoi veulent-elles le faire ? Parce que cela répond à une demande sociétale : les usagers du service public, qui sont très en colère quand on leur demande de payer, quelle que soit la somme, pour les sites des AD, seront prêts, lorsqu’ils se tourneront vers des entreprises privées, à payer pour accéder via un nom, à une image. Ca ne choquera personne, alors même que les entreprises privées auront acquis le travail du service public… personnellement j’y vois un paradoxe. Le travail du public a donc moins de valeur que celui du privé…
- Pourquoi, alors les archivistes ne se sont-ils pas lancés dans l’aventure de l’indexation nominative ? pour des raisons de respect des libertés individuelles (respect de la loi Informatique et libertés), et surtout, parce qu’ils sont des établissements scientifiques : ils ne sont pas à même de garantir la fiabilité de l’indexation. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais indexer des actes du XVIe siècle nécessite des connaissances paléographiques avérées. Et sans même aller jusque-là, indexer des actes en allemand gothique présente des difficultés !
Personnellement, je veille à la qualité du travail scientifique rendu aux usagers par le biais des Archives départementales.
- Les entreprises privées ne sont pas dans cette optique : les erreurs d’indexation ne seront pas graves pour elles. L’usager, pardon il est devenu le client, s’il ne trouve pas, reviendra une autre fois (donc prolongera son abonnement), et, au pire, imprimera un acte qui ne le concerne pas…
Il n’y aura plus le plaisir de chercher dans les fonds, et de trouver, ou pas, son ancêtre. Quand vous taperez votre nom, Contrelesbandits (!), vous trouverez peut-être un acte vous concernant, mais ce pourra être aussi votre père, votre frère, etc.

J’ai le sentiment que notre travail a été ressenti comme un dû (ce qu’il n’est pas) et que les usagers se rendent compte un peu tard que ce travail a une grande valeur marchande. C’est le sens des avis de la CADA : les archives sont des biens absolument comme les autres, comme des boîtes de conserve par exemple. Cela fut un choc pour les archivistes, qui se voyaient plutôt comme des acteurs culturels. Je persiste à penser, mais c’est une opinion personnelle, qu’ils avaient raison de se voir comme tels. La seule chance est qu’un juge définisse le périmètre de l’exception culturelle prévue par la loi.

De nombreuses questions ont été posées au gouvernement par des députés à ce sujet.

Affaire à suivre…

Généalogie : une affaire juteuse… (suite)

Lundi 12 juillet 2010

J’ai parlé récemment de la tentative d’une société commerciale pour mettre la main sur – entre autres – les actes d’état-civil et religieux détenus par les archives départementales. Je viens d’apprendre que ladite société a racheté Archimaine, spécialisée dans la numérisation d’archives :

La société NotreFamille.com vient de finaliser le rachat de 100% du capital d’Archimaine, bien connue des généalogistes pour s’être vue confier par 20 départements le soin de numériser et mettre en ligne leur état civil ancien. Archimaine, fondée en 1994 à… Laval en Mayenne est un opérateur majeur de la numérisation, l’archivage électronique, l’hébergement, et le développement de logiciels de consultation d’archives sur Internet. La société emploie 20 personnes et dispose d’une capacité de numérisation de plus 1,6 million de documents anciens par mois. Elle héberge pour le compte de collectivités plus de 140 millions d’images (plus de 100 To de données). Archimaine devient une filiale de NotreFamille.com, placée sous la direction de son ancien gérant, Jacques de Baglion. Ce rapprochement avec Archimaine arrive à point nommé, au moment où NotreFamille.com lance un ambitieux mais très critiqué projet de numérisation, notamment dans le cadre du Grand Emprunt.

Ladite société s’est évidemment placée en première ligne pour bénéficier du Grand Emprunt voir à ce sujet l’article bien documenté de papiers.poussieres.

Depuis l’année dernière, une pétition circule contre le danger de privatiser l’accès aux archives et contre les licences payantes .

Plus récemment, le Conseil Général du Bas-Rhin a répondu aux prétentions de la société qui le menace – lui comme les autres Conseils Généraux – de le contraindre à remettre ses archives numérisées :

La directive européenne du 17 novembre 2003 encourage la réutilisation des informations publiques. Cette directive a été transposée en droit français par l’ordonnance du 6 juin 2005. Cette dernière complète la loi du 17 juillet 1978 en y ajoutant un chapitre II consacré à la réutilisation des informations publiques, mais en exempte expressément, dans son article 11, les services culturels, exception dont relèvent les Archives départementales.

La réutilisation des informations publiques produites et reçues par les Archives départementales n’est donc pas régie par les règles de droit commun fixées par le chapitre II du titre Ier de la loi du 17 juillet 1978, mais, par dérogation à ce chapitre, par les règles qu’il appartient à chacun de ces services de définir, conformément aux dispositions de cet article 11 (Voir conseil CADA n° 20082643 du 31 juillet 2009).

C’est un tout autre point de vue que défendent les Archivistes de France : ils s’inquiètent de l’énorme fichier croisant de multiples données qui sera mis à disposition de tous – moyennant finances, évidemment. Si vos recherches généalogiques ou familiales vous amènent à découvrir que votre arrière-grand-père a été envoyé au bagne, vous ne tenez pas forcément à ce que cette information soit accessible à votre employeur, par exemple…

Le pro­jet affi­ché par cette société est de cons­ti­tuer la plus grande base nomi­na­tive jamais réa­li­sée sur l’ensem­ble de la popu­la­tion fran­çaise jusqu’au début du XXe siè­cle, com­por­tant plu­sieurs cen­tai­nes de mil­lions de don­nées, indexées (patro­ny­mes et autres infor­ma­tions dis­po­ni­bles) et reliées aux ima­ges cor­res­pon­dan­tes, sous des aspects qui tou­chent non seu­le­ment l’iden­tité, mais aussi le domaine médi­cal, pénal, fis­cal, judi­ciaire… Pour les seuls actes d’état civil, cette base concer­ne­rait plus d’un mil­liard d’indi­vi­dus, dont des per­son­nes évidemment encore vivan­tes. Sur la base de docu­ments cer­tes com­mu­ni­ca­bles de plein droit au regard de la loi, ce pro­jet, par sa cou­ver­ture géo­gra­phi­que natio­nale et par ses carac­té­ris­ti­ques tech­no­lo­gi­ques (indexa­tion patro­ny­mi­que sys­té­ma­ti­que, rap­pro­che­ment des don­nées, entre­croi­se­ment de fichiers), abou­tit à ficher toute la popu­la­tion fran­çaise, en exploi­tant des don­nées nomi­na­ti­ves d’un grand poids juri­di­que.

Comment faire abs­trac­tion du ris­que direct de concen­tra­tion, à visée com­mer­ciale ou sécu­ri­taire, par un ou plu­sieurs opé­ra­teurs pri­vés de mil­liards de don­nées publi­ques nomi­na­ti­ves, croi­sées, inter­connec­tées et indexées ? Comment garan­tir le res­pect des prin­ci­pes de pro­tec­tion de l’indi­vidu atta­chés au droit fran­çais, si tel opé­ra­teur choi­sis­sait ou se voyait contraint, du fait de son rachat par une société étrangère par exem­ple, de céder à un tiers les vues numé­ri­ques acqui­ses et toute la base de don­nées asso­ciée ? Comment pré­mu­nir, enfin, ces don­nées publi­ques, indi­vi­duel­les et sen­si­bles de la cons­ti­tu­tion de pro­fils d’inter­nau­tes par des opé­ra­teurs pri­vés, qui pro­fi­te­raient d’acti­vi­tés généa­lo­gi­ques, d’achats en ligne ou de par­ti­ci­pa­tions aux forums qu’ils pro­po­sent sur leurs sites, à des fins de mar­ke­ting, de com­merce électronique ciblé ou de pro­fi­lage sécu­ri­taire ?

Je ne doute pas que ce projet trouve écho auprès de responsables (irresponsables ?) acharnés à défendre la SSécurité de notre pauvre territoire… Pensez donc : tout le travail sera fait par une société privée ! Il n’y aura plus qu’à négocier avec cette société pour acquérir tout ou partie de ses dossiers et bases de données…

Généalogie : une affaire juteuse…

Lundi 28 juin 2010

Premier loisir des Français depuis quelques années, la généalogie suscite aussi l’appétit… financier ! Livres et revues se multiplient, la concurrence entre les logiciels commerciaux est forte (bien qu’il existe de nombreux logiciels gratuits), les sites Internet ne se comptent plus. Et la société NotreFamille.com est en Bourse depuis plusieurs années…

Cette société a envoyé récemment un courrier aux Conseils Généraux, peu enclins à « pactiser » avec elle pour lui « offrir » leurs tables de recensements, en attendant l’état-civil et les actes de baptêmes, mariages et sépultures (BMS pour les initiés) d’avant l’état-civil. Elle les informe que la Commission d’Accès aux Documents Administratifs leur a donné raison contre deux Conseils Généraux qui avaient eu l’outrecuidance de refuser son « partenariat ».

Évidemment, pour les généanautes, l’accès à ces données via NotreFamille.com est payant… alors que l’accès direct aux Archives Départementales est, à 3 exceptions près, gratuit (actuellement, 58 départements sont en ligne, une dizaine d’autres devraient l’être d’ici 1 an). Quel intérêt, alors ? Ben… Au lieu de devoir consulter, page après page, les registres, le généanaute se contente de taper le nom et le lieu qu’il recherche… et a, assez rapidement, accès à l’acte…

Gros travail d’indexation, donc pour la société ?

Oui et non… De nombreux bénévoles, dans tous les départements, ont déjà constitué des tables… Il « suffit » donc de les numériser, et de faire les liens avec les actes…

D’où la colère de nombreux généanautes, qui voient leur travail bénévole réutilisé pour un profit commercial. Sans appel possible : comment prouver que les renseignements viennent de leur travail, et non de celui de la société ?

D’où, aussi, la colère de voir notre état-civil, notre patrimoine, tomber aux mains d’une société commerciale…

Laquelle, très généreusement, propose de numériser elle-même les actes des départements qui ne l’auraient pas encore fait, à partir des originaux, voire des microfilms (réalisés – gratuitement – par les Mormons, et dont les données indexées sont accessibles – gratuitement – via Family Search)…

Pour plus de renseignements, voir l’article sur Eco89.

Un p’tit coup de Bordeaux ? Hips !

Vendredi 23 octobre 2009

Oui, j’en ai bu, du vin de Bordeaux… A table, chez mes amis. Et même du « bourru » !

Et : non, je n’ai pas visité de cave, je n’ai même pas rapporté une petite bouteille : pas le temps !

Rappel : j’allais à Bordeaux rencontrer une dame qui possédait un certain nombre de documents et d’informations sur l’Oncle Sébastien, le centenaire (1839-1940) qui vécut en Nouvelle-Calédonie (une douzaine d’années, d’après les documents vus), puis à Hanoï (presque 30 ans).

Surtout : cette dame, qui avait un peu connu Sébastien (elle était encore enfant quand il est mort), a très bien connu sa femme et ses enfants, et elle m’avait raconté des tas d’anecdotes au téléphone. D’où l’envie d’aller la voir pour l’enregistrer, les notes prises au téléphone ayant vite été abandonnées… D’où, aussi, le cadeau de mes collègues (après plusieurs avatars) : le précieux dictaphone !

Qui a bien rempli son office : 6 heures d’enregistrements environ, sur deux après-midi…

J’étais arrivée avec les documents que j’avais trouvés aux Archives d’Aix, ceux trouvés sur Internet, etc.. Je ne voulais surtout pas donner l’impression que je venais « pomper » des informations, mais plutôt en échanger… même si elle en avait beaucoup plus que moi, ayant hérité des papiers de la famille.

Je suis repartie avec des dizaines de photocopies… et l’assurance que nous continuerions à nous communiquer nos découvertes sur cet étonnant personnage et sa famille. J’ai un avantage : je vais beaucoup sur Internet, d’où je tire pas mal d’informations quand même… Entre autres sur Gallica (site de la BNF)… La dame, elle, n’est pas trop familiarisée avec l’ordinateur…

Entre ces deux après-midi studieuses, la visite de Bordeaux, quand même ! Justement, la fille de l’amie chez qui je logeais travaillait à l’Office du tourisme ! Elle m’a donc fait faire une « visite guidée » très intéressante… et j’ai pu goûter… au charme du tram !

J’ai eu beaucoup de chance : d’abord, un temps superbe ! Et, les 2 fois où je suis allée voir ma « source de renseignements »… j’ai trouvé à me garer juste en face de chez elle, ce qui n’était pas gagné ! Je suis nulle pour les créneaux (dans mon village, ce n’est pas vraiment indispensable…), et il n’y avait pas de parking à proximité… En plus, je ne me suis même pas perdue ! Un record, mon sens de l’orientation étant pour le moins fantaisiste…

Et puis, bien sûr, le plaisir immense de me retrouver chez des amis que je n’avais pas vus depuis plusieurs années…

Au fait, il paraît que c’est bientôt les vacances ? Déjà ?

Je ne vois pas le temps passer…

Dictaphone (origines)

Dimanche 13 septembre 2009

En fait, le dictaphone, au mois de juin, était… une tablette graphique !

J’en avais déjà une, mais forcément plus ancienne (2 ans ?)… ce que je me gardai bien de dire… jusqu’à ce qu’une collègue me pose la question : « Tu n’en avais pas, hein ? »…

Prise au piège, j’avouai honteusement que… si, j’en avais déjà une, mais plus vieille… Je pourrais utiliser celle-ci avec mon portable…

Tollé des collègues : non, on m’offrirait autre chose, on échangerait le cadeau… Je rendis donc la tablette… et fus mise en demeure de trouver une idée de rechange…

Pas facile ! Je finis par suggérer un livre sur l’art numérique… Sans trop de conviction : j’en ai deux ou trois, et ceux que j’ai pu consulter ne répondaient pas vraiment à mes attentes…

Quelques jours plus tard, une collègue m’envoya un courriel : elle avait fait des recherches sur Internet, et me proposait une liste de livres (avec leur descriptif)… J’étais à ce moment-là en plein déménagement… et tout à fait incapable de me souvenir même des titres que je possédais déjà ! Sans compter que je n’avais aucune idée de l’endroit où étaient les livres en question (je ne le sais toujours pas, d’ailleurs… Sont-ils parmi les livres hâtivement mis en place dans une bibliothèque, ou encore dans un mystérieux carton ?)… Rien ne me séduisait particulièrement…

La collègue, venue un peu plus tard à la maison, me relança… et je lui avouai mon incapacité à lui répondre…

Jusqu’au jour où l’idée d’un dictaphone me traversa l’esprit ! Rapide recherche sur Internet pour voir un peu ce qui existait… et envoi d’un courriel à la collègue « chargée de »… qui fut bien soulagée d’avoir enfin une précision sur mon cadeau ! Après avoir fait elle-même une recherche, elle me suggéra un dictaphone assorti d’un logiciel de reconnaissance vocale qui lui avait été recommandé…

Comment diable étais-je passée de livres sur l’art numérique à un dictaphone ???

Il faut remonter un peu plus loin… En février (voir le billet du 27 février 2009), je découvris une lointaine parente de Bordeaux, ignorée jusque là, qui avait connu – un peu – le fameux Oncle Sébastien (arrière-grand-oncle né en 1839, mort en 1940, ayant passé quelques années en Nouvelle-Calédonie, et une trentaine d’années à Hanoï, en « Indochine »), beaucoup sa deuxième femme, et encore plus sa fille… Au cours de nos échanges téléphoniques, elle me conta nombre d’anecdotes ou de détails concernant cette branche de la famille… La première fois, je tentai de prendre des notes… mais il y avait trop de choses à noter ! La meilleure solution était évidemment d’aller à Bordeaux, et d’enregistrer ce qu’elle pouvait raconter…

J’en parlai évidemment à ma soeur… et c’est elle qui eut l’idée du dictaphone : il aurait le gros avantage sur le magnétophone à cassette de pouvoir transférer sur mon ordinateur les enregistrements, ce qui faciliterait sérieusement la retranscription !

Je gardai l’idée en réserve (il n’y avait aucune urgence !)… et la retrouvai quand je me creusai vainement la tête en cherchant une idée de remplacement pour la tablette graphique (bis)…

Voilà toute l’histoire… Il ne me reste plus qu’à aller à Bordeaux, nantie de mon superbe joujou !

Atelier Généalogie : bilan ?

Lundi 6 avril 2009

Aujourd’hui, une classe de 6ème a eu sa dernière séance d’Atelier Généalogie (l’autre l’aura demain). Douze heures, sur douze semaines, pour s’initier à l’histoire de sa famille…

Certains se sont plongés avec délices dans ce travail, parfois commencé par un membre de leur famille. D’autres ne sont pas remontés au-delà des arrière-grands-parents, parfois même des grands-parents. Selon la situation familiale, des branches ont été zappées.

Les résultats : de beaux arbres en format A 3, dessinés et coloriés avec amour ; quelques « Livres de Famille », présentant des photos, des dates, des commentaires, parfois des interviews. Peu d’élèves n’ont rien « produit »… mais il y en a tout de même…

Le « grand succès » a été la recherche sur Internet, qui s’est ouvert à toutes leurs curiosités…

Bien sûr, les premières recherches se sont faites sur un site de généalogie, quand les connaissances remontaient assez loin dans le temps. J’ai déjà dit que plusieurs élèves avaient retrouvé des ancêtres sur Geneanet. Elles ont porté ensuite sur l’origine des patronymes (j’avais un livre sur ce sujet, mais des élèves ont trouvé des sites que je ne connaissais pas, qui leur ont fourni des informations), puis sur la répartition des patronymes (et parfois des prénoms). Ensuite,il y a eu des recherches sur des événements : que s’est-il passé l’année de la naissance de mon grand-père ? Wikipedia et Kronobase nous ont bien aidés.

Mais certains ont voulu aller plus loin, et ont fait des recherches sur la guerre de 14, la guerre de 39, la guerre d’Algérie, d’Indochine, selon les informations qu’ils avaient recueillies dans leur famille. Ou bien : comment vivait-on pendant la deuxième guerre mondiale ? J’en ai vu deux aujourd’hui qui avaient imprimé une carte de la France précisant les différentes zones d’occupation, et qui m’ont demandé des explications à ce sujet (pourquoi une zone italienne ? qu’est-ce que c’est, les zones réservées ?).

Aujourd’hui, beaucoup de recherches (initiées par quel élève ? Je n’ai pas cherché à savoir… Ce que trouve l’un intéresse souvent les autres…) se sont portées sur Google Map : voir sa maison, celle de ses grands-parents, c’est très intéressant ! Surtout quand ladite maison se trouve dans un petit village portugais…

Parmi ceux qu’il fallait souvent relancer, un élève a lu pas mal de renseignements sur les yenisch, dont son gran-père lui avait parlé. J’en ai appris sûrement plus que lui… je ne connaissais à peu près que l’orthographe du mot (coup de chance, pour faire les recherches !).

Je pense donc (incurable optimiste que je suis !) que tous ont profité, d’une manière ou d’une autre, de cet atelier, même si le démarrage a été difficile pour quelques-uns. Leur curiosité s’est aiguisée, leur mode de recherches sur Internet s’est affiné, et ils ont beaucoup appris les uns des autres.

Par contre, je dois dire que pour nous, les deux enseignantes qui encadrions cet atelier, ce fut épuisant ! Il fallait sans cesse passer d’un élève à l’autre, d’une histoire à l’autre, pour pouvoir suggérer à chacun une piste, une recherche complémentaire… Le travail étant évidemment très personnel, il n’y avait pas deux élèves au même point ! Chacun avait un projet, une histoire, uniques !

Passionnant… mais je ne crois pas que nous aurions « tenu » sur plus de deux classes, vu l’investissement demandé !