Poèmes mis en scène

J’ai déjà évoqué plusieurs pièces de théâtre montées avec des classes. Mais il est une autre sorte de spectacle qu’il m’est arrivé de monter : la mise en scène de poèmes.

Je suppose qu’un professionnel du mime parviendrait à des créations intéressantes avec une classe. Comme je n’ai aucune connaissance ni compétence en ce domaine… j’interdis le mime, purement et simplement ! Ce n’est pas une règle « de principe », mais une règle nécessaire si je veux éviter une « mise en gestes » répétitive et sans aucun intérêt (à mon avis). La règle n’est pas dite, mais elle est amenée de plusieurs façons.

Quand je travaille avec une classe sur ce thème, j’aborde la question d’une manière détournée depuis plusieurs années. L’exercice de « sensibilisation » consiste à envoyer 2 élèves devant le tableau : ils doivent réciter la table de multiplication par 2 en alternant les « phrases » et en se conformant à la situation que je leur indique. Par exemple, 2 amis qui ne se sont pas vus depuis longtemps se rencontrent dans la rue ; un monsieur va chez le coiffeur ; un adolescent rentre très tard chez lui et trouve son père qui l’attend…

Il s’agit de « débloquer » le rapport étroit entre les mots (la table de multiplication) et les gestes (la situation imaginaire). Tous les élèves, à tour de rôle, font cet exercice, qui a en plus pour intérêt de dédramatiser le regard des autres pour les élèves plus ou moins timides.

Mais alors, allez-vous me dire, ils peuvent jouer « n’importe quoi » sur n’importe quel texte ? Cela dénature le texte !

Non, ils ne peuvent pas tout à fait faire « n’importe quoi ». Une fois le principe compris, on passe aux « travaux pratiques » : par groupes, les élèves choisissent un poème à mettre en scène (ou deux, s’ils sont très courts : le travail de restitution étant noté, je demande à ce que chacun ait l’équivalent d’une dizaine de vers à « réciter »). Et là, on passe à la chose intéressante : comment découper le poème ?

Le premier réflexe, devant un poème « classique », est de distribuer une strophe à chacun ; si c’est un poème d’une seule strophe, les élèves comptent les vers et « coupent » le poème de façon mathématique : « Toi, tu prends les 10 premiers vers, moi les 10 suivants… »

J’exige alors un découpage plus « subtil », qui tienne compte du rythme du poème, de sa progression. Le poème devient dialogue, certains vers sont dits par 3 acteurs différents, d’autres sont dits « en choeur ». Souvent, l’idée de mise en scène vient au cours de cette lecture particulière ; parfois, elle était fixée au départ et se modifie en fonction du « découpage ».

Cette première séance de travail de groupes exige généralement plus d’une heure, car c’est un travail totalement nouveau, qui demande une compréhension « intuitive » du texte, liée à son rythme propre. Les fois suivantes, une heure suffira, et les élèves commenceront souvent à apprendre leur texte et/ou à le répéter.

Car, bien sûr, ce n’est pas un travail isolé : cette « mise en scène » se reproduira 5 ou 6 fois dans le trimestre, et la progression des élèves sera étonnante, certains groupes arrivant à « jouer » des abstractions, et non plus des illustrations. L’investissement de tous est important, car sur chacun repose la « réussite » du groupe. Accessoires, costumes, maquillages… les élèves ne laissent rien au hasard !

Et, comme en théâtre, l’évaluation se fait avec la participation de la classe.

Je vous parlerai une autre fois de quelques réalisations qui m’ont marquée…

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5 Responses to “Poèmes mis en scène”

  1. Sandy dit :

    pouvez vous mettre une vidéo se serai interraisant pour la montrer a mes élèves !

  2. Ex-prof dit :

    Désolée, je n’ai pas de vidéo, ni même de photos, d’ailleurs !

  3. Hélène dit :

    Bonjour,

    Votre idée me plait beaucoup. Pourriez-vous me donner des exemples de poèmes ? Merci.

  4. Romane dit :

    Bonjour pouvez vous mettre une video svp cele serait très interessant

  5. Ex-prof dit :

    Désolée, je n’en ai pas !

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