Comment faire travailler un enfant ???

Hier, j’ai vu un papa soucieux de faire « bien travailler » son fils. J’avais déjà le gamin l’année dernière : enfant intelligent, vif, aux résultats moyens (sauf en orthographe : franchement mauvais…). Caractéristique principale : un grand sens de l’humour. J’ai dû « me battre » un peu contre lui cette année, d’ailleurs, car ses interventions intempestives amusaient, certes, mais… déconcentraient aussi toute la classe, qui avait déjà bien du mal à se concentrer. Le genre de gosse à me demander, sur le point d’entrer en classe pour un contrôle : « C’est bien demain, le contrôle, madame ? » ou « Je suis malade, je peux aller à l’infirmerie ? » ou encore « Vous n’êtes pas là, madame, hein ? ». Petits exemples de son humour…

J’ai compris hier d’où lui venait ce sens de l’humour… Son père expliquait comment il le faisait travailler, espérant que le gamin pourrait bientôt travailler tout seul… Et moi :

« Vous voulez que je vous dise quelque chose ? »

Il me regarde, interrogateur. Puis :
« Non, je sens que ça ne va pas me plaire !

– D’après ma longue expérience, les garçons sont généralement autonomes dans leur travail en première…

– Je savais bien que ça ne me plairait pas ! »

Bien sûr, j’en ai rencontré, des garçons qui étaient autonomes bien avant. Mais ils représentent une toute petite minorité… Pour les filles, la plupart acquièrent cette autonomie en 4ème, toujours d’après mon expérience. Il s’agit là de « statistiques » (plutôt vagues, je le reconnais !), avec toutes les exceptions que requièrent ce genre de « moyenne »…

Je ne m’inquiète pas pour ce garçon en particulier : il aime jouer, s’amuser, raconter des blagues aux copains… Il a 13 ans, quoi ! Bien encadré par ses parents, il avancera sans trop forcer, mais arrivera sûrement au but qu’il se sera fixé.

L’enfant (ou l’ado) qui refuse de travailler est bien plus inquiétant. Je ne parle pas là d’un enfant plus ou moins livré à lui-même, qui découvre et adopte les règles « de la rue ». Non, je parle de l’enfant élevé dans un milieu lambda, par des parents soucieux de bien faire ; l’enfant en bons termes (hormis la question du travail scolaire…) avec sa famille ; l’enfant d’une intelligence « normale », sans problèmes particuliers. Et qui, pourtant, collectionne les mauvaises notes parce qu’il n’a pas fait le travail, n’a pas appris la leçon, quelle que soit la matière, ou à peu près.

Evidemment, ses parents lui ont expliqué tout ce qu’il y avait à dire sur la nécessité de travailler, l’orientation plus tard, et toutes ces sortes de choses. Ses profs aussi, d’ailleurs. Sans davantage de résultats.

Je ne suis pas parent, mais… en ai entendu pas mal, au long de ma « carrière »… Voici quelques-unes des méthodes que j’ai entendues :

– les parents (l’un ou l’autre, l’un et l’autre) s’attellent au travail scolaire dès leur retour du travail. Très difficile à tenir : le parent, fatigué de sa journée, manque de patience ; l’enfant se met en position de refus ; les rapports parents-enfant se compliquent d’un rapport profs-enfant difficile à gérer. Si le parent est prof, c’est encore plus vite dramatique : le parent-prof n’a aucune envie de reconnaître dans son rejeton les élèves en difficulté qu’il a eus en cours ! En fait, c’est un peu le même problème que le jeune enfant qui refuse de manger : plus ses parents insistent, plus il perçoit le message comme quoi la nourriture est « pour ses parents », pas pour lui ; leur insistance ne fait que le renforcer dans son refus.

– l’aide extérieure : un étudiant (ou un professeur) fait travailler l’enfant une, deux ou trois fois par semaine. Quelques fois, cela suffit à faire « démarrer » un enfant. En tous cas, cela dédramatise un peu les relations familiales. Il arrive aussi qu’un psychologue arrive à « débloquer » la situation.

– la surveillance : les parents vérifient quotidiennement (ou à peu près) cahiers, agenda, carnet de correspondance, devoirs rendus, etc. Et complètent éventuellement les informations obtenues en téléphonant à un voisin dont l’enfant est dans la même classe. Cela peut marcher avec un jeune enfant, en primaire. En collège, il y a beaucoup de chances pour que l’enfant se mette à dissimuler, tricher, mentir. Et quand il aura été pris sur le fait, il en voudra encore plus à ses parents.

– les privations : les parents suppriment ce qu’ils supposent être source de temps « perdu » : activité, console, ordinateur, portable… ou quelque chose (activité ou objet) dont l’enfant tire un grand plaisir. Si l’enfant n’est pas déjà entré dans une phase trop « rebelle », cela peut marcher. Sinon, c’est peine perdue : l’enfant affiche un « j’m’en-fichisme » consternant… et s’installe dans une révolte croissante.

Le problème est que l’enfant ressent de plus en plus que ses résultats scolaires (et surtout les mauvais !) sont « la chose » de ses parents, et non la sienne. Un ado dans ce cas, alors que je lui demandais comment il réagissait quand il avait une mauvaise note, me répondait : « Ça me fait mal au ventre… surtout quand je sais que le soir, ça va mal se passer à la maison ». A ce stade, est-il encore capable de dissocier SA réaction (dépit, déception, blessure d’amour-propre…) de celle de ses parents ?

Je suis évidemment très loin d’avoir fait le tour de la question… et encore davantage d’avoir présenté des solutions ! C’est que je compte sur vos commentaires, chers lecteurs, pour avancer dans ma réflexion…

Merci de voir aussi Comment faire travailler un enfant ??? (suite…)

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112 commentaires sur “Comment faire travailler un enfant ???”

  1. Normajeane dit :

    Mon fils a 11 ans et est en 6ième.Il n’a jamais fait trop d’efforts à l’école. J’ai toujours été derrière lui.Il a durant plusieurs années eu des problèmes de sommeil. J’ai consulté une psychologue car je suis moi même insomniaque , et ce malgré les réticences de mon époux….j’ai fini par arrêter de travailler car il m’arrivait de finir très tard (dans le milieu hospitalier)En rentrant à 21h 30 , il ne dormait toujours pas, à cette époque il était en CP,et son papa ne voulant pas lui lire une histoire , n’avait pas trouvé mieux de lui dire qu’il ne savait pas lire…..ce fut un grand choc pour moi…..j’ai décidé de le suivre beaucoup plus à l’école.Tout c’est bien passé, jusqu’au CE2 où l’institutrice a décrétré qu’il ne ferait jamais rien à l’école…..j’ai eu plusieurs discussions avec elle, lui demandant de quel droit elle pouvait émettre un tel jugement, et décider de son futur.En CM1, il a eu une institutrice qui a su le valoriser, et ses résultats ont été fabuleux….on nous a même demandé au bout du premier trimestre de le faire basculer en CM2….nous ne le trouvions pas assez mature pour la sixième. Le CM2 a été beaucoup plus laborieux,la maitresses ne lui plaisait pas.Aujourd’hui , il est en sixième internationale(nous ne sommes pas bilingues,mais lui se débrouille pas trop mal), le 1er trimestre s’est bien passé , je m’occupe un peu moins de lui, car après avoir discuté avec son professeur principal,il était évident qu’il comptait trop sur moi et n’était pas assez autonome. A l’heure d’aujourd’hui ,faire ses devoirs est une contrainte…..ses notes sont correctes sauf en maths:2/20 de moyenne….(nous avons vu sa professeure,qui ne lui plait pas du tout)Je me dis que je lui en demande trop, les suppressions ( de portable), les restrictions (sorties avec les copains) rien ne semble l’atteindre….J’ai délégué à mon époux… Rien n’y fait..il s’en « fout » comme il dit, alors crise d’adolescence à 11 ans. Nous l’encourageons pour ses bonnes notes,lui expliquons qu’il travaille pour lui,
    mais rien n’ y fait, les dialogues ne sont que de grands SOUPIRS…..Il est très calme en classe,très poli, très sociable…..mais à la maison c’est un vrai clown :oui il nous fait beaucoup rire , je lui ai parlé de faire du théâtre ( réponse négative)……bientôt la fin des vacances d’avril et les devoirs ne sont toujours pas faits….alors j’ai décidé de ne pas m’énerver et de le laisser se débrouiller (ce qui n’est pas facile) ….on verra bien!!!! Si vous avez des conseils , je suis preneuse. MERCI

  2. Muriel dit :

    J’ai un fils de 13 ans qui est en 4ème et qui va écoper d’un avertissement de travail et de comportement en raison de son comportement en classe. Oubli régulier (cahier ou signature), bavardes incessants, notes en baisse, pose trop de questions, dérange les cours .. que puis-je faire ?
    Merci pour tous conseils

  3. Dehon krystele dit :

    Bonjour,
    Nous avons toutes et tous une seule ambition: la réussite de nos enfants et une seule crainte : être les seuls sur terre à vivre la démission de nos ados face à l’éducation nationale ..
    Alors lire les commentaires des uns et des autres , nous redonnent le sourire.. Nous ne sommes pas seuls:-) et nos ados non plus ..
    Parent agacé devant l’inertie de mon fils , je suis aussi perplexe face aux méthodes de certains enseignants, recevoir le bulletin du premier trimestre juste avant Noël est hélas un aléas du calendrier .. Mais envoyer un avertissement par courrier séparé le jour de Noël relève d’un pur machiavélisme, existe t-il encore des DRH qui envoient des lettres de licenciement comme cadeau de Noel ..
    Je comprends les ados en rébellion face à cet enseignement qui ne leur correspond plus .. Cette génération « Y » ne comprend pas nos methodes et si rien ne bouge .. Nous continuerons les mêmes erreurs .

  4. JUJU dit :

    Bonjour,

    J’ai lu des choses très inintéressantes, mais pour autant je reste un peu perdue. Ma fille a 15 ans et est en classe de seconde.
    Bulletin 1er trimestre pas très brillant 9.5 de moyenne générale avec avertissement pour le comportement et le travail.
    J’ai consulté pronote récemment pour voir ses résultats, c’est la catastrophe l’ensemble de ses notes sont en dessous de 5, il y a même un travail non rendu. Elle s’était engagée à travailler et à être plus vigilante vis à vis de ses devoirs… je ne comprends pas ?
    C’est une enfant intelligente, qui aime la vie et a de nombreux amis, mais là j’ai l’impression de la perdre ! je la sens complétement démotivé.
    Je ne sais pas quoi faire.

  5. Pierre dit :

    Bonjour
    J’ai Mon fils de 14 ans qui a des difficulté en math je pense qu’il a pas une bonne méthode de travail pourtant il a prof particulier et aussi un ami qui laidel malgré tout ça il arrive
    Que dois je faire ?

  6. flo dit :

    Bonjour,
    Mon fils va bientôt avoir 18 ans et a décrocher complétement du lycée. Il est en Terminal S et depuis janvier il ne veut plus faire ces devoirs a la maison. Il suit en classe et me dit qu’il est saturé le soir pour faire ces leçons. Je ne sais pas du tout comment faire. Il vient de connaitre depuis janvier justement une fille sur internet qui habite assez loin de chez nous et compte bien allez la voir pour sortir avec elle. Alors je ne sais pas si c’est a cause de ca qu’il ne veut plus travailler mais ca m’inquiétè car lui me dit forcement que non. Je lui demande au moins qu’il lise ces leçons mais rien a faire. Que dois-je faire ? Merci

  7. millier dit :

    moi je cherche un livre de grammaire,editions bordas 6eme sur internet svp je ne trouve pas aidez moi ?

  8. Ex-prof dit :

    Désolée, mais je n’ai pas d’autres moyens que vous pour chercher…

  9. Anne dit :

    Bonjour,

    Nous y voilà: notre fils « passe » en première, mais non sans heurts et avec un ultimatum imposé par son lycée (un privé) qui voulait, sans accord préalable, le faire passer en bac pro alors qu’il est en filière techno… notre seul souci maintenant est qu’il transforme l’essai: il n’aura que 2 mois pour faire ses preuves et rester en première techno, sinon, c’est la case pro. Quelle pression… difficile d’accompagner un ado en pleine opposition, de lui faire prendre confiance et conscience que ce qu’on lui propose est une chance (bien que je sente le directeur du lycée sûr de lui quant à la redirection en pro) Comment aider un gamin qui se sent nul, et qui baisse rapidement les bras, à saisir cette occasion de prouver à tous qu’il en est bien capable sans lui mettre une pression insoutenable? Merci pour votre article et votre blog, qui revient souvent dans mes recherches pour accompagner au mieux mon fils dans son autonomisation.

  10. Karine dit :

    Bonjour anne

    Mon fils entre en seconde et a le meme profil que ton fils. Un lycee prive esr peut etre pkus exigeant et ton fils peut rres bien s en sortir en technologique. Comment etaient ses resultats de seconde ?
    Bon courage

  11. bioret dit :

    mon fils de 15 ans a des difficultés de français surtout en compréhension de texte que faut il faire nous lui faisons faire des cours particulier , pas de progression ses notes tournent entre 6 et 7 sur 20 tout le long de l’année. que faut il faire merci de me répondre

  12. Ex-prof dit :

    Bonjour,
    Peut-être votre enfant est-il du type « auditif », auquel cas les repères d’un texte écrit lui échappent-ils. Il faudrait vérifier que, si vous lui lisez le texte à voix haute, il le comprend mieux. Si oui, il faut qu’il apprenne à comprendre en lisant à voix haute ; puis, dans un 2ème temps, à « se dire » le texte en le lisant.
    En espérant que cette méthode lui soit utile…

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