Vous avez dit : violence ? (suite)

Pourquoi « tant de violence » ?

Difficile de savoir s’il y en a réellement davantage aujourd’hui qu’il y a 50 ou 100 ans. Ce qui est certain, c’est qu’elle est davantage dévoilée.

Et la violence des jeunes… c’est sans doute aussi le reflet de la violence des adultes. Pas seulement ceux qui les entourent, mais ceux aussi qu’ils voient à la télé ou sur Internet. Ceux qui paraissent dans les actualités, mais ceux aussi qu’ils voient dans des films ou des vidéos (amateurs ou pas).

Fiction et réalité se mélangent. Les notions de bien et de mal s’effacent devant des images émotionnellement violentes : ne reste alors que cette violence subie…

Petit tour sur des sites officiels :

Enquête sur les meurtres entre époux en 2007 :

Les femmes sont toujours majoritairement les victimes (166 soit 86,5 % des cas).
Sur les 26 femmes auteurs d’homicide sur des hommes (11 en zone police et 15 en zone gendarmerie) qui ont été recensées, 10 d’entre elles étaient victimes de violences de la part de leur partenaire (dont 7 en zone gendarmerie).
Aucun fait dans des couples de même sexe n’a été répertorié cette année (4 en 2006).
Il ressort donc qu’au cours de l’année 2007, une femme est décédée tous les 2,5 jours, victime de son compagnon ou ex-compagnon et un homme est mort tous les 14 jours, tué par sa compagne ou ex-compagne.
Rappelons qu’en 2006, le rapport était d’une femme tous les 3 jours et d’un homme tous les 13 jours.

Enquête de victimation 2007 par l’Observatoire National de la Délinquance (c’est moi qui souligne)

Il apparaît ainsi que, selon leurs réponses aux questions de l’enquête, près de 2 millions de personnes de 18 à 60 ans, soit 5,6 % d’entre elles, ont subi des violences physiques ou sexuelles au cours des années 2005-2006.

On compte d’une part 930 000 victimes de violences physiques commises par une personne qui ne vit pas avec elles, dites violences hors ménage, et d’autre part, 820 000 victimes d’un auteur qui vit avec elles (violences intra ménage).

Au sein des ménages, on compte plus de 530 000 femmes et 300 000 hommes victimes de violences physiques. Le rapport homme/femme est encore plus déséquilibré en matière de violences sexuelles hors ménage : alors que 260 000 femmes en ont été victimes en 2005 ou 2006, soit 1,5 % d’entre elles, ce nombre est inférieur à 100 000 pour les victimes masculines, soit 0,5 % d’entre elles.

Toutes formes de violences confondues, ce sont près de 1,1 millions de femmes de 18 à 60 ans qui en ont été victimes en 2005 ou 2006 et environ 900 000 hommes. Ce qui correspond à une proportion de femmes victimes de 6,1 % qui est significativement plus élevée que celle des hommes (5,1 %).

Que ce soit à la suite des violences physiques hors ménage ou en son sein, la proportion de victimes ayant subi des blessures est d’environ 40 %. La fréquence des violences suivies de blessures ne diffère pas selon le sexe lorsqu’il s’agit de violences hors ménage. En revanche, alors que 50 % des femmes victimes de violences intra ménage ont subi des blessures, cette part ne dépasse pas 20 % pour les hommes victimes.

Pour plus de 50 % des 890 000 victimes de violences physiques ou sexuelles au sein du ménage, soit 450 000 personnes, l’auteur des faits subis est le conjoint. On mesure ainsi que 1,8 % des personnes de 18 à 60 ans vivant en couple ont été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint en 2005 ou 2006. Cette part atteint 2,6 % chez les femmes de 18 à 60 ans vivant en couple. On estime le nombre de femmes victimes de leur conjoint sur 2 ans à plus de 330 000. Il est trois fois supérieur à celui des hommes ayant déclaré avoir été victimes de leur conjoint.

Plus de 75 % des victimes de violences sexuelles hors ménage et 84 % des victimes de violence intra ménage n’ont fait aucun signalement à la police ou à la gendarmerie, que ce soit sous forme de plainte ou de main courante.

Cette violence, qui se vivait cachée, se dévoile de plus en plus. Même si l’énorme majorité des victimes ne porte pas plainte, on en parle, on « sait » que la violence se niche partout parmi nous. (Je n’évoque « même pas » les enfants qui en sont témoins… ou victimes !)

Encore une fois, notre société est-elle plus violente aujourd’hui qu’hier ?

Difficile à savoir ! Les statistiques sont relativement récentes, et leurs critères ni leurs méthodes ne sont tous les mêmes, d’année en année. Et… n’oubliez pas que, jusqu’en 1990 (hier !) il n’y avait pas viol entre mari et femme !!!

Je crois qu’il y a une réelle cassure, plus forte encore chez les jeunes, entre ce qui paraît accessible (biens matériels, avenir professionnel mirifique, liberté, droits) et la réalité de la vie dans une société. Les freins puissants que constituaient la religion et la morale s’effacent devant les rêves offerts par une société « de consommation ». Pourquoi n’aurais-je pas ce que « tout le monde a » ? Et si je ne parviens pas à l’avoir, comment me venger de cette entrave à ma liberté ?

Hum… J’aimerais avoir vos opinions sur ce sujet…

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