La parano… (suite)

Lulubie a malheureusement tout à fait raison : le comportement caricatural d’un parano rejaillit sur son entourage… qui finit par adopter le comportement qu’on lui reproche… et justifier ainsi la parano… Spirale infernale…

Le drame qui éclata ensuite, toujours en ce début de première année d’Anne-Marie au collège, fut l’Affaire de l’Affiche…

Anne-Marie avait décidé d’ouvrir un Club de Latin. Comme elle s’inquiétait au sujet de l’affiche annonçant la création du club, une collègue lui conseilla de faire appel à Alain, doté d’un bon coup de crayon et d’un certain humour. Alain accepta la commande…

Mais il n’avait sans doute pas encore pris la mesure des spécificités du caractère d’Anne-Marie…

Ce drame, tous les collègues en eurent les oreilles rebattues pendant des semaines…

Figurez-vous qu’Alain, fidèle à ses talents d’humoriste, avait illustré l’affiche d’un jeu de mots, que j’ai totalement oublié, sauf que l’affiche s’ornait du dessin humoristique d’une vache (et de je ne sais plus quoi d’autre… car c’est la vache qui posa problème !).

« Qu’est-ce que je lui ai fait ? Pourquoi a-t-il voulu me ridiculiser ? Saboter mon club ? »

On eut beau essayer de lui montrer que cette affiche, intriguant et amusant les élèves, lui vaudrait sans doute plus d’inscriptions… Peine perdue. Le refrain revenait, inlassable :

« Qu’est-ce que je lui ai fait ? Pourquoi… ? »

Elle se contenta donc d’une affiche sans dessin qu’elle fit elle-même (eut-elle beaucoup de « clients » ? Je l’ignore !), ne fit plus jamais appel à Alain… qui aurait sûrement refusé de toutes manières ! D’abord surpris, puis blessé qu’on lui prête des intentions qui étaient loin d’être les siennes (c’était au contraire quelqu’un de très gentil), il montra même quelques réticences quand d’autres collègues lui demandèrent telle ou telle illustration…

Les deux incidents suivants – pardon : drames ! -, je ne sais plus s’ils eurent lieu la même année ou pas. C’était en tous cas au cours du 3ème trimestre. Et j’en fus à nouveau la « coupable » (ou la victime, selon le point de vue…).

Je montais cette année-là un spectacle – dont j’ai déjà parlé – avec ma classe de 3ème. Je « voyais grand », et avais donc demandé à jouer dans la salle de spectacle de la ville ; nous y répétions le mercredi.

Le principal « greffa » la fête du collège sur ce spectacle, et d’autres classes y participèrent.

Entre autres, une classe d’Anne-Marie…

Comment celle-ci formula-t-elle sa demande ? Toujours est-il que je compris qu’elle voulait que je lui « cède » mes répétitions dans la salle… Évidemment, je refusai ! Ce spectacle de plus d’une heure, avec une trentaine d’élèves, danses, projections de diapos, jeux d’éclairages, demandait un certain nombre de répétitions sur place !

Elle alla pleurer dans le giron de je ne sais plus quelle collègue : je lui sabotais sa pièce, je refusais…

Et la sympathique collègue vint me faire part des récriminations d’Anne-Marie. Je m’aperçus alors que j’avais mal compris sa demande : elle voulait « simplement » que je lui réserve la salle aux jours et heures qui lui convenaient…

Je retournai voir la désespérée et l’informai qu’il lui suffisait de demander à la mairie ses réservations… (ben non, pas envie de m’en charger moi-même ! Pourquoi diable l’aurais-je fait ???).

Arriva le samedi de la fête : répétition générale le samedi matin, spectacle l’après-midi.

Mes élèves répétaient avec décors, costumes et accessoires, mais sans les maquillages : recouvrant souvent le visage entier, ils étaient longs à poser… et à enlever ! Toute l’équipe encadrant le projet était là : 5 ou 6 profs du collège, plus un du lycée – mari d’une collègue – qui s’occupait de la partie diapos (et les avait réalisées, avec l’aide de 3 élèves).

Préparation, répétition… Une fois « notre » pièce terminée, je rejoignis dans la salle mes collègues, et nous partageâmes quelques observations sur la pièce : comme j’étais dans les coulisses, il m’était difficile d’avoir un jugement d’ensemble.

Bon, ça ne s’était pas trop mal passé, et je me détendis un peu. Au point que nous échangeâmes je ne sais quels propos qui nous firent rire (sans bruit, évidemment !)…

Las ! Le moment était mal choisi : en effet, sur la scène, c’étaient les élèves d’Anne-Marie qui répétaient : 2 ou 3 gamins jouant une scène de Molière, je crois…

Évidemment, Anne-Marie, des coulisses, m’avait vu rire : et si je riais, c’était forcément que je me moquais de sa pièce ! Drame, larmes… On vint m’informer de cette nouvelle catastrophe… mais je n’allai pas consoler Anne-Marie : j’avais suffisamment à faire avec mon propre stress !

L’incident suivant… ce sera pour une autre fois !

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Un commentaire sur “La parano… (suite)”

  1. martine dit :

    Humain, trop humain ! Dans les autres corporations, ces comportements existent aussi, bien que … ‘chez nous’, la proportions soit peut-être plus élevée …. à vérifier !
    amicalement, (aussi ex-prof)

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