Blog de prof : le Retour !

Bonjour à vous !

Et merci de venir me faire une petite visite, après 2 mois (ou presque) de silence…

Non, je n’étais pas partie en Alaska ni au fin fond d’un désert australien ; je ne gisais pas non plus fiévreusement dans mon lit ; je n’étais pas submergée par les tâches diverses qui comblent la vie d’une retraitée (quoique…)…

Non, rien de tout ça : j’étais tout simplement « hackée » !

Un méchant hacker avait parsemé mon blog de virus divers (et un autre – ou le même – avait d’ailleurs pareillement attaqué mon site d’exercices de français !), en rendant l’accès impossible… comme vous avez pu vous en rendre compte si vous avez voulu me visiter à cette période…

Plusieurs fois, j’ai « réparé » les dégâts… pour les retrouver le lendemain, voire quelques heures plus tard…

Un méchant, hein ? Vraiment très très méchant !

J’espère que cette fois tout est « clean », et que je vais pouvoir reprendre la conversation avec vous…

Dans le désespoir qui était le mien, je n’allais même plus voir les blogs de mes collègues ! Et j’ai été surprise et ravie de voir aujourd’hui que Profette avait fait un retour sur la Toile. Très motivée par la réforme qui se met en place…

Je passe sur les détails : allez lire vous-mêmes ses articles, et vous comprendrez sa révolte !

Je ne retiens que 2 éléments : la déstructuration de la classe et les « groupes de compétences ».

Je ne dis pas qu’il faille sacraliser la classe en tant que telle : il y a peut-être des améliorations à envisager. Mais « une classe, un prof » a le gros avantage de permettre des relations entre élèves, entre prof et élèves (et vice-versa). L’école n’est pas une usine où l’on peut changer telle production pour telle autre, attribuer un jour à M. X la fabrication des boîtes de soupe à la tomate et, un mois plus tard, celle des soupes aux asperges. Chez nous, les « boîtes » sont des gens, des personnes, et si on les manipule comme des boîtes, il ne faut plus en attendre grand chose. Chacun a des souvenirs précis de tel prof, tel instit, qui nous a révélé un monde… ou qui nous en a fermé un, d’ailleurs ! Chacun a des souvenirs de telle ou telle classe où il a vraiment « donné son jus », parce qu’il y était bien.

Il faut du temps, pour établir des relations. Quand il m’est arrivé d’avoir des classes, ou des groupes, une heure par semaine, pendant quelques semaines, j’ai rarement pu établir des relations, sinon avec quelques élèves plus demandeurs pour une raison ou une autre. Cela n’empêche évidemment pas de travailler, mais c’est une autre dimension, plus réductrice, qui se met en place. Si l’on a un objectif précis, à court terme, cela n’est pas très gênant (mais dérangeant tout de même, pour le prof comme pour les élèves, de ne pas pouvoir nommer un élève sans regarder sur une liste ou un plan de classe !).

Un élève, c’est une PERSONNE : en tant que telle, il a besoin d’être reconnu. Il a aussi besoin de pouvoir évaluer l’adulte qui est en face de lui : cela fait partie de sa construction personnelle. Et pour pouvoir l’évaluer… il lui faut du temps, à lui aussi !

Quant aux « groupes de compétences »… ils me laissent sceptique… J’aimerais bien d’ailleurs qu’on m’explique la différence entre ce qu’on appelle aujourd’hui « compétences » et ce qu’on appelait avant « acquis ». Pour les acquis, cela me semblait assez clair : une série de cours, exercices… avait été mise sur pied, et le prof pouvait contrôler qui avait – ou n’avait pas – acquis ces notions ou ces savoir-faire. La notion de compétence me semble curieusement dénuée de tout rapport avec un enseignement : comme si les élèves avaient – ou n’avaient pas – certains « dons » (génétiques ? familiaux ? autres ?)… Pour avoir participé à la validation des « compétences » du B2i, je me suis trouvée confrontée à cette question : oui, tel élève « savait » naviguer sur Internet, envoyer un courriel, rechercher une information. Parce qu’il avait un ordinateur à la maison ? Parce qu’un membre de sa famille ou de son entourage lui avait appris tel ou tel procédé ? Parce qu’il avait étudié cela en technologie ou ailleurs ? Je crains que ces compétences détectées pour le B2i recoupent certains milieux socio-culturels, vu qu’elles sont apparemment coupées de tout apprentissage scolaire…

Par ailleurs, regrouper les élèves selon leurs « compétences »… cela me paraît furieusement ressembler aux « classes de niveaux » qu’on avait fini par abandonner il y a déjà pas mal d’années ! Et pour cause : si « les bons » pouvaient s’émuler en se confrontant les uns aux autres, le marasme total régnait chez les « moyens »… et la désespérance chez les « faibles » !

Je parlerai un autre jour des « groupes de remédiation » que j’ai connus…

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6 Responses to “Blog de prof : le Retour !”

  1. Schwa Digamma dit :

    Quel plaisir, enfin, de revoir la bonne page de Blog de Prof, sans avoir à subir la frustration d’un avis d’erreur web!
    Vous nous avez bien manqué, c’est toujours un plaisir de vous lire.
    Puisse l’ignoble individu qui vous a « hacké » passer l’éternité à installer Windows à partir de disquettes…

  2. Ex-prof dit :

    Merci, merci ! Cela fait plaisir de voir que, malgré tous ces problèmes, il me reste 1 lecteur…

    Car passer de 2000 visites par mois à 0 visite dans le mois écoulé… c’est terriblement frustrant !

  3. martine dit :

    Mon surveillant général, M. McAfee, m’avait signalé le cheval de Troie et je ne revins donc pas ; de toute façon, aucun flux RSS nouveau n’était signalé. Ces contingences matérielles étant réglées (bravo ! et ce serait bien de nous faire, à l’occasion, une formation au cas où cela nous arriverait !), je voudrais répondre sur l’histoire des groupes :
    1/ groupes de niveau : dans le lycée où j’exerçais il y a encore quelques mois, cela se pratiquait en anglais et semblait avoir des avantages
    2/ ma discipline est l’allemand et j’ai toujours eu, comme les autres collègues de langues moins répandues, des ‘patchworks’, les groupes étant consitués de quelques élèves d’une classe, quelques-uns de l’autre, etc. Lors des conseils de classe, j’ai souvent constaté que le comportement et le travail de certains élèves étaient différents dans le ‘patchwork’ (ceux des collègues ou le mien) de ce qu’ils étaient dans le groupe classe.
    C’est donc à réfléchir.

  4. Ex-prof dit :

    Je reviendrai sans doute plus tard sur les groupes de niveau.

    Pour les groupes « patchwork », cela me semble très différent de ce qui est proposé ici : on regroupe pendant 5 à 10 semaines des élèves en fonction de leurs « compétences », et on leur attribue un prof. Le délai écoulé… on refait la même chose… Donc le prof change d’élèves toutes les 5 ou 10 semaines… et les élèves de « groupe ». Aucun suivi… aucune relation (ou presque) entre les uns et les autres…

    Rien à voir donc avec un groupe constitué pour l’année scolaire, qui se crée plus ou moins une « identité », et qui a toute l’année le même prof. Rien à voir non plus avec un « groupe de remédiation » (je vais en parler) qui a un objectif précis et un nombre d’heures limité.

    Quant au comportement des élèves, certes il diffère selon les conditions (il n’y a qu’à écouter la diversité des appréciations lors d’un conseil de classe ! Et je ne parle évidemment pas ici des résultats obtenus par l’élève dans telle ou telle matière !), selon le prof (on « accroche » ou pas) et selon l’entourage. Qu’il soit bénéfique de modifier la composition d’un groupe quelques heures par semaine (bien que ce ne soit pas vraiment le but recherché !), c’est possible ; là encore, il y a tous les cas de figure (comme pour la constitution d’une classe, d’ailleurs !) : de la lutte (plus ou moins larvée) entre les tenants de « classes » différentes à leur union… pour leur plus grand bien… ou pour organiser un bordel monstre !

  5. Axel dit :

    Enfin de retour ! C’était franchement frustrant de voir l’alerte se déclencher dès l’ouverture de la page.

    Je suis justement en train de suivre un stage sur les compétences (enfin un stage éducation nationale : trois jours sur 6 mois, presque un luxe…) et la majeure partie du premier jour a consisté à essayer de définir « compétences »… d’autant que les anciens se souviennent avoir déjà entendu ce mot-là, sauf qu’il ne signifiait pas du tout la même chose qu’aujourd’hui…

    Je crois que le principe est intéressant pour redonner le goût de l’école à ceux qui l’ont perdu, pour redonner confiance à ceux qui se croient si définitivement « nuls » qu’ils ne font plus un effort. Sauf que, une fois de plus, on a mis la charrue avant les boeufs. L’évaluation par compétences devient obligatoire l’an prochain alors que très peu de collègues savent de quoi il s’agit, alors que les grilles établies ont voulu ménager la chèvre et le chou et mélangent allègrement savoir et compétences, sauf que pour bien faire il faut des petits groupes, des structures souples, des passerelles sur plusieurs années, toutes choses qui n’ont pratiquement aucune chance d’exister avec des horaires qui diminuent et des postes qui disparaissent…

    « Bref », encore de quoi s’énerver alors que je voulais juste exprimer mon plaisir de revenir par ici !

  6. Ex-prof dit :

    Bien contente de te retrouver ! Je ne te dis pas à quel point c’était frustrant, pour moi aussi ! Surtout quand j’avais passé des heures à tout remettre « propre »… et qu’une ou deux heures plus tard c’était à refaire !

    Si tu peux éclairer nos lanternes sur ces fameuses compétences… je t’en serais vraiment reconnaissante ! Car ce que j’en ai compris via le B2i, c’est qu’on validait des savoir-faire… qui n’avaient pas été enseignés au collège !

    Quant aux « moyens » dégagés pour telle ou telle réforme, telle ou telle « lubie » (car parfois, on a bien l’impression qu’il s’agit de ça… voir l’enseignement de « l’Histoire de l’Art » par exemple…), je crains qu’il ne faille pas se bercer d’illusions ! Depuis que j’enseigne (avant, je ne sais pas…), j’ai toujours vu les réformes aller dans le sens de « faire mieux (?) avec moins »…

    Est-ce qu’il existe des pays où l’on pense que l’Éducation Nationale est un gage – ou un handicap ! – pour les citoyens de demain ? Qu’il ne s’agit pas seulement de gérer des richesses, mais de gérer l’avenir d’un peuple ?