Signer la pétition ?

Un ami m’a fait suivre hier un courriel qu’il a reçu, invitant à signer en ligne la pétition de soutien à Thérèse-Marie Cardon.

Peut-être êtes-vous aussi ignorants que moi sur cette « affaire » ? Heureusement, Internet est là pour nous renseigner !

En février 2009, Thérèse-Marie Cardon, 56 ans, enseignante d’arts plastiques, au collège Dupleix de Landrecies, dans le Nord, a giflé un élève de 6° qui, au cours de la récréation, frappait à la porte de sa classe avec d’autres camarades.
Plus d’un an après les faits, l’enseignante vient d’être sanctionnée par le rectorat de Lille, précise Le Figaro.
Thérèse-Marie Cardon a été mise à pied deux semaines avec retenue sur son salaire.
La sanction du rectorat fait suite à un conseil disciplinaire tenu le 18 novembre dernier.
Une sanction qui a été notifiée à l’enseignante, le 24 février.

(lepost)

Vous trouverez des renseignements plus complets (entre autres sur les réponses de l’enseignante) sur divers sites. Mais mon propos ici n’est pas de condamner (elle l’a déjà été !) ou justifier la conduite de la prof. J’ai déjà évoqué ce genre de sujet. Il n’est pas non plus de critiquer la décision du rectorat (quoique…) qui sanctionne Thérèse-Marie un an après les faits (que peuvent comprendre les élèves, qui savent forcément qu’elle a été « exclue » pour 15 jours, comme un élève après un conseil de discipline ?).

Non, mon propos est la pétition… dont voici le début :

Chers amis,
Merci de signer la pétition de solidarité ci-dessous avec Thérèse-Marie Cardon, une collègue de 56 ans, qui vient d’être exclue deux semaines pour avoir giflé un élève.
Elle a été mise à pied deux semaines avec retenue sur son salaire par le rectorat de Lille (elle enseigne au collège Dupleix de Landrecies, dans le Nord).
Cette pétition est adressée au Recteur de l’académie de Lille. Nous lui demandons d’annuler sa décision.

Si la pétition est effectivement adressée (ce qui sera sûrement fait), le recteur risque de rigoler un brin… Car voici ce que nous apprend La Voix du Nord :

Quatre mois après, Thérèse-Marie Cardon est fixée. Après avoir repris le travail début janvier, elle a reçu le 24 février un courrier de l’académie. On y lit la décision du recteur, qui a pourtant tranché un mois plus tôt, le 29 janvier : elle est exclue pour deux semaines, sans salaire. Une sanction de niveau deux, « juste en dessous de la mutation d’office » précise-t-elle, « alors que je n’ai jamais eu aucune sanction depuis que j’enseigne : je m’attendais à un blâme ou un avertissement ». L’exclusion prend effet du 1er au 16 mars : « C’est une double peine, pour moi et pour les élèves de Quatrième avec qui j’avais organisé une sortie à Lille de longue date. »

En effet, comment « annuler » une sanction déjà appliquée ? Thérèse-Marie a été exclue, du 1er au 16 mars ! Comment revenir là-dessus ? On peut toujours décider de lui payer quand même ces 15 jours de mise à pied… mais est-ce là l’essentiel ?

En tous cas, c’est une « bonne surprise » de voir que SOS Education (eh oui !), qui ordinairement tire à boulets rouges sur les profs, responsables de toute la décadence de notre époque, ma bonne dame ! lance une pétition pour en soutenir une…

J’ai déjà parlé de cette « association » (voir mes billets précédents Referendum pour l’école et suivants). J’ai d’ailleurs vu que cette pétition était soutenue par un blog « françaisdefrance »… Tout un programme !

SOS est effectivement spécialiste des pétitions et référendums en tous genres (entre autres contre l’expo du zizi sexuel !), qui lui servent à se justifier d’une certaine « représentativité ».

Bon, chacun fait ce qu’il veut. Personnellement, je ne mets même pas les doigts sur leur site, ne voulant pas être comptabilisée parmi les visiteurs…

A vous de voir…

Tags: , ,

3 Responses to “Signer la pétition ?”

  1. mademoisill dit :

    J’ai découvert le blog sos éducation le jour où il ont récupéré (sans me demander, mais c’est bien le risque qu’on court en tenant un blog…) un de mes articles pour le mettre sur leur site ! J’avais mis une photo de mon iufm, en prenant bien soin d’effacer le nom de la ville qui apparaissait sur une pancarte… Voici le commentaire que je leur ai laissé :
    « Bonjour, je suis flattée de l’usage que vous faites de mon article, mais il n’avait pas vraiment vocation à être diffusé sur un site estampillé « sos éducation »… En tout cas j’aimerai que l’identification de mon iufm (la ville) n’apparaisse pas. Le préfère laisser le soin à ceux qui le fréquentent de le reconnaître eux-mêmes.

    Merci

    ps. je ne suis pas encore prof stagiaire, seulement « plc1″

    On m’a répondu de ne pas me tromper d’adversaire, que mon blog s’étalant au grand jour je n’avais pas à m’offusquer etc. J’ai donc répondu :

    « Effectivement, mon blog « s’étale » au grand jour mais nulle part je n’ai mentionné la ville dans laquelle j’étudie. Je n’ai en aucun cas demandé un quelconque retrait de cet article…j’aurai seulement souhaité que l’établissement en question ne soit reconnaissable que par les étudiants qui le connaissent déjà.

    Par ailleurs, je n’attaque pas ce blog du tout, mais mon but avec cet article, et avec mon blog personnel n’était pas aussi engagé que le laisse supposer le titre « sos éducation » (du moins, à ce qu’il me semble). »

    Il n’ont pas retiré l’information que je leur demandais de retirer…

  2. Ex-prof dit :

    Cette histoire ne m’étonne pas : je pense que tous les moyens leur sont bons pour « justifier » leurs prises de position et augmenter leur audience ! J’ignore ce que je ferais si j’apprenais qu’une telle mésaventure m’est arrivée… J’ai une telle répugnance à compter parmi leurs visiteurs !

    On peut s’attendre à voir récupéré tout ce qui peut fournir de l’eau à leurs moulins… Et si ton article, de leur point de vue, pouvait servir à « taper sur la formation des enseignants », c’est tout bénef !

    On ne peut cependant pas tout se censurer parce que des gens mal intentionnés risquent de réinterpréter à leur façon ce qu’on écrit ! Ou alors, on arrête le blog, ou on en rend la lecture réservée à quelques amis… ce qui en diminue sérieusement l’intérêt ! Il me semble que nous (les enseignants, futurs, présents ou passés !) nous censurons déjà beaucoup…

  3. COUROSSE dit :

    Bonjour,
    De mémoire, SOS Education n’a jamais tapé sur les professeurs. En revanche, ils portent un regard assez critique sur l’Education Nationale en tant qu’institution et sur les syndicats qui prétendent défendre les professeurs. Elle dénonce, entre-autre, les problèmes d’autorité et d’insécurité à l’école.
    Je suis étonné de vous voir aussi critique vis-à-vis de cette association. Vous faîtes pourtant globalement le même constat qu’elle.
    Gaël