Injustes notes…

Un article du Nouvel Obs de la semaine dernière s’intitule « Notation : une absurde loterie ».

En gros : les enseignants sont influencés par des tas de trucs divers (niveau de la classe et de l’établissement, origine sociale et sexe de l’élève, ordre de correction des copies…). Une étude de 1962 « concluait que, pour obtenir une note « juste » aux épreuves du bac, il faudrait faire la moyenne de celles données par 13 correcteurs en maths, 78 en français et 127 en philo… ».

Donc : les notes sont injustes et aléatoires… Et n’ont pratiquement pas changé depuis 1880… Voire…

Il y a pas mal d’années, on a tenté un système de notations « A B C D E » : 5 « notes » au lieu de 20… cela risquait de diminuer un peu les disparités. Encore eût-il fallu préparer les enseignants à ce système ! Car, très vite, fleurirent les « A-« , « E+ » et autres… 15 notes, donc, au lieu des 5 projetées. Le système fut vite abandonné (au moins au niveau du secondaire). Retour à la case départ…

D’autant que… de plus en plus, « on » tenait à additionner, multiplier, diviser, les fameuses notes en question, pour faire des « moyennes », chose évidemment difficile avec des lettres ! Moyennes par matière, moyenne globale, moyenne de classe… Et les enseignants se faisaient (et se font toujours !) taper sur les doigts si leurs moyennes de classe étaient trop faibles… ou trop fortes ! Une moyenne doit être « moyenne », c’est évident !

Personnellement, j’ai très mal vécu le moment où, pour satisfaire le logiciel de notes, il a fallu que je fasse une « moyenne de Français » ! Additionner des notes de contrôles de conjugaison, de dictées, d’exercices de grammaire, de contrôles de grammaire, de rédactions, de comptes-rendus de lecture ou d’exposés m’a toujours semblé une hérésie totale ! En primaire, on m’avait appris à ne pas additionner les carottes et les francs ! J’ai donc continué à faire 4 moyennes (orthographe, grammaire, rédaction, lecture)… et la moyenne de ces moyennes pour le logiciel ! Et à faire noter aux élèves sur leur carnet de correspondance leurs 4 moyennes personnelles (et les moyennes de classe, les plus hautes et les plus basses, pour faire bonne mesure…).

Dans mon établissement, ces dernières années, on avait supprimé du bulletin la « moyenne globale » de l’élève : bonne idée ! Car si, instinctivement, un parent peut se dire : « Bon, il a 10, ce n’est pas si mal ! », il porte nécessairement une moins grande attention au « détail » de ces moyennes. Or, vu la variété des notes « moyennées », ce 10 ne signifie pas grand chose… Un 17 « de moyenne » en Éducation Physique, en Maths, en Anglais ou en Arts Plastiques… c’est tout de même très différent ! D’autant que certaines matières, ne s’exerçant qu’une heure ou deux par semaine, n’attribuent que peu de notes. Une moyenne de 3 notes ou de 15 notes… ce n’est pas pareil !

Et les pauvres profs de tenter d’appliquer des « coefficients » à leurs notes… « C’est vrai, Madame, que les notes de Brevet Blanc comptent coef 8 ? » Ben non, pas chez moi… Par contre, j’ai des notes sur 20, certes, mais aussi sur 10 et sur 5, voire sur d’autres nombres variables selon le travail et les critères de notation…

Car on oublie de dire, dans cet article, que de sérieuses réflexions ont conduit nombre d’enseignants à des exigences dans leur façon de noter. Sont nées, il y a 15 ou 20 ans, les « grilles d’évaluation », qui fixent un nombre de points pour telle partie du travail. Cela limite tout de même les « états d’âme » du correcteur qui, on l’oublie trop souvent, n’est pas un robot ni un ordinateur, qui peut être fatigué, euphorique… ou avoir une rage de dents !

J’ai encore quelques petites réflexions à faire au sujet des notes… mais ce sera pour un autre jour !

P.S. Et bon Premier Avril !

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3 Responses to “Injustes notes…”

  1. lulubie dit :

    Avec ce fameux socle de compétences, c’est aussi notre manière d’évaluer qui est aujourd’hui mise en question… La disparition des notes, à terme, est donc tout à fait envisageable.
    Ceci étant, la note demeure un formidable média familles-école que tout le monde comprend !! Plus sûre en effet que les « en cours d’acquisition » qui ne disent finalement rien de bien précis, à personne !
    Sacré chantier que la rénovation de nos systèmes d’évaluation !!!

    « Ils » vont sans doute rappeler les retraités pour nous aider à réévaluer nos modes d’évaluations !!! Prépare-toi !!! … Bin quoi ?……… poisson d’avril 🙂

  2. Ex-prof dit :

    Bon, j’attends toujours qu’on m’explique un peu ces fameuses « compétences » qui ne sont pas des « acquis » et qui s’acquièrent donc… comment ? Axel ! Toi qui as suivi un stage là-dessus, quand c’est que tu nous esspliques ???

    Quant au rappel des retraités… si cela permet, comme le « plein emploi » des stagiaires, de faire des économies en donnant l’impression qu’on fait quelque chose pour l’Éducation Nationale (mérite-t-elle encore ses majuscules ?)… cela pourrait bien ne pas être si avrilesque…

  3. Axel dit :

    Le stage se termine ce vendredi… et je ne suis toujours pas sûre de pouvoir expliquer quoi que ce soit !

    Les stagiaires ont reçu des centaines de pages en « fichier lourd », et le principal vient de nous transmettre un lien « très intéressant » pour commencer à réfléchir aux évaluations de l’an prochain.

    Sauf que ce lien mène vers des expériences totalement différentes les unes des autres. Je crois que tout le monde patauge allègrement… mais qu’à cela ne tienne, l’évaluation par compétences sera obligatoire dès la rentrée !