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Retrouvailles…

vendredi, juillet 2nd, 2010

Retrouvailles au collège hier, là où j’ai sévi pendant 27 ans…

3 collègues partant en retraite fêtaient leur départ : discours, cadeaux, pot… et repas (auquel je ne suis pas restée). Beaucoup de « très » anciens collègues, en retraite depuis 6 ou 7 ans, que je n’avais pas eu l’occasion de revoir depuis des années. Bavardages avec les uns et les autres… J’apprends au passage que 2 anciens élèves, 2 frères (qui n’ont pas laissé que de bons souvenirs…) sont tous les deux papas… L’un a 19 ans, l’autre 16… Ouf ! (pas le « ouf ! de soulagement, mais celui du coup dans l’estomac…)…

Beaucoup d’émotions, donc dans ces retrouvailles, particulièrement avec les 2 anciennes principale et principale adjointe, qui m’ont rendu si agréables mes 3 dernières années : enfin l’impression de marcher main dans la main dans le même but…

Et, cerise sur le gâteau, retrouvailles avec une ancienne élève, fille d’une nouvelle retraitée… J’avais eu de ses nouvelles par sa mère, à diverses reprises, et savais donc qu’elle avait eu son CAPES… de Français ! On a beau savoir qu’on n’y est pas pour grand chose, on ne peut s’empêcher de ressentir une certaine fierté à savoir que des élèves marchent sur vos traces… Au minimum : on ne les a pas dégoûtés de la matière !

S… a donc fait son année de stage, avec 2 classes de 4ème… et a étudié avec eux Docteur Jekyll et Mister Hyde… que nous avions vu du temps de sa 4ème… Je ne sais plus si c’est pour cette classe que j’avais constitué une bibliographie sur le thème du double : les élèves étaient par groupes, chacun devait lire 3 nouvelles ou un roman sur le thème (la plupart des livres venaient de ma bibliothèque personnelle), et le groupe devait rédiger un devoir présentant les caractéristiques du thème dans leurs lectures (lectures en classe comprises, où l’on avait abordé aussi bien La nuit de mai que des nouvelles de science-fiction ou des extraits de romans). J’ai dû réutiliser 2 ou 3 fois ce gros travail qui m’avait passionnée… et avait assez bien intéressé les élèves…

Et S… de me confier qu’elle gardait un bon souvenir des fiches de grammaire dont je les abreuvais chaque semaine, et qu’elle y avait souvent pensé en préparant ses cours, regrettant de ne pas disposer de ces fiches… Vous imaginez le plaisir que cela fait, d’entendre ce genre de propos des années plus tard ? Bien sûr, je lui ai donné mes coordonnées, afin qu’elle passe me voir si elle le désire… et que je lui donne ces fameuses fiches… (que mes collègues n’appréciaient pas tant que ça, en général…).

J’espère bien recevoir sa visite…

Anciens élèves… et anciens profs…

dimanche, décembre 28th, 2008

Je viens de recevoir, via Copains d’avant, un message d’une « nouvelle ancienne » (pas très ancienne, celle-là…) qui me parle de ce que nous avons fait quand elle était en 6ème…

Dans les messages que je reçois ainsi, figurent souvent des souvenirs du travail effectué des années (voire des dizaines d’années…) auparavant. Et cela m’émeut toujours de voir combien restent vivaces ces souvenirs…

Bien sûr, moi aussi, je me souviens de certaines choses que j’ai faites étant élève. Mais très peu, en réalité… Le roman de chevalerie écrit en 5ème, par exemple… « Mademoiselle Annie » est sans doute restée un de mes « modèles » : elle nous faisait travailler « autrement », à une époque où la « pédagogie moderne » n’était pas à l’ordre du jour ! Et, évidemment, je me souviens surtout de ce qu’elle nous a fait faire de différent…

Il y a… un certain nombre d’années (!), je fus invitée à fêter le centenaire de l’école où j’avais été élève de la 6ème à la 3ème. J’y allai… avec ma mère et ma tante… toutes deux anciennes élèves également ! et avec une amie que j’avais connue dans ce « cours complémentaire ».

J’y croisai une ancienne « normalienne » qui avait fait ses classes en même temps que moi, puis avait continué ses études pour être professeur. Nous échangeâmes quelques nouvelles, puis elle me lança :

« Qu’est-ce que tu deviens ? Tu attends la retraite, comme moi ? »

Je ne sais plus ce que je répondis, tant j’avais été choquée par sa phrase ! La retraite ! Non, je n’y songeais pas, pas du tout ! Elle était à 12 ou 15 ans plus tard, et j’avais autre chose à faire qu’à l’attendre !

(Même aujourd’hui, je ne peux pas dire que je « l’attends » : elle est au bout de l’année, je le sais, je m’y prépare comme je peux… mais je sais que ce ne sera pas si facile… Et je suis toujours aussi choquée quand on me dit « Alors ? Bientôt la quille ? »… Mon métier n’est pas, n’a jamais été une corvée !)

A ce « centenaire », je ne revis pas « Mademoiselle Annie », que j’aurais tant aimé remercier pour ce qu’elle m’avait apporté, mais je retrouvai la « professeur de musique » (on disait comme ça, à l’époque !) que j’avais eue en 6ème.

Je me souviens très bien qu’elle nous avait fait écouter Pierre et le loup, la Moldau, la nuit sur le mont Chauve… et beaucoup d’autres œuvres, dont la Pastorale. Grâce à elle, j’avais eu une « révélation » : aux notes pouvaient correspondre des images… Elle nous expliquait comment les différents moments de la Moldau, par exemple, « représentaient » des paysages différents… La « visuelle » que j’étais (sans le savoir, à l’époque !) fut bouleversée par cette découverte.

D’ailleurs, je me souviens que, quand ma sœur eut la rougeole, devant rester dans l’obscurité car elle avait mal aux yeux, je lui passais des disques et lui « décrivais » ce que j’imaginais… Cela lui faisait un peu passer le temps…

A ce professeur, je devais donc non seulement la découverte de la « musique russe » (qu’on n’écoutait pas à la maison), mais surtout une nouvelle façon de « comprendre » (= « prendre avec soi ») la musique.

Aussi, quand je la vis, je m’empressai d’aller lui dire ma reconnaissance. Puis elle me raconta un peu sa vie : à la fin de mon année de 6ème, elle était enceinte et s’était arrêtée de travailler plusieurs années. Quand elle avait voulu reprendre, les conditions exigées pour enseigner n’étaient plus les mêmes. Alors, courageusement, à 40 ou 45 ans passés, elle avait préparé le CAPES, l’avait eu, et avait repris l’enseignement, dans le « public », cette fois. Même après 60 ans, elle avait continué. Et elle me raconta sa surprise, son indignation, quand elle découvrit dans son casier un courrier comme quoi elle était « atteinte par la limite d’âge »… et devait donc s’arrêter !

Elle parlait de son métier, de ses classes, de ses élèves, avec passion, humour, bonheur.

Elle n’avait pas « attendu la retraite », elle non plus : la retraite l’avait surprise comme un accident imprévu, l’avait forcée à rentrer chez elle, un peu déçue, mais riche de toutes ces années passées à enseigner la musique.

C’est la grâce que je souhaite à tous mes collègues… et que je me souhaite également !