Archive pour le mot-clef ‘Brevet’

Un peu de « bon sens » ???

Lundi 1 août 2011

Je vous ai déjà parlé de ce « florilège » réalisé par le SNES à partir des témoignages de collègues au sujet du Brevet… J’ai eu beaucoup de mal à faire des choix dans ce corpus, qui vaut la peine d’être lu en entier !

- Dans un collège des Hautes Alpes (05) : la validation a été faite toute l’année sur Pronote mais les collègues ont appris le 24 mai que la validation sur Pronote n’était pas valable et qu’il fallait tout recommencer sur Notanet pour… le lendemain, dernier délai.

- Dans un collège de Saône et Loire (71), le conseil pédagogique a décidé que les items étaient répartis entre les disciplines mais que chacun faisait ce qui lui plaisait et qu’un enseignant pouvait invalider un item validé par un autre : c’est donc le dernier collègue qui est « passé » qui a eu le dernier mot.

- Dans l’académie de Montpellier, les IPR d’EPS prodiguent une page et demie de conseils aux enseignants d’EPS sur leur participation à la validation de la « compétence » n° 1 (maîtrise de la langue française) et … 3 lignes sur les deux items spécifiques à l’éducation physique !

- Entendu dans un collège de Guyane (973) :
Professeur d’EPS : Comment renseigner l’item « savoir nager » alors que les élèves de la classe n’ont pas eu piscine ?
Chef d’établissement : Pour ne pas les pénaliser, il suffira de demander aux élèves s’ils savent nager.

- Dans un collège de la Marne (51), un IPR a expliqué que l’on pouvait valider l’item « faire preuve d’initiative » si on voyait un élève ramasser les dictionnaires dans la classe.

Après une représentation particulièrement réussie de la chorale, un chef d’établissement est allé voir le professeur d’éducation musicale, a omis de la féliciter mais lui a fait remarquer : « Vous allez pouvoir valider plein d’items avec ça. »

- Dans un collège du Nord (59), le chef d’établissement a demandé que le socle soit validé pour tous les élèves, sauf ceux qui ont cumulé des problèmes « sérieux » dans le travail et dans la conduite (liste à établir avec les équipes pédagogiques).

- Entendu lors de l’audience du 26 mai 2011 obtenue au ministère à propos du LPC
SNES : Les enseignants de français ne se retrouvent pas dans un LPC où leur discipline est éclatée en plusieurs piliers et où la « compétence » n° 1 (maîtrise de la langue française) peut être validée par un professeur de n’importe quelle discipline.
Conseiller du ministre : Le fait que tout professeur de quelque discipline que ce soit puisse valider la « compétence » 1 est une avancée. Tous les professeurs disent en effet que les élèves qui ne maîtrisent pas le français rencontrent des difficultés dans les autres disciplines. Tous les enseignants sont donc amenés à enseigner le français (sic !) et à valider la maîtrise de la langue par les élèves.

Le ministère ne confondrait-il pas l’utilisation de la langue et son enseignement ?

- Entendu dans un collège de Seine-Saint-Denis (93) :
Professeurs : Comment savoir si une compétence est vraiment acquise ?
Administration : Eh bien, c’est simple, il suffit d’appliquer la règle des 3 fois.
Professeurs : [surprise générale]
Administration : Mais si, c’est simple ! Un élève qui dit bonjour trois fois a ses items « interaction » et « prise d’initiative » validées dans les piliers 6 et 7.

Administration : Comme nous ne consacrerons que 2 heures par classe pour établir le niveau d’acquisition des compétences, il va falloir aller à l’essentiel, j’ai donc décidé que tous les élèves avec au moins 12 de moyenne auront leur socle validé.

- Dans un collège du Puy de Dôme (63), le chef d’établissement a validé le socle pour tous les élèves et demandé aux enseignants de « dé-valider » ensuite les élèves posant « problème », ce qu’ils ont refusé de faire.

- Dans un collège du Gers (32), où le chef d’établissement a validé tous les élèves derrière les enseignants, un élève qui avait eu 2 de moyenne en anglais a eu son niveau A2 validé dans cette langue.

- Dans un collège de la Meurthe et Moselle (54), le chef d’établissement convoque depuis plusieurs années les profs de LV dans son bureau et les « cuisine » jusqu’à ce qu’ils acceptent de valider le niveau A2 de certains élèves faibles, en leur tenant des propos culpabilisants du style : « Si l’élève n’a pas le niveau, c’est que vous n’avez pas fait votre travail d’enseignant. Qu’avez-vous fait pour aider cet élève ? ».

- Dans un collège du Val d’Oise (95), le chef d’établissement a validé lui-même les items en se basant sur les résultats du brevet blanc.

- Entendu dans un collège de Seine et Marne (77) :
Professeur principal : huit items sur seize, cela fait 50%, on peut donc valider la « compétence » ?
Chef d’établissement : Oui bien sûr… Normalement, il faut 80% des items pour valider une compétence, mais c’est élastique.

- Dans un collège de l’Aube (10) : les équipes ont eu 3 semaines pour remplir les grilles mais il n’y a pas eu de réunion de concertation. Le chef d’établissement a ensuite réuni les professeurs principaux de 3ème un midi et leur a suggéré d’atteindre 90 % d’élèves validés (consignes de l’IA) et de ne pas valider les élèves dont tout le monde était sûr qu’ils n’auraient pas le brevet, afin de « garder une certaine crédibilité ».

- Dans un collège de la Haute Savoie (74), le chef d’établissement a demandé que les professeurs principaux ne dépassent pas « 3 ou 4 élèves maximum par classe » pour lesquels le socle ne serait pas validé.

- Dans un collège du Var (83), le chef d’établissement a déclaré : « il ne faut pas dépasser les 15% d’échec car c’est gênant pour les statistiques que l’on remonte au rectorat ».

- Dans l’académie de Mayotte (976), une IPR d’anglais a fait passer par écrit des consignes aux principaux de collèges pour que le niveau A2 en anglais soit validé pour un nombre plus important d’élèves.
Extraits du courriel qu’elle a envoyé le 4 avril : « Le niveau faible de beaucoup d’élèves et par conséquent le faible taux de validation du A2 les années précédentes, a placé l’académie dans une position très peu avantageuse … J’en appelle à votre pouvoir de persuasion pour amener les enseignants à comprendre que le niveau A2 est juste ce que l’on appelle le ‘niveau de survie’ qui correspond à l’expression ‘grand débutant’, et que c’est un niveau ‘socle’ … J’ai noté une certaine amertume chez les enseignants quand vous validez contre leur gré, mais vous avez ce pouvoir. Permettez-moi de vous signaler toutefois qu’il serait souhaitable de ‘négocier’ avec eux sur la base des considérations ci-dessus. Je compte sur vous pour les convaincre du bien-fondé de vos décisions afin qu’ils accueillent avec plus d’enthousiasme ces nouveaux modes d’évaluation et qu’ils leur accordent plus de crédit…. » .

- Dans un collège du Gard (30), un professeur de Français aboutit à la non validation de la « compétence » n° 1 pour près de 30% de ses élèves. Considérant que cela perturbait « ses quotas », le chef d’établissement a repris l’évaluation du collègue afin d’obtenir un résultat plus conforme à « l’objectif de performance assigné à l’établissement ».

Florilège sur l’épreuve orale d’histoire des arts

- Dans un collège du Gard (30), le chef d’établissement a imposé les consignes de notation suivantes : mettre entre 10 et 12 à ceux qui présentaient quelque chose de « pas terrible », entre 12 et 14 à ceux qui avaient un peu travaillé… et ainsi de suite jusqu’à 19.5 (car il a décidé que la note de 20 sur 20 n’était pas possible)

- Dans un collège de la Moselle (57), des jurys ont été composés de professeurs d’EPS et technologie qui n’avaient pas participé à l’enseignement d’histoire des arts. Les notes ont par ailleurs été communiquées aux élèves dès le lendemain des oraux.

- Dans un collège des Yvelines (78), le chef d’établissement a relevé « à vue de nez » les seules notes des élèves qui avaient des chances d’obtenir le DNB.

- Dans un collège de la Vienne (86), les enseignants ont été contraints, lors de l’harmonisation des notes, de mettre la moyenne à tout le monde, même si certains élèves avaient dit des inepties.

- Dans un collège de l’Essonne (91), le chef d’établissement a modifié, sans convoquer de réunion d’harmonisation, certaines notes attribuées par 3 des 4 jurys au motif que les notes attribuées par le 4ème jury avaient été bien supérieures.

- Dans un collège du Puy de Dôme (63), 4 jurys ont fait passer l’oral avec la même grille d’évaluation après harmonisation, en appliquant les recommandations d’une IPR venue expliquer ce qui était attendu lors de l’épreuve orale. Mais le principal adjoint a déclaré, lors des conseils de classe, qu’il avait dû gonfler les notes de vie scolaire pour contre-balancer « la catastrophe nucléaire des résultats de l’Histoire des Arts » (sic).

* * *

On pourrait conclure de ces extraits que les chefs d’établissement font parfois n’importe quoi… Ce serai oublier qu’ils sont, comme les Inspecteurs Pédagogiques, soumis à des « obligations de résultats » dont dépendent non seulement leur carrière, mais aussi les dotations horaires pour leur collège… Si le ministère a décidé qu’il fallait au moins 80% de « réussites », les établissements qui ne respectent pas ce taux risquent fort d’être « mal notés »… et d’en subir les conséquences du point de vue « moyens » octroyés (suppression de postes, augmentation du nombre d’élèves par classe, suppression d’options…).

Le « Brevet » n’a plus rien d’un examen : c’est un outil de chantage entre le ministère et les personnels de l’Éducation dite « Nationale »… qui n’a de « Nationale » que l’obligation de correspondre aux statistiques prédéfinies !

Nouvelles nouvelles de l’école (suite)

Mercredi 27 juillet 2011

Fermetures de CIO

Les Centres d’Information et d’Orientation sont eux aussi dans le collimateur : à terme, ils seront regroupés avec « Pôle Emploi », supprimant ainsi un excellent outil dédié aux collégiens, lycéens et étudiants. J’ai eu à diverses reprises l’occasion de m’entretenir avec des conseillers travaillant dans le Centre le plus proche de mon collège. Entre autres, au sujet d’élèves turcs qui y suivaient, ou y avaient suivi, des séquences d’apprentissage du Français, de la lecture et de l’écriture… Toutes choses difficiles à assurer dans un collège – sauf si le nombre de ces enfants le justifie… Les Centres offrent aussi (dois-je dire « offraient » ?) entretiens et tests permettant aux jeunes de s’orienter au mieux dans la jungle des formations diverses, de préciser ce qu’ils attendent d’un métier, etc.. Il me semble évident que de tels centres s’adressant spécifiquement à des jeunes (et à leurs parents !) n’ont pas grand chose à voir avec l’ex-ANPE, rebaptisée Pôle Emploi… Par ailleurs, ces « regroupements » ne sont pas seulement « de fond », mais aussi locaux : si le collégien doit parcourir une centaine de kilomètres pour s’y rendre, au lieu des 15 ou 20 actuels… il y a de grandes « chances »… pour qu’il ne fasse pas le voyage ! « Chance », dis-je… car moins de clients, moins de conseillers à recruter… Toutes les économies sont bonnes à prendre ! (sauf sur le marketing et les « jets » privés… mais ceci est une autre histoire…)

Communiqués
Le Ministère de l’Éducation nationale affaiblit délibérément son réseau de CIO !

Par une série d’arrêtés parus au Journal officiel les 8 et 9 juillet, la fermeture et la fusion de plusieurs CIO en France sont désormais officielles. Sous prétexte du retrait des conseils généraux du financement de certains centres d’information et d’orientation, le Ministère de l’Education nationale décide la fermeture de 6 CIO du département du Nord, qui ne sera compensée que par la création d’un seul CIO à Lille et d’un CIO à Dunkerque.

[...]

Le SNES évalue aujourd’hui ces fermetures à une trentaine sur un effectif de 500. Les Centres d’information et d’orientation constituent pourtant les premiers services publics de proximité, inscrit dans un district scolaire, mettant à disposition des informations gratuites et fiables, des conseils personnels et un suivi sur tout ce qui concerne la scolarité et l’orientation.

[...]

Il est pour le moins paradoxal que parallèlement à la mise en place du service d’orientation tout au long de la vie le Ministère de l’Education nationale n’ait de cesse d’affaiblir le réseau public des CIO.

Concours de profs

On savait déjà qu’il y avait, dans certaines disciplines, moins de candidats que de postes ouverts. Les « Bac + 5″ seraient-ils plus mauvais que les « Bac + 3″ ? Peut-être, à en croire les résultats…

Des centaines de postes d’enseignant non pourvus, faute de candidats admis

Les résultats aux concours viennent de tomber et, dans quatre disciplines – mathématiques, lettres classiques, lettres modernes et anglais – au total 978 places offertes aux Capes externes ne sont pas pourvues, a expliqué la directrice générale des ressources humaines du ministère (DGRH), Josette Théophile.

Pas grave, explique cette brave dame, car on avait ouvert 300 postes de plus que nécessaire… Et puis, bien sûr, Pôle Emploi est là pour « boucher les trous » !

Allez donc savoir pourquoi, le SNES (Syndicat National des Enseignants du Second degré) n’est pas d’accord !

Communiqués
Snes Concours de recrutement : il faut pourvoir tous les postes !

Cette situation est la conséquence du sous-recrutement chronique depuis des années, de l’absence de pré-recrutements et de la dégradation des conditions d’entrée dans le métier.

[...]

Le SNES s’était, en janvier, adressé à la DGRH du ministère, pour demander et proposer des mesures permettant de combler les postes non pourvus. Des dispositions réglementaires permettent en effet de recruter parmi les candidats au CAPES interne ou à l’agrégation.

[...]

Dans un contexte de baisse très inquiétante du nombre d’inscrits aux concours, le ministère doit prendre la mesure de la situation et ne peut se permettre d’afficher un manque de recrutements.

A moins que… justement, ce ne soit une justification supplémentaire pour supprimer lesdits concours… et la titularisation, et le statut de fonctionnaire, et… la suppression, à terme, de l’Éducation qui ne serait plus nationale…

Si « on » tient à garder « intact » le niveau des concours de recrutement, « on » n’a pas les mêmes exigences pour les examens… Là, au contraire, il faut garder… le pourcentage de résultats positifs, ou l’augmenter, ce qui est encore mieux !

Le Brevet

Communiqués
Snes Diplôme national du brevet : tous les moyens sont-ils bons pour faire du chiffre ?

Lors de la délibération des jurys, souverains dans la délivrance du diplôme au vu des résultats obtenus en repêchant éventuellement les candidats aux résultats « tangents », des consignes précises semblent avoir été données aux présidents de jurys pour que le diplôme soit attribué à des candidats qui étaient très loin d’avoir obtenu la moyenne de 10 sur 20 : repêcher jusqu’à 8,5 de moyenne !
Déjà l’an dernier, des inspecteurs d’académie avaient fait pression sur certains jurys pour que le taux final de lauréats du diplôme soit au moins égal à celui de l’année précédente.

[...]

[Le ministère] se gardera sans doute de préciser que les enseignants ont été particulièrement déroutés par ce LPC qui comprend 98 items disparates et flous à valider, parfois sans lien direct avec ce qui est enseigné en classe, et qu’ils ont exprimé à plusieurs reprises et de multiples façons leur impossibilité de renseigner sérieusement ce livret.
Il se gardera sans doute aussi de préciser que les chefs d’établissement subissent également des pressions pour que leur établissement affiche un taux « présentable » de validation du socle (en lien avec le contrat d’objectifs qu’ils ont signé avec le recteur) et que c’est eux qui valident in fine les 7 compétences du socle, quoi qu’aient pu dire ou écrire les enseignants qui avaient eu les élèves en classe.

[...]

[Le SNES] demande solennellement au ministre de cesser de faire du « chiffre » en bradant un diplôme national, élément structurant du collège, qui garde une valeur symbolique et initiatique forte pour les élèves, et qui leur permet de passer quelques concours, notamment dans la fonction publique.

Il demande l’ouverture de discussions pour que l’évaluation des élèves soit plus soucieuse de repérer les réussites que de sanctionner les lacunes, mais sans démagogie, ni complaisance.

Au fur et à mesure qu’on le « réforme », ce pauvre Brevet, il perd de plus en plus de sens ! Si, en plus, « on » ne se soucie que de « faire du chiffre »… autant économiser l’examen et le distribuer dans les conseils de classe de fin d’année… en faisant attention à recevoir autant d’élèves que préconisé !

Je serais tout à fait incapable de me remémorer tous les avatars de ce malheureux « examen », mais en voici quelques-uns de ma mémoire de prof :

- examen portant sur toutes les matières enseignées en 3ème, dans un centre d’examen ;
- idem, sauf que certaines matières sont au choix (en 1974, par exemple, géographie ou 2nde langue…) ;
- examen seulement pour les élèves n’ayant pas la moyenne globale sur l’année ;
- retour à l’examen pour tous, avec moins de matières ;
- examen en Français, Maths et Histoire ; comptent également les moyennes de 3ème, sauf celles d’Histoire-Géographie ; l’examen se passe dans le collège ;
- idem, mais on y ajoute les moyennes de 4ème : ajoutées à celles de 3ème, elles comptent pour la moitié des points de l’examen ;
- idem, avec en prime une note de « conduite » (ça s’appelle pas comme ça, c’est un souvenir de mes années d’école… J’ai toujours refusé de participer à cette « notation », estimant que l’attitude d’un élève dans l’établissement n’avait strictement rien à voir avec ses résultats, et encore moins avec un examen ! C’est une aberration totale !) ;
- idem, avec en prime le niveau A2 de 1ère langue, obligatoire ;
- idem, avec en prime l’obtention obligatoire du B2i ;
- idem, avec livret de compétences (je suppose qu’on a supprimé les moyennes ?) et épreuve d’ »Histoire des Arts »;
- (à suivre…)

Le SNES a concocté un joli « florilège » à partir de dysfonctionnements constatés dans divers collèges… Je vous en parlerai la prochaine fois…

Retour sur examens

Samedi 11 juillet 2009

Je ne vous ai toujours pas parlé du plaisir à vider les cartons… mais ce sera pour un autre jour.

Car je reviens à l’instant du Billet de Profette qui nous parle de sa Mission de Surveillance des Baches Liées : je vous en conseille la lecture !

Comme je vous l’ai dit, ma Mission à moi se révéla plus simple : annotations et notation de piles de copies diverses (questions, réécriture, dictée et rédaction). Le plus difficile, c’est après…

Encore ne nous avait-on pas demandé, comme l’année dernière, de recopier les résultats sur une feuille-bilan : horreur totale ! Recopier les numéros des candidats surtout : une douzaine de chiffres… à ne pas intervertir, évidemment !

Mais cette année, c’est le secrétariat (comprenez : d’autres profs !) qui ont ce privilège… Avec les mêmes problèmes, d’ailleurs. Car, évidemment, quand on corrige, on ne sait absolument pas comment les notes seront collationnées ensuite. En Français, on a :
- les questions sur 15 points
- la réécriture sur 4 (parfois sur 5)
- la dictée sur 6 (parfois sur 5)
- la rédaction sur 15.

Sur la première copie, j’indique les résultats de chaque composante de l’épreuve… au cas où… L’année dernière, si je me souviens bien, nous devions reporter les résultats ainsi :
- questions et réécriture sur 20
- dictée sur 5
- rédaction sur 15
- total sur 40.

Pour les correcteurs qui ont seulement indiqué le résultat sur 40… ils n’avaient plus qu’à feuilleter les copies pour recopier leurs notes… De quoi pester un peu !

Cette année, ce sont les « secrétaires » qui devront faire la même chose… avec une autre ventilation :
- questions et orthographe sur 25
- rédaction sur 15
- total sur 40.

Le tout sur des feuilles de papier… pour les taper ensuite (on pourrait sans doute imaginer un logiciel type tableur qui comporte préalablement les numéros des candidats, et additionne tout seul les différents éléments… mais ce serait sans doute trop simple…).

Donc, cette année, nous étions dispensés de ce pensum… mais pas de remplir les 3 liasses d’imprimés après correction… Y compris la feuille de « convocation » que nous remplissons scrupuleusement, pour promettre que nous étions bien au lieu et à l’heure indiqués sur notre « vraie » convocation. La première fois que j’ai dû remplir cette fiche, j’avoue être restée perplexe : c’était moi qui me convoquais ? après avoir « fait mon devoir » ???

Et les liasses carbone, où nous devons répéter tous les renseignements individuels (que l’administration ne possède pas, vous comprenez bien !) : nom, prénom, date et lieu de naissance, nationalité, statut, lieu d’enseignement, lieu de correction, numéro INSEE, numéro NUMEN…

Ah ! J’en vois qui ne connaissent pas le NUMEN ! eh bien, c’est une très jolie invention de l’Education Nationale, il y a déjà une paire d’années, qui devait garantir le « secret » (je ne vois pas bien lequel, vu qu’on doit recopier toutes les autres informations…) et éviter le recoupement avec le numéro d’INSEE… Comme on doit mettre les deux numéros sur les fiches, c’est gagné !

Évidemment, j’avais oublié de noter mon NUMEN quelque part… et ai dû téléphoner à mon collège pour que la secrétaire, très aimable, me l’indique (en principe, seul le titulaire doit le connaître… mais ils sont comme moi, les titulaires : ils ne l’ont pas forcément sur eux quand on le leur demande !) Le numéro d’INSEE, une fois qu’on en sait la composition, est relativement simple à mémoriser. Le NUMEN est composé de chiffres et de lettres dont le sens (s’il y en a un) est vraiment secret…

Et quand j’ai eu fini mon pensum, j’ai sorti mon chéquier pour joindre à tous ces papiers 2 relevés d’identité bancaire, l’Administration ne connaissant évidemment pas nos coordonnées bancaires (je ne sais pas comment ils arrivent malgré tout à nous verser nos salaires !), et ayant absolument besoin de 2 relevés plutôt qu’un…

Las ! Plus de relevés dans mon chéquier ! Déjà fournis à je ne sais qui pour je ne sais quoi…

« Ça ne fait rien, tu donneras les feuilles à ton collège, et ils les enverront eux-mêmes », me sourit un gentil « secrétaire ».

Ce que je fis, vous pensez bien !

Avec tout ça, je peux espérer toucher, au mois de mai prochain, la somme faramineuse d’environ 15 € !

Ça vaut le coup, non ?

Préparations…

Dimanche 21 juin 2009

Hier, avant de partir en chasse sur Internet, je voulais vous parler du travail de la journée.

Je ne travaille pas le samedi. Enfin : pas au collège ! Pour les non-initiés : la plus grande partie du travail de prof se fait en général à la maison…

En fait, je repensais à ce cousin qui m’avait dit il y a quelques années :

« Oui, enfin, tu n’as plus de cours à préparer, maintenant. La littérature, ça ne change pas ! »

Je ne lui ai pas répondu que, depuis ses années de collège (les années 40), et même depuis les miennes (les années 60)… la littérature avait pourtant un peu « changé » : quelques auteurs en plus, par-ci par là, quelques nouvelles façons d’analyser les textes… J’ai quand même dû lui dire qu’en collège, la « littérature » était moins au programme que la lecture, la grammaire, l’orthographe et la rédaction…

Je pensais à lui, donc, au terme d’une journée entièrement passée (ou presque) à préparer la semaine de révision des 3èmes, qui commence demain… Qu’en aurait-il dit ? Peut-être aurait-il pensé qu’un début d’Alzheimer m’obligeait à tout reprendre à zéro ? Ou que, vraiment, je ne savais pas comment occuper mon temps ?

Ce doit être la 4ème ou la 5ème année que nous faisons cette « semaine de révisions » pendant laquelle les 3èmes n’ont que Français, Maths et Histoire-Géo : 8 heures (en principe) de chaque dans la semaine… Ça se passe généralement bien (d’autant que les moins motivés ont tendance à prendre des vacances anticipées…), mais il faut « assurer » : 2 heures consécutives en général… tout en sachant que ces 2 heures ont été précédées ou seront suivies de 2 autres heures dans une autre matière… Donc prévoir des activités assez variées pour « faire un break » de temps à autre. Sinon, les marmites explosent !

Mes 3èmes sont 17 à avoir demandé de réviser les fonctions, 13 les natures des mots, groupes et propositions, 9 les modes et les temps, 5 les rapports logiques… (non, on n’additionne pas tout ! Ils ont demandé plusieurs thèmes chacun !)

En fait, très peu de demandes sur le programme de 3ème : ce qui leur manque… ce sont les années précédentes ! Et donc, imaginer comment « faire passer » ces notions (dont certaines sont vues depuis la 6ème, sans parler du primaire !) en une semaine… c’est un vrai casse-tête !

Vous me direz que j’aurais pu m’y prendre plus tôt. Certes. En fait, les heures passées sur les ordinateurs devaient servir à une « remise à niveau » en fonction des lacunes de chacun. Et je leur avais demandé de se faire des fiches de révision, pendant les vacances de printemps, sur natures et fonctions, justement…

Mais… c’était sans compter sur leur incapacité à se prendre en charge… Sur les ordinateurs, ils ont souvent préféré les jeux d’orthographe, et ont délaissé la grammaire… Quant aux « fiches de révision »… la plupart étaient des impressions tout droit sorties de sites Internet… que les élèves ne s’étaient évidemment pas donné la peine de lire ! Ils avaient « fait » leur travail : ils avaient une fiche de révision…

Je prévois donc pas mal de galères pour cette semaine… ce qui donne du piment à la chose, évidemment ! Quel intérêt de reprendre telles quelles les fiches de l’année dernière, ou d’une année précédente ?

Il y a un défi : je vais essayer de le relever !

Récupération ?

Lundi 27 avril 2009

Une chose incroyable : il paraît qu’on ne récupère pas les jours fériés (ou chômés) !

Je m’explique : comme je ne travaille pas le vendredi, j’ai demandé à la principale adjointe si je pouvais « récupérer » les 1er et 8 mai qui, justement (vous le savez peut-être déjà) tombent un vendredi. Eh bien, il paraît que ce n’est pas possible ! « Les autres » vont avoir une journée de congé supplémentaire, et pas moi ! Vous trouvez ça juste ?

Bon, enfin, j’ai quand même fait ma rentrée… Une collègue, qui termine cette année aussi, a eu autant de mal que moi à retrouver le chemin du collège : ça me console un peu !

D’autant que les retrouvailles avec les 3èmes ont été… mitigées, disons ! La moitié des élèves n’avaient pas leurs Annales Brevet, un « certain nombre » (je n’ai pas eu envie d’approfondir…) n’avaient pas fait les exercices de révision que je leur avais donnés… Quant aux fiches « natures et fonctions » que je leur avais demandé de préparer… la plupart de ceux qui les avaient… les avaient visiblement récupérées sur Internet, et s’étaient juste donné la peine de les imprimer, sans les lire… Il est vrai qu’ils n’ont eu qu’un mois pour faire ce travail…

Bilan : au bout d’une heure, on n’avait corrigé que 10 des 20 questions « de révision »…

Il a fallu rappeler à certains qu’on pouvait parler pour les questions de Brevet… mais pas copier sur le voisin, sous peine que les 2 notes soient divisées par 2 ; que la marge à droite était toujours obligatoire (j’avais lu ce conseil dans un « Cahier Pédagogique » dans les années 70 : corriger ou annoter dans la marge de droite – donc dans le sens de la lecture -, cela fait vraiment gagner du temps !) ; que les réponses devaient être rédigées ; que…

Dites, c’est de plus en plus précoce, les Alzheimer !