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Rapport au Roi…

samedi, août 8th, 2009

A la recherche, sur Gallica, de « textes fondateurs », je trouve un Rapport au Roi très intéressant quant à la situation de l' »Instruction Publique ». En voici quelques extraits :

TABLEAU DE L’ÉTAT ACTUEL DE L’INSTRUCTION PRIMAIRE EN FRANCE

Rapport au Roi

Du 1er novembre 1841

[…] En comparant le nombre des élèves garçons et filles, en 1840, avec celui des élèves en 1829, on trouve dans les écoles 1,912,339 enfans de plus qu’il y a dix ans. Ce nombre, toutefois, ne persiste pas toute l’année, et éprouve même une très-grande variation, qui tient aux travaux des champs. Ainsi, dans les écoles communales où les garçons seuls sont admis, on compte en hiver 756,999 enfans, et on n’en trouve plus que 463,464 en été ; dans les écoles communales spécialement affectées aux filles, on compte en hiver 425,896 enfans, et on n’en compte plus que 274,363 en été. Il en est de même dans les écoles privées, qui reçoivent en hiver 673,462 élèves, et qui n’en ont que 453,464 en été. Cette différence serait bien plus sensible encore, si je distinguais ici les écoles des villes, où la désertion des élèves pendant l’été est peu nombreuse, des écoles de campagne, où cette désertion est presque générale.

La Revue des deux Mondes du 15 nov. 1841 résume et commente ce long rapport :

Ainsi, il y a dix ans, sur 37,295 communes, 23,000 seulement avaient une école ; en 1837, le nombre des communes pourvues d’écoles était de 29,615 ; en 1840, de 33,099. M. Villemain indique nettement les obstacles divers que les hommes et les choses opposent à une plus rapide propagation de l’instruction primaire. Toutefois, dès aujourd’hui, cette instruction est mise à la portée de trois millions d’enfans ; c’est 1,912,339 enfans de plus qu’il y a dix ans. Encore quelques efforts, et l’enseignement primaire sera répandu sur tous les points du royaume et accessible à tous. « Fondée par la loi même sur la religion et la morale, l’instruction primaire ne peut que fortifier dans les cœurs le sentiment du devoir, les pures affections de la famille, le dévouement au prince et aux lois du pays. Sagement dirigée, et appliquée surtout à répandre les connaissances indispensables, loin de jeter dans les classes ouvrières le dédain de leur profession, elle leur donne le désir et le moyen de s’y distinguer, et d’en sortir quelquefois par une supériorité de mérite, et non par ces agitations que la morale réprouve, et que la loi condamne. »

Nous ne sommes pas encore (plus) en République, et la grande majorité des écoles sont catholiques, même si on dénombre quelques centaines d’écoles protestantes, et quelques dizaines d’écoles israélites. On voit cependant apparaître des écoles « mixtes », et les pères de famille autorisent ou non leurs enfants à suivre les cours de religion.

Les communes ont l’obligation de créer une école primaire, seules ou par groupe de 3 communes. Celles de plus de 6000 habitants doivent en plus créer une école primaire supérieure.

Ce rapport parle aussi de la formation des maîtres, des manuels, des écoles d’adultes… Je n’ai pas encore tout lu, mais vais poursuivre la lecture de ce rapport instructif