Posts Tagged ‘Guerre de 14’

Wool War One (suite)

lundi, septembre 15th, 2014

Je ne participe pas à ce superbe projet de Délit Maille : tricoter de toutes petites choses en aiguilles 2 m’est tout à fait impossible… Mais je le suis avec grand intérêt, et attendais impatiemment des nouvelles du rendez-vous à Paris, Gare de l’Est…

Des nouvelles toutes fraîches, donc, grâce au blog d’une des participantes qui m’a très gentiment autorisée à reprendre sur mon blog quelques-unes de ses photos.

Petit exemple du travail en cours :

Soldats en marche : la plupart des soldats seront en uniformes français, mais Anna tient à faire figurer au moins un exemplaire de chaque pays participant.

Petit aperçu de l’ensemble :

Ils sont ici une petite centaine. A l’expo de Roubaix, ils seront au moins 750…

Si vous voulez voir plus en détail certains des combattants de diverses nationalités, vous pouvez les admirer sur le blog de DMC.

Comme, par exemple, ce membre de l’Empire britannique

http://blog.dmc.fr/wp-content/uploads/2014/09/Les-gens-de-laine-Troupe-de-lEmpire-Britannique-450x298.jpg

Un immense merci et une profonde admiration pour Anna et son « armée » de tricoteurs-tricoteuses…

Des femmes en Afghanistan…

mercredi, février 19th, 2014

C’est un paragraphe de la rubrique de Delfeil de Ton, dans le Nouvel Obs du 13/02, qui m’a alertée :

Le Parlement afghan se compose de deux chambres. Toutes deux ont voté une loi qui interdit aux épouses, aux soeurs, aux filles, aux parentes en général, des hommes coupables de violences domestiques, de témoigner de ce qu’elles ont subi, vu ou entendu.

En fait, la loi est plus globale, d’après ce que j’ai lu :

Le 21 janvier 2014, le Parlement afghan a adopté un nouveau code de procédure pénale. Ce code comporte une disposition (article 26) qui interdirait à la police d’interroger les membres de la famille d’un présumé criminel. Cette interdiction imposerait une restriction importante à l’exercice de poursuites contre les auteurs de crimes à l’encontre de femmes et de filles, notamment la violence familiale et sexuelle, le mariage d’enfants ainsi que le mariage précoce et forcé — crimes pour lesquels les membres de la famille des accusés sont souvent les seuls témoins.

et :

En cas d’agression contre une femme ou une fille de la part d’un membre de sa famille, non seulement la victime ne pourrait pas témoigner contre son agresseur, mais tout autre témoignage d’un proche parent de l’accusé serait également refusé.

Attention ! Ne comprenez pas mal ! Cette loi est faite pour protéger les droits des femmes, justement ! C’est ce qu’explique un responsable dans l’article du Monde :

« Que se passera-t-il si une femme porte plainte contre son mari pour ce qu’elle estime être un comportement violent ? Le mari divorcera. Et aucun autre homme ne voudra ensuite se remarier avec elle. Est-ce cela le droit des femmes ? »

Dans cet article, qui salue les progrès des droits des femmes depuis 2001, on constate une nette dégradation :

Le nombre de cas de violences contre les femmes a augmenté de 24,7 % durant les six premiers mois de l’année 2013 par rapport à la même période de 2012, selon les données recueillies par l’Afghanistan Independent Human Rights Commission.

« La montée de la violence contre les femmes est une réaction des conservateurs face à l’irruption de celles-ci dans des domaines d’activité jusque-là réservés aux hommes », explique Najlla Habibyar, directrice de l’Agence d’Afghanistan de promotion des exportations et figure de la nouvelle génération de femmes à des postes de commandement. Plus celles-ci s’affichent dans l’espace social, plus elles deviennent des cibles.

Mais… une bonne nouvelle : le président a refusé de promulguer cette nouvelle version du code de procédure pénale :

Amnesty International a salué la décision du président Hamid Karzaï de ne pas promulguer la nouvelle version du Code de procédure pénale, qui aurait privé de justice les victimes de viol, de violence domestique et de mariage précoce ou forcé. Le veto du président est une bonne nouvelle car cette version amendée menaçait les avancées réalisées en matière de droits des femmes.

Le projet d’amendement du Code de procédure pénale adopté par le Parlement afghan en janvier 2014 contenait une nouvelle disposition qui aurait empêché les proches d’un accusé de témoigner devant la justice. Dans la mesure où la plupart des cas de violence liée au genre se déroulent dans le milieu familial, cette disposition aurait rendu quasiment impossible l’aboutissement des poursuites dans ce type d’affaires.

Au-delà de la suppression des obstacles qui empêchent de poursuivre les violeurs et autres auteurs de violences, Amnesty International appelle les autorités afghanes à prendre toutes les mesures nécessaires pour faire appliquer pleinement et efficacement, dans tout le pays, la loi de 2009 sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Cette loi érige en infractions une vingtaine d’actes de violence contre les femmes et les filles, dont la violence domestique, les mariages précoces et forcés et les échanges de filles dans le cadre d’une dot ou à titre de compensation pour le prix du sang (baad). Elle constitue une véritable avancée dans la reconnaissance du droit des femmes d’être protégées de la violence et des pratiques préjudiciables.

Reste à croiser les doigts quand même… Car le communiqué de presse du Gouvernement canadien précise :

La loi a été présentée au président afghan Hamid Karzaï, pour signature le 9 février. En vertu des lois afghanes, le président dispose de 15 jours pour sanctionner la loi ou y opposer son veto. S’il sanctionne la loi, elle entrera en vigueur sur-le-champ. S’il recourt au veto, la Chambre basse du Parlement pourra l’annuler par un vote majoritaire des deux tiers. S’il ne fait rien, la loi entrera automatiquement en vigueur après le délai de 15 jours.

Femmes afghanes, nos sœurs… Nos vœux vous accompagnent…

* * *

P.S. 1 qui n’a rien à voir :
J’ai déjà parlé du projet Wool War One de Délit Maille

Voici la carte (provisoire !) des tricoteurs/euses (surtout euses, d’après ce que j’ai vu !) participant au projet (j’ai « blanchi » les noms des tricoteurs/euses) :

En pointant une partie de l’Europe (cliquez sur l’image pour la voir en taille normale) :

P.S. 2 qui n’a rien à voir non plus :
Depuis quelque temps, j’observais avec surprise (et plaisir !) que mon petit blog attirait davantage de lecteurs… Ce matin, un cap a été franchi : celui des 4000 visites en un mois… Çà s’arrose, non ?

Centenaire…

jeudi, février 6th, 2014

Ces deux jeunes mariés (du 28 août 1919) sont mes grands-parents maternels.

Ils avaient peut-être prévu de se marier plus tôt : Henri est alors dans sa 24ème année, Germaine dans sa 26ème année. Ils se connaissaient depuis l’enfance, et les nombreux « billets bleus » envoyés par Henri à Germaine témoignent que leur relation était « sérieuse ».

Elle a perdu sa mère lorsqu’elle avait 2 ans : son père s’est remarié, et elle a deux demi-sœurs.
Lui a perdu son père lorsqu’il avait 3 ans. Sa mère (qui avait auparavant eu un premier enfant, décédé à deux mois) ne s’est pas remariée, et décédera en 1929

En 1914… Henri n’a alors que 18 ans, et est élève par correspondance de l’École Spéciale des Travaux Publics, du Bâtiment et de l’Industrie, à Paris. Le 1er mars 1915, il est déclaré apte au Service armé (il n’a pas encore 19 ans…) et se retrouve au 2ème Régiment Sapeur-Mineur, puis, le 2 octobre 1916, au 1er Régiment du Génie. Intégré à la 63ème Compagnie eu 22ème Bataillon de ce Régiment (qui deviendra par la suite le 21ème… je ne sais plus pourquoi…), il se retrouve au feu, et recevra, comme ses camarades (survivants !) 2 citations à l’ordre du Corps d’Armée pour la conduite de la Compagnie « au Mort Homme en Avril et Mai 1916, aux attaques sur l’Aisne en Avril 1917, au cours des attaques des 20 Août et 8 Septembre 1917 » sous les ordres du Capitaine Chalon.

On m’a toujours raconté qu’il avait été « gazé », et que cela a été cause de sa mort, bien plus tard ; mais ne figure dans son livret militaire que sa blessure par balle au bras droit le 25 septembre 1918 à Bouxières-au-Bois, qui lui vaut 10 jours d’hôpital à Toul, puis 10 jours de permission pour convalescence. Peut-être a-t-il pu rentrer chez lui à cette occasion…

Lettre du 22 octobre 1918 de Henri à Germaine :

Ma petite Germaine chérie
Je reçois ce soir en rentrant de mes « occupations » ta bonne lettre du 21. Merci, elle m’a fait bien plaisir. Tu sais, je travaille : j’ai entrepris aujourd’hui un gourbi, c’est le plus près des lignes c’est malheureusement le plus loin du cantonnement ! La même vie de tranchées recommence. Nous voilà dans l’eau et la boue pour tout l’hiver !
Je me console dans mon malheur car je suis sous les ordres de l’Aspirant.
J’ai reçu des nouvelles de maman, aussi. Elle me dit que Maurice est venu la voir. Pas de chance !
J’aurai bien voulu être à tes côtés dimanche dernier. J’aurai pris grand plaisir à te voir confectionner ta nouvelle robe. Souhaitons que je la vois lorsqu’elle sera terminée.
J’ai reçu aujourd’hui une nouvelle lettre de ma Miss, me félicitant pour ma citation. Elle m’écrit tout en anglais, car elle ne saurait me le dire en français !
J’ai 2 « Annales » que je t’enverrai dès que je les aurais lues.
J’ai bien dormi la nuit dernière. Maintenant que je suis installé, cela m’est égal, c’est le principal.
J’ai pris mes aises. Je possède 2 couvertures et les nuits ne sont pas encore par trop fraîches.
Je vais toujours bien. J’espère que tu es en bonne santé.
Bonjour à tes parents
Mille bons baisers
Henri

L’armistice du 11 novembre permet cependant d’envisager l’avenir…

Lettre de Henri aux parents de Germaine

Le 23 décembre 1918
Chers Monsieur et Madame H,
J’ai bien reçu votre carte lettre du 18 courant. Elle m’a fait bien plaisir. Je suis heureux de vous savoir tous en bonne santé. Je pense que vous n’êtes plus veuf et que Madame H est depuis hier avec vous. Je vais bien mais j’ai un peu le mal du Pays. Ma permission se trouve encore loin : 15 février. Les lettres ne marchent pas non plus tout ce qu’il y a de mieux. Encore aujourd’hui nous n’avons pas de courrier.
Germaine qui est au courant de tous mes projets vous a sans doute entretenu de mon intention de vous demander sa main pendant ma prochaine permission.
Je ne pense pas que vous voyiez d’inconvénients à cela, attendu que cela régularisera la situation dans laquelle nous nous trouvons et que la fin de la guerre a toujours prolongé.
Il est entendu que ce ne sera que nos fiançailles officielles et qu’il n’y aura rien d’autre tant que je serai soldat.
Je serai heureux de savoir ce que vous pensez de ce projet.
Dans l’impatience de vous lire je vous prie de me croire
Toujours votre tout dévoué
H R

Il accède au grade de Sergent Fourrier le 10 janvier 1919. Et c’est avec ce nouveau grade qu’il se marie le jeudi 28 août 1919.

Le 10 mai, il est passé au 131ème Régiment d’Infanterie, et il termine sa période militaire le 19/9/1919. Il a la Croix de Guerre et étoile de bronze, et la médaille de Verdun. Il recevra la Médaille Interalliée dite « de la Victoire » le 7 février 1932.

Henri et Germaine auront 3 enfants, 2 filles et un fils, entre 1920 et 1926. Ceux-ci n’auront pas la chance de connaître longtemps leur père, qui meurt en 1933, un mois jour pour jour après son 36ème anniversaire…

Une histoire… parmi tant d’autres…

Centenaire…

mardi, janvier 7th, 2014

Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais on va commencer cette année à fêter le centenaire de la guerre de 14, la Grande Guerre, la Der des ders…

Vous le saviez déjà ? Ah bon…

Mais peut-être ignorez-vous, parmi tant de projets de célébrations diverses, celui de la World Wool War 1…

Je ne vous présente plus le blog de Délit Maille, j’en ai déjà parlé. Délit Maille a exposé au Musée de Roubaix, et voilà ce qui s’est passé :

Derrière nous, il y avait les chefs du musée qui papotaient. Ils disaient qu’ils nous laisseraient bien deux espaces au premier étage du musée, sur la coursive qui surplombe le bassin, au pied de la très fabuleuse verrière en soleil, et que dans ces deux espaces, ce qui serait bien, c’est qu’on leur tricote la guerre.

On va faire des tranchées,du bleu horizon, des besaces, des vareuses. On va armer les gens en laine, on va les ranger en colonnes par deux, et puis on va les faire défiler dans un musée magique.

C’est ça qu’on va faire.

La guerre, mais en jersey.

Gros boulot, vous imaginez ! Quand Délit Maille a parlé pour la première fois de ce projet, Odile a commenté :

Mais j’y pense, Délit, pour faire l’armée, si tu envoies les patrons aux tir-coteuses que nous sommes, avec les références et tout et tout, on pourrait te préparer quelques-uns de tes soldats. Te resterait le rembourrage et…les finitions, le regard, enfin tout ce qui leur donne leur âme… Qu’en penses-tu?

Quelle drôle d’idée pour une drôle de guerre, Odile ! (L’inspiration lui est sans doute venue parce que c’était le jour de son anniversaire, et que, comme vous le savez sans doute, c’est un jour où nos petits cerveaux turbinent plus vite que d’habitude…)

Idée reprise illico par Délit Maille :

Et si cette World Wool War, on la faisait avec les gens qui viennent voir les gens en laine depuis trois ans? il a dit.

Hein? on a répondu.

Oui, un truc mondial, comme la guerre.

Du genre effort de guerre. Comme quand les femmes tricotaient des chaussettes pour les troupes au front.

A notre tête, ça devait se voir qu’on ne comprenait pas.

Si. On ferait une guerre en jersey à plein de mains. Les gens qui en auraient envie, ils nous le diraient. On leur enverrait la laine et les explications pour faire des vareuses, des croquenots, des besaces, des ceintures, des bretelles, des sacs à dos pour les troupes en jersey du musée magique, qu’ils enverraient au front une fois tricotés dans des petits paquets en papier kraft.

Si vous voulez participer à l’effort de guerre, si vous vous sentez prêts à affûter vos aiguilles à tricoter, allez vite voir le site de Délit Maille : il y a déjà plein d’inscrits, mais il y aura besoin de beaucoup de petites (et grandes !) mains pour faire le travail !

Où l’on apprend des choses dans les vieux livres…

mercredi, mai 12th, 2010

Dans mon (petit) village, se tient un (petit) marché le vendredi matin, au pied de l’église. Je ne le fréquentais guère jusque là, étant rarement libre le vendredi matin ; et comme le marché occupe le parking de l’église… il est très difficile de se garer dans le coin !

Mais de ma nouvelle maison, je n’en suis éloignée que de quelques centaines de mètres, et peux donc y aller à pied ; ce que je fais à peu près chaque semaine, équipée de mon sac à dos (j’avoue que la plus grande partie de mes courses se fait tout de même au supermarché…).

Parmi les 6 à 10 commerces qui viennent camper au pied de l’église, figure depuis des années un bouquiniste… Étonnant, non ? En tous cas, je ne peux (évidemment !) pas passer devant son étal sans jeter un œil. J’avoue que ma collection de livres, déjà impressionnante au moment du déménagement, s’est encore enrichie depuis… Livres d’occasion, mais aussi livres déstockés… il y a de quoi faire rêver une passionnée de lecture comme moi !

Le mois dernier, j’y ai découvert celui-ci : Jean et Lucie, Histoire de deux réfugiés. La guerre racontée aux enfants. Livre de Lecture Cours Moyen – Cours Supérieur. Collection (je n’invente rien !) La France immortelle. Ecrit par Madame Dès (pas de prénom…), préfacé par M. Henri Havard, Directeur Général de l’Instruction Publique, édité par Nathan. Pas de date d’édition, mais une recherche sur Internet m’amène au Journal des Instituteurs et des Institutrices du 27 mars 1920 qui résume le livre.

Un petit bijou, à sa manière ! L’auteur parvient à mêler l’histoire de la guerre de 14 à celle des deux enfants sans à-coups. Cela se lit… comme un roman ! Même les brefs rappels d’événements ou de personnages historiques plus anciens se fondent sans hiatus dans le récit. Le lecteur se souvient alors qu’il a en mains un livre de classe…

Bien sûr, l’idéologie est claire : les Français sont tous patriotes, honnêtes, courageux et généreux, les Allemands sont… des Boches ! Pas de fraternisation de Noël, pas d’exécutions de soldats français, pas de trahisons, pas de fautes chez les chefs de l’Armée française… Et la morale (laïque) de l’époque s’étale à chaque page, ou presque. Petit passage de l’épilogue, où l’auteur (qui écrit « je suis persuadé » – au masculin, donc : faute de frappe ? Madame serait-elle Monsieur ???) s’adresse aux écoliers :

« Il faut pénétrer au sein de la famille où la femme est active, douce, économe, fidèle, où le mari apporte régulièrement son salaire, où la vieillesse est vénérée, où l’enfant est choyé ; il faut entrer dans nos modestes écoles où des maîtres consciencieux et dévoués travaillent avec amour à l’éducation du peuple ; il faut comprendre l’œuvre de nos savants, de nos artistes, de nos poètes, de nos historiens, de nos orateurs, de toute cette pléiade d’hommes illustres qui, dans le silence de leur cabinet de travail, créent des choses nouvelles, des choses belles et des choses utiles qui font avancer la civilisation. »

Ce n’est donc pas cela que j’ai appris… J’ai sans doute ré-appris (et déjà ré-oublié ?) des événements de cette guerre. Mais c’est autre chose qui a retenu mon attention, quelque chose dont je n’ai jamais, j’en suis sûre, entendu parler…

On est à Varolles, dans le Nord (pas trouvé… un château de Varolles à Chierry dans l’Aisne, brûlé par les Allemands en 1914). Fin 1914, dans la ville occupée, le tambour annonce une proclamation de la Kommandantur :

« … pour alléger les charges des habitants de la ville qui ont difficulté à répondre aux réquisitions, les enfants de 10 à 15 ans et les vieillards au-dessus de 60 ans vont être évacués en Allemagne. »

Avez-vous déjà entendu parler de choses semblables ? Des déportations de populations civiles n’étant pas en âge de travailler ?

Le transport se fait dans des wagons à bestiaux… « Et pendant ces trois fois vingt-quatre heures, les pauvres gens n’ont reçu pour toute nourriture qu’une soupe infecte semblable à de l’eau de vaisselle où nageaient quelques grains d’orge ou d’avoine. Défense absolue aux dames de la Croix-Rouge de les ravitailler. Défense d’acheter des provisions dans les cantines des gares. »

Mais, encore mieux (?) ! Titre du chapitre 23 :

« Un camp de concentration en Allemagne. »

Cela n’a évidemment pas grand chose à voir avec les camps de la guerre suivante… Mais tout de même : je ne pensais même pas que le terme existait avant 1940 !

Ce camp est « une espèce de caserne en briques, presque sans fenêtres ». Et voilà où Lucie (10 ans) va vivre : « Dans une immense chambre noire et humide, percée de petits vasistas grillés, était répandue une mince couche de paille hachée sous laquelle on voyait le carreau nu. L’odeur était nauséabonde. Que sera-ce dans quelques jours quand une masse de gens auront vécu dans cette atmosphère difficile à renouveler ? »

Car ils sont, dans cette pièce « trois cents civils environ originaires de Varolles et des communes voisines ». Femmes et enfants, les hommes étant dans une autre partie du bâtiment. « Défendu de sortir dans la cour plus d’une demi-heure par jour. » « Beaucoup ne purent s’accoutumer à cette nourriture que des animaux auraient refusée, et qui était , d’ailleurs, aussi insuffisante qu’exécrable. »

Les prisonniers (tous ?) sont rapatriés en février… mais ne peuvent, évidemment, rejoindre leur ville d’origine…

Si quelqu’un de mes lecteurs avait entendu parler de ces déportations de populations et « camps de concentration », je serais heureuse d’en savoir davantage…