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Un long fleuve tranquille…

mercredi, octobre 9th, 2013

Le chercheur débutant en généalogie s’imagine parfois n’avoir qu’à remonter le fleuve : forcément, en amont, il trouvera ses ancêtres…

Voire…

C’est oublier qu’un fleuve peut s’enrichir de dizaines, de centaines d’affluents… Lequel, lesquels, remonter ? Et que certaines sources demeurent bien cachées…

La vogue de la généalogie conduit des milliers de personnes à rendre leurs données accessibles sur Internet : avec un peu de chance, quelqu’un a sûrement recherché telle branche qui vous pose problème ! Vous n’avez plus qu’à recopier sagement les données trouvées…

Voire (répété-je)…

Car rien ne vous dit que le généalogiste « miracle » n’a pas trouvé ses sources chez un autre, qui lui-même… Il faut donc, de toutes façons, rechercher les actes de naissance ou baptême, mariage, et décès ou sépulture.

Pas trop de difficultés tant qu’on est dans l’état-civil (depuis 1792 pour la plupart des départements). Quand on arrive aux actes religieux (et encore ne parlé-je ici que des registres catholiques, car la situation est bien plus complexe pour les autres religions), cela se complique un peu… D’une région à l’autre, d’une paroisse à l’autre, d’un curé à l’autre, ces actes apparaissent bien différents ! Et les renseignements qu’ils nous apportent ne sont pas forcément ceux qu’on cherche… Il est sans doute tout à fait consolant, si l’on est catholique, d’apprendre que tel ancêtre est décédé « après avoir reçu les sacrements de pénitence, d’eucharistie et d’extrême-onction », qu’il est « décédé en véritable chrétien »… mais on aimerait quand même que soit mentionné le nom de son épouse (le nom de l’époux est généralement indiqué…), que les gens ayant assisté à l’enterrement soient précisés (avec, de préférence, leur lien de famille avec le décédé), et/ou qu’on leur ait fait signer (s’ils savent le faire !) l’acte…

Le curé (trop pressé ?) se montre parfois sibyllin, ne mentionnant pas, par exemple, les parents des époux ; se contentant parfois d’indiquer qu’est décédé « un enfant de Jean Colin »… alors que dans ce village, les Jean Colin pullulent… Quel Jean Colin ? Quel enfant ? Quel âge ? Parfois, il économise le papier, écrivant si petit que l’on n’arrive pas à déchiffrer à coup sûr les noms. Les registres ont pu être abîmés, déchirés, ou avoir pris l’eau… sans parler, évidemment, de ceux qui ont été perdus !

J’ai rarement eu la chance (?) de tomber sur un registre antérieur au 17ème siècle… Mais, avant 1650, il arrive fréquemment que les difficultés de lecture/déchiffrage soient extrêmement gênantes.

Vous voyez ?

Et les « blancs »… Si le curé n’oublie jamais le nom (mais parfois le prénom !) du père de l’enfant baptisé, il oublie parfois de mentionner celui de la mère… encore heureux s’il se souvient de son prénom !

Aux problèmes de déchiffrage d’écriture s’ajoutent ceux des abréviations… Il faut parfois avoir consulté plusieurs actes avant de comprendre que franc) signifie François…

Le dimanche 21 novembre
fut b[aptisé] nicolas fils de
martin Cadou et michelle
masson ses p[ère] et m[ère]
Le p[arrain] nicolas Cattaire (?)
La m[arraine] Marie Laurent

On trouve parfois de belles écritures (pas forcément faciles à lire !) :

De belles signatures, aussi :

Des signatures qui vous font parfois rejoindre l’Histoire (avec un H majuscule) :

Cette signature (si c’en est une… car toutes les « signatures » de cet acte de mariage semblent écrites d’une même main…) a aiguisé ma curiosité : duchesse d’Angoulême… c’était là un titre réservé à la « Maison de France », non ?

Effectivement : Marie Françoise de Nargonne était alors (en 1678) veuve de Charles de Valois, Bâtard de France, comte d’Auvergne, duc d’Angoulême, etc.. Lequel Charles (dont elle avait été la seconde épouse), était le fils de Charles IX (vous savez, celui de la Saint-Barthélémy…) et de Marie Touchet…

C’est toujours impressionnant de croiser un nom « connu »…

Travaux de recherches

mercredi, janvier 21st, 2009

Aujourd’hui, les 5èmes ont travaillé au CDI (pour les non-initiés : « centre de documentation et d’information »… anciennement « bibliothèque scolaire »).

L’étude du trimestre portant sur les fabliaux du Moyen-Age, j’ai demandé aux élèves de constituer des groupes, et de choisir un thème d’études (sur une liste) portant sur la vie au Moyen-Age. J’ai prévu deux séances de 2 heures (espacées dans le temps pour permettre des recherches complémentaires en dehors des cours) et, en fin de trimestre, des exposés à partir des recherches opérées.

Il a fallu que j’insiste à nouveau sur le fait que je ne relèverai pas le travail écrit, mais que seul le travail oral sera noté. En effet, il arrive souvent que les élèves aient déjà réalisé des « exposés »… qui sont en fait des dossiers, contenant textes et illustrations.

J’ai distribué à chaque groupe des documents, issus d’un « dossier » du site de la BNF. Quelques élèves, assez fiers, sont venus me montrer les livres qu’ils avaient apportés, venant de chez eux ou de la bibliothèque municipale de leur commune (ils viennent de 5 communes différentes). Une élève avait déjà, hier soir, pris des notes sur des documents qu’elle avait trouvés sur Internet…

Dans l’ensemble, ils se sont mis assez vite au travail : je veux dire à lire et à écrire… et non pas « simplement » sortir des livres des étagères et tourner les pages. Je n’ai vu aucun livre « hors sujet » sur une table. En effet, souvent, pressés de trouver des documents, des élèves « raflent » des livres « au hasard », bien qu’aucun chapitre ne concerne leur recherche précise. J’ai tout de même demandé à un groupe d’aller ranger un livre ou deux : pour 4 élèves, 4 livres en plus des documents que je leur avais fournis, me semblaient largement suffisants ! Inutile de thésauriser…

Un groupe travaillant sur « commerçants et artisans » voulait des illustrations d’outils et ne les trouvait pas. Deux élèves se sont installées devant un ordinateur, et ont cherché sur Internet les informations qu’elles désiraient.

En deux heures, j’ai dû une ou deux fois « calmer » un groupe, quatre ou cinq fois rappeler à un ou deux élèves qu’ils devaient travailler… et, bien sûr, rappeler plusieurs fois à l’ensemble de parler à voix basse (éternel problème du travail en groupes…).

Autrement dit, une séance de 2 heures très productive, très organisée dans chaque groupe, très positive.

Exceptionnellement, j’ai accepté de donner quelques définitions que des élèves me demandaient : d’habitude, je les renvoie au dictionnaire… mais là, le dictionnaire risquait plutôt de les égarer. D’ailleurs, un groupe travaillant sur les repas, qui avait cherché le mot « étamine » dans le dictionnaire… m’a appelée pour comprendre ce que venait faire un tissu dans une recette de cuisine du Moyen-Age…

Grand intérêt, grande curiosité, travail et discussions pleins de sérieux… J’espère que le résultat final (les exposés) sera à la hauteur !